L’Aisne peine à recruter malgré 49 000 demandeurs d’emploi
Emploi. Les employeurs axonais prévoient 13 620 embauches en 2026 et jugent près de quatre d’entre elles sur dix difficiles à concrétiser. Le département compte pourtant plus de 49 000 demandeurs d’emploi. Industrie, soin et bâtiment concentrent les tensions.
Le paradoxe tient en deux chiffres. Au deuxième trimestre 2026, 49 280 personnes étaient inscrites à France Travail dans l’Aisne en catégories A, B et C, dont 28 940 sans aucune activité. Dans le même temps, l’enquête Besoins en main-d’œuvre (BMO) 2026 recense 13 620 projets de recrutement, dont 39,3 % sont jugés difficiles par les employeurs.
La proportion reste inférieure à la moyenne nationale (43,8 %) et elle recule depuis deux ans. Elle est aussi tirée vers le bas par le poids du saisonnier, qui représente 43,4 % des intentions d’embauche. La viticulture et l’arboriculture totalisent à elles seules 2 400 projets, presque tous saisonniers.
Les difficultés se concentrent donc sur quelques métiers. Dans le soin, 57,1 % des 140 recrutements d’infirmiers et de sages-femmes et 54,7 % des 530 postes d’aides à domicile s’annoncent compliqués. Dans le bâtiment, la part grimpe à 66,7 % pour les 60 maçons qualifiés recherchés et à 71,4 % pour les 70 couvreurs.
L’industrie forme avant d’embaucher
L’industrie illustre le mieux ce décalage entre postes et compétences. Sur 1 340 embauches envisagées dans les usines axonaises, 45,5 % sont jugées difficiles, et jusqu’à 59 % dans le bassin de Saint-Quentin, qui en concentre 390.
Faute de candidats prêts à l’emploi, les entreprises préparent elles-mêmes leur vivier. À Barenton-Bugny, l’espagnol Thermogreen recrute 55 personnes pour son usine de panneaux isolants du parc du Griffon, dont le démarrage est prévu début 2027. Les futurs salariés sont d’abord formés plusieurs semaines sur un autre site du groupe, en Espagne. À Soissons, Promeo ouvre le 2 novembre une formation d’opérateur de maintenance industrielle de douze places, accessible aux demandeurs d’emploi.
Le marché, lui, se contracte. France Travail a diffusé 42 790 offres dans l’Aisne en douze mois à fin mars, soit 9,1 % de moins sur un an. Le vivier existe, les postes aussi. Reste à former les uns pour les autres.