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Kieffer Menuiserie : former pour mieux transformer

Artisanat. L’entreprise située à Ormes (51) est spécialisée dans la menuiserie et l’agencement depuis 1927. Au fil du temps, elle a su prendre le virage de la modernité, en développant son parc machine et en intégrant aujourd’hui l’IA dans ses process. Aussi, la PME accorde une grande importance à la formation de ses équipes rendue notamment possible grâce au Programme du Fonds social européen (FSE) et Constructys, l’opérateur de compétences de la Construction.

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Christophe Possémé et Sébastien Kieffer
Christophe Possémé, Président de Constructys et Sébastien Kieffer, président de la menuiserie Kieffer. (Crédits : ND)

C’est un atelier moderne, clair et aux espaces bien définis que Kieffer Menuiserie s’est toujours attaché à mettre en place. L’entreprise, qui fêtera ses 100 ans l’année prochaine, a été créée par Gaston, le grand-père des deux actuels dirigeants : Christelle Laurent, Directrice générale et Sébastien Kieffer, Président. « À l’origine, l’entreprise était spécialisée dans la fabrication de charpentes et de matériels destinés au monde agricole », explique la Directrice générale. « En 1971, notre père, Jean-Michel a repris le flambeau de l’entreprise. Il lui a donné une nouvelle dynamique, notamment dans la menuiserie extérieure bois, puis, dans les années 1980, en se positionnant sur des produits et matériaux alors en plein essor : fenêtres, portes, portails, clôtures et vérandas en aluminium. » Dans les années 90, elle et son frère intègrent l’entreprise puis, en 2008, ils reprennent le flambeau, avec l’ambition de développer encore les services proposés, notamment dans l’agencement intérieur. « Aujourd’hui, Kieffer Menuiserie compte une trentaine de collaborateurs. Notre cœur de métier est l’agencement, la menuiserie intérieure et la menuiserie extérieure. Nous travaillons aussi bien pour les particuliers que pour les professionnels. Les projets sont réalisés sur mesure, de la conception à la fabrication, jusqu’à la pose. »

60% de l’activité grâce aux entreprises locales

Photo de Sébastien Kieffer
Sébastien Kieffer (Crédits : ND)

Une réalité qu’il est possible de constater sur place, grâce aux nombreux et différents projets que la menuiserie mène de front. Ainsi, dans la partie agencement, c’est à l’imposant chantier du futur campus Neoma que s’affairent les équipes sur une dizaine de grosses pièces. « Nous nous occupons de tout ce qui est agencement des parties communes notamment », indique Sébastien Kieffer, précisant que c’est le bureau d’étude de la menuiserie qui s’est chargé de la conception. Une mission dont il a fallu relever certains défis tant techniques qu’esthétiques. « Participer à ce type de chantier a du sens car nous apportons notre expertise sur un établissement important du territoire. C’est gratifiant. » L’atelier porte également de beaux projets, notamment pour les Maisons de champagne. « Nous avons la chance dans la région, d’avoir une économie soutenue par ce secteur toujours dynamique en termes d’investissements », relève le Président. Ainsi, l’atelier Kieffer a récemment exécuté des chantiers pour la Maison Bollinger, le Champagne Leclerc Briant mais aussi pour le restaurant deux étoiles de Philippe Mille, Arbane. « 60% de notre activité se déroule avec des entreprises locales, même si nous avons quelques gros chantiers en région parisienne. »

L’entreprise dispose ainsi de peu de stock, chaque chantier étant très différent. La menuiserie discute aussi avec ses clients de la meilleure technique à adopter concernant l’isolation. « Par exemple, le recours au triple vitrage n’a pas grand sens sur des fenêtres de taille standard, on va plus travailler sur le rayonnement, le double vitrage et le traitement solaire dessus. Le gain du triple vitrage va se faire sur les grands ensembles vitrés. »

Conscient des enjeux écologiques, et du marché des matières premières, l’atelier a aussi investi dans des machines limitant très fortement les pertes de matériau. « Cette année, nous avons remplacé deux machines : une plaqueuse de chant (utilisée pour coller les chants afin de masquer les bords visibles des panneaux) et une scie à panneaux, dans l’objectif d’aller vers des process encore plus qualitatifs, avec des finitions toujours plus haut de gamme. » L’entreprise a ainsi déboursé 350 000 euros, dont 20% ont été pris en charge par le fonds FEDER. « Nous avons toujours su évoluer, quelle que soit la génération, en nous adaptant à notre époque. Aujourd’hui, cette capacité d’adaptation passe par les outils numériques, mais surtout par nos équipes, que nous formons afin de développer leur savoir-faire », insiste Christelle Laurent. C’est pourquoi, concernant le bureau d’étude, Kieffer menuiserie a désormais intégré l’IA dans ses process. « Nous avons mis en place des formations pour les conducteurs de chantier, les métreurs-deviseurs, la fabrication de menuiserie aluminium, l’utilisation des logiciels AutoCAD et Cabinet Vision, l’utilisation de l’intelligence artificielle, ainsi que la rédaction des mémoires techniques destinés à nos dossiers d’appels d’offres. Ces formations permettent à nos collaborateurs de renforcer leur savoir-faire et leurs compétences métier. Elles préparent également l’avenir de l’entreprise. »

Concernant la clientèle, pour la partie menuiserie extérieure, elle est pour deux tiers composée d’entreprises et pour un tiers de particuliers, surtout des projets ambitieux de maisons d’architecte, avec des baies vitrées un peu hors norme. « La menuiserie aluminium possède beaucoup d’atouts, elle est déclinable dans de nombreux coloris et même en aspect bois. Elle représente aujourd’hui 40% de notre chiffre d’affaires », précise Sébastien Kieffer. En 2025, la menuiserie Kieffer a effectué un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros.

(Crédits : ND)
(Crédits : ND)