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129e année

L’emploi salarié régional n’a pas retrouvé son niveau d’avant la crise de 2008-2009

Conjoncture. Le nombre d’emplois salariés (1,9 million) a baissé de 1,2% au troisième trimestre 2020. Avec des hauts et des bas, les effectifs dans le Grand Est n’ont jamais retrouvé le niveau d’avant la crise financière de 2008. Premiers vecteurs de ce retard récurrent : les grandes entreprises et le secteur de l’industrie.

En 2017, l’emploi salarié marchand de la région reste inférieur au niveau de 2007, dix ans après la crise financière de 2008-2009. La croissance de l’emploi, entre 2015 et 2017 ne suffit pas à compenser les pertes antérieures. Cette diminution globale est le résultat de suppressions plus importantes que les créations. Pour 1 000 emplois, l’INSEE comptabilise, chaque année en moyenne, 77 créations et 85 suppressions, soit une destruction de 8 postes pour 1 000. La variation nette du niveau de l’emploi dissimule des flux relativement importants dont la somme constitue la réallocation des emplois.

LES PETITES ENTREPRISES PORTEUSES DE FLUX IMPORTANTS

Le taux de réallocations des microentreprises dans le Grand Est est trois fois plus élevé que celui des grandes entreprises (GE) et des entreprises de taille intermédiaire (ETI). Cet écart régional est comparable à celui constaté au niveau national. La plupart des créations et des disparitions d’établissement impliquent des microentreprises et leur renouvellement crée et supprime davantage d’emplois que celui des PME, des ETI et des GE.
Ces flux importants ne concernent cependant que 18% des salariés de la région. La majorité des créations et des suppressions d’emplois provient non du renouvellement des entreprises mais des hausses et des pertes des entreprises pérennes pour lesquelles le renouvellement des effectifs est moins fréquent. Ces entreprises pérennes couvrent 82% des emplois régionaux (32% pour les PME et 50% pour les ETI et les GE).

LES SUPPRESSIONS NETTES D’EMPLOIS PLUS NOMBREUSES POUR LES GE ET LES ETI

L’INSEE soulève le contraste des sources de créations et de suppressions d’emplois. Dans l’ensemble de l’économie française, le renouvellement des établissements est source de créations nettes. C’est le contraire pour les établissements pérennes dont l’évolution est source de suppressions nettes. Autrement dit : les nouveaux établissements créent des emplois, les existants en suppriment.
Ce constat est partagé par les régions qui perdent des emplois entre 2008 et 2017 : Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté, Normandie, Centre-Val de Loire et Hauts-de-France. Dans ces régions, les effectifs des GE qui détruisent des emplois diminuent plus rapidement que dans les autres régions, Ile-de-France exceptée.
Dans les cinq régions métropolitaines, dont le Grand Est, dans lesquelles l’emploi se contracte, on distingue un solde négatif entre les créations et les suppressions pour toutes les catégories d’entreprises, y compris pour les plus petites qui sont cependant créatrices nettes d’emplois dans toutes les autres régions. La baisse de l’emploi salarié marchand entre 2008 et 2017 dans le Grand Est résulte surtout d’un recul des effectifs des établissements pérennes des DE et des ETI.

FORTE CONTRIBUTION DE L’INDUSTRIE DANS LA BAISSE DES EMPLOIS

L’effectif des établissements industriels diminue de 65 000 emplois entre
2008 et 2017 et les deux tiers de ces suppressions viennent des ETI et des PME. Les pertes des ETI du Grand Est sont les plus importantes de l’ensemble des régions et ce phénomène est accentué dans les unités de production sous contrôle étranger. Les créations témoignent cependant du dynamisme de certaines activités. C’est le cas de Safran (aéronautique) dans la zone d’emploi de Strasbourg ou de PME comme Moustache Bikes (vélo électrique) dans la zone d’emploi d’Epinal.

DYNAMISME RELATIF DU TERTIAIRE

La croissance de l’emploi des services marchands compense les baisses de l’industrie et de la construction. Cependant, ces activités tertiaires, plutôt portées par des petites entreprises, engendrent peu de créations nettes dans le Grand Est.
L’hébergement et la restauration se développent surtout dans les zones d’emploi des villes les plus peuplées. Pour le secteur de l’information et de la communication les zones d’emploi de Strasbourg et de Metz sont les plus concernées. A l’inverse l’emploi dans ce secteur recule dans les zones de Mulhouse et de Reims.