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130e année

Kagesecur met la blockchain à la portée des entreprises

Technologie. La société troyenne commence à déployer la plus grande blockchain privée de France avec des réseaux d’avocats et d’huissiers.

De gauche à droite, Me Gérard-Gabriel Lamoureux, président de Gesica, Me Michel Coutant, président de Kaliact et Benjamin Faraggi, président de Kagesecur et Spuro. Laurent Locurcio

La société troyenne Kagesecur est en passe de déployer la plus importante blockchain privée de France grâce à l’appui d’avocats et d’huissiers. « Kagesecur a été fondée par deux groupements professionnels et d’autres investisseurs dont je fais partie », souligne Benjamin Faraggi, président de cette nouvelle entreprise qui affiche de belles ambitions autour de la technologie blockchain. Les deux groupements qui sont également les premiers utilisateurs de cette blockchain privée sont Kaliact, réseau de 80 études et 200 huissiers de justice en France et Gesica, réseau international d’avocats francophones réunissant 200 cabinets et 2 000 avocats associés et collaborateurs sur le territoire et à l’international.

Pour faire simple, une blockchain privée est réservée aux membres qui constituent le réseau, contrairement à une blockchain publique qui est accessible à tous. « Les membres de Kagesecur ont accès à un certain nombre de cas d’usages spécifiquement développés pour leurs besoins et qui assurent l’intégrité, l’horodatage, la traçabilité ou encore la preuve de leurs documents et leurs transactions », poursuit-il. En outre, la blockchain privée permet d’automatiser un grand nombre de tâches associées, comme par exemple l’agrégation et la relance pour des factures impayées, pour les huissiers.

Pour les avocats, cela peut se traduire par l’automatisation des mouvements d’actionnaires dans les documents. D’autres cas d’usage sont en préparation dans d’autres domaines, comme celui de la facture dématérialisée et de la piste d’audit fiable pour intéresser d’autres professions comme les experts-comptables. « La particularité de Kagesecur est d’être ouverte à toutes les professions et toutes les entreprises », indique Benjamin Faraggi. Si les avocats et les huissiers ont lancé le mouvement, le cercle peut s’élargir aisément par l’ajout de nouveaux « nodes » (noeuds) permettant à la blockchain de fonctionner. Actuellement, déjà plus de 30 nodes sont opérationnels et leur nombre va croître dans les mois qui viennent. Pour les professionnels utilisant la blockchain privée, l’automatisation génère des économies substantielles, tout en garantissant l’intégrité juridique et évitant les erreurs.

L’appui technique de Spuro

Pour son développement, Kagesecur peut s’appuyer sur les compétences de Spuro, une start-up troyenne lancée par Benjamin Faraggi. La jeune entreprise qui compte aujourd’hui six collaborateurs a mis au point un « framework », autrement dit un outil pour développer des blockchains hybrides et privées. C’est Spuro qui développe aussi les « smart contracts », ces contrats intelligents automatisés adaptés aux cas d’usage spécifiques à chaque profession. La start-up est aussi une spécialiste des NFT, ces jetons non fongibles qui font l’actualité en ce moment, et qui permettent de relier une identité numérique à un propriétaire. D’autres applications de la technologie blockchain sont aussi en préparation, comme par exemple le vote électronique sécurisé pour les assemblées générales, voire même les collectivités.

Laurent Locurcio