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129e année

Imprim’éclair, l’innovation sur commande

Impression. L’entreprise familiale créée en 1978 à Épernay vient d’être labellisée ISO 14001, une première dans le secteur d’activités de l’impression d’étiquettes et de packaging en Champagne.

Imprim’éclair investit régulièrement dans des lignes modernes et respectueuses de l’environnement pour réaliser 600 000 pièces d’étiquettes, contre-étiquettes ou collerettes par jour et près de 50 000 étuis par semaine.

Dans un marché de l’étiquette en pleine mutation, être un des plus gros faiseurs de la Champagne ne dispense pas d’innover. C’est d’ailleurs cette capacité à se renouveler qui donne à l’imprimerie sparnacienne Imprim’éclair, une longueur d’avance sur certains sujets. Dernier exemple en date, l’obtention de la labellisation ISO 14001 le 7 juillet dernier (voir ci-dessous).

En 1978, le, Sparnacien Claude Lévêque, constatant la tendance des grandes Maisons champenoises à faire externaliser leur travaux d’impression, sent une opportunité à saisir. Il rachète le matériel et le parc machine de la Maison De Venoge et décide de se lancer dans l’imprimerie, en plein centre-ville d’Épernay.

À la pointe de l’innovation

Malgré une concurrence de spécialistes déjà bien implantés et référencés dans la Capitale du Champagne, la jeune entreprise familiale trouve peu à peu sa place dans le paysage de l’impression des travaux dits « de ville » : cartes de visite, flyers, dépliants, papiers à en-tête...  Progressivement, les travaux s’orientent vers les étiquettes, les collerettes et les contre-étiquettes pour la clientèle du champagne.

C’est au cœur de ces ateliers que son fils, Julien, découvrira les secrets de la conception et de la fabrication de ces produits emblématiques champenois, avant d’y faire son entrée dans la vie active en 1995, à l’âge de 23 ans. Dès 1998, Imprim’éclair a considéré ses investissements en tenant compte du respect de l’environnement avec l’acquisition du premier matériel en Champagne pouvant fabriquer les clichés servant à l’impression sans produits chimiques (révélateur et fixateur). Cet investissement dans une machine CTP (Computer To Plate, ou ordinateur vers plaque en français, NDLR) permet de flasher directement les plaques offset à partir d’un fichier envoyé depuis un ordinateur.

Encore peu répandu en raison de son coût très élevé, ce procédé permet à l’entreprise d’améliorer son bilan écologique puisqu’en ne procédant plus au traitement chimique elle n’émet plus de rejets toxiques. « Les trois-quarts des imprimeries travaillent encore avec le système de films car le CTP est encore très cher et les machines sont plus difficiles à régler », , rappelle Julien Levêque qui abordera le virage des années 2000 à la tête de l’entreprise. En 2007, trop à l’étroit dans ses locaux, il décide de déménager vers la Zone des Terres Rouges, où il triple sa surface d’activité pour agrandir son parc machines et ses bureaux.

Un quart du marché champenois

Aujourd’hui, le marché de l’étiquette est en pleine révolution, les traditionnelles étiquettes à encoller étant de plus en plus remplacées par des pièces adhésives. Moins pratiques et moins faciles à coller, elles font surtout les frais de la disparition du leader allemand Zanders Paper (notamment connu pour sa marque de papier haut de gamme Chromolux) liquidé en mai 2021, laissant de nombreux clients champenois orphelins de papier à étiquette.

« L’adhésif est un peu plus cher que l’étiquette à encoller mais il offre aussi plus de choix », souligne Julien Lévêque, observant encore un nouveau tournant dans son métier d’imprimeur. C’est même en constatant le déclin progressif de l’étiquette à encoller qu’il a remplacé un de ses ateliers dédiés à ce métier par une activité de conception d’étuis en 2013. Quant aux étuis, ils sont réalisés avec 80% de carton fabriqué en France, recyclé à 73% et recyclable à 100%. Qu’elles soient adhésives ou non, les étiquettes réalisées par Imprim’éclair répondent toujours à la même recette.

« Nous réalisons des étiquettes haut de gamme qui répondent à une certaine exigence de la part de nos clients »

Elles sont composées en interne. Après validation par le client, elles sont envoyées à l’impression. « Dorure, gaufrage, vernis… les techniques sont les mêmes pour les étuis que pour les étiquettes », précise Julien Lévêque, qui tient à la qualité avant tout. « Nous réalisons des étiquettes haut de gamme qui répondent à une certaine exigence de la part de nos clients, donc une étape incontournable de leur fabrication reste la vérification à la main et à l’œil humain ».

Un savoir-faire qui reste indispensable au cœur de cette activité champenoise. Avec une équipe de 46 personnes, Julien Lévêque réalise 6 M€ de chiffre d’affaires annuel avec un portefeuille de près de 800 clients dont 90% sont en Champagne. De quoi occuper entre 20% et 25% du marché de l’habillage local. 

Benjamin Busson