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130e année

Immersion au coeur de la Microville 112

Aménagement. C’est une étape cruciale que vient de franchir le projet de Microville 112, porté depuis plus de trois ans par la SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif) Alliance Sens & Économie.

Martine Jolly, maire de Courcy, et Éric Nowak, co-fondateur d’Alliance & Économie devant un des bâtiments désaffectés dans lequel une quinzaine de salles sont disponibles.
Ces bâtiments datent de 1997 et ont servi jusqu’en 2010. “Plus de 120 chambres sont à rénover mais l’ensemble est encore en très bon état”, juge Éric Nowak qui avait proposé le site au Stade de Reims pour qu’il y aménage son Centre de vie. Au total 4 000m2 sont disponibles.
Plusieurs types de bâtiments sont encore exploitable sur le site. Içi, l’ancien mess des officiers, datant des années 50.
Les bâtiments originaux du site ont été érigés dans les années 30. ils sont typiques de l’architecture régionale de cette époque avec un véritable intérêt patrimonial.
De nombreuses salles sont disponibles, dans lesquelles pourraient être installés des ateliers de formations ou même une école.
Dans la diversité d’offres, des espaces comme celui-ci pourraient “être convertis en salles de musée, les espaces communiquant les uns avec les autres”, imagine Martine Jolly.
L’ancien hangar de stockage d’automobiles de l’armée française, datant du début du XXe siècle, avec des arches en béton sur le même modèle que les halles du Boulingrin à Reims. “Ici, nous imaginons et avons reçu plusieurs propositions de projets, comme un manège à poneys par exemple ”, indique Éric Nowak.
Les cellules, anciens hangars, ont aussi reçu beaucoup de propositions d’aménagement : “Trois fois plus que ce qu’offrent les capacités”, annonce Éric Nowak.

S’il était déjà concret dans l’esprit des fondateurs de la SCIC, avec de nombreuses démarches et appels à manifestation d’intérêt (AMI) depuis 2018, ce projet franchit en cette fin d’année une marche considérable pour entamer des actions pérennes, difficilement réalisables sans être propriétaire des terrains. « Nous allons pouvoir décliner ce projet commun qui est de transformer cette friche militaire en une ville intelligente, productive, inclusive et durable », s’enthousiasme Jérôme Cordellier, Directeur général de la Microville.

« Nous allons dorénavant faire en sorte que se développent des projets moteurs pour l’économie du territoire. » Un certain nombre étaient déjà « dans les tuyaux », mais la crise du Covid est passée par là, et les entreprises qui comptaient se développer sur le site de la Microville se sont recentrées sur leur survie. Mais depuis que la commune de Courcy est officiellement propriétaire, « tous les jours, les acteurs de la SCIC sont sur le terrain, à la rencontre des entreprises. »

Un gros projet d’implantation d’industrie durable

Sans dévoiler le nom de la société, la SCIC est sur le point de signer l’implantation d’un « gros acteur du secteur de l’industrie durable », entrant parfaitement dans les 17 ODD (objectifs de développement durable) édictés par l’ONU. « Chaque projet doit respecter une ligne avec des engagements économiques, environnementaux et sociétaux, devenus encore plus d’actualité », insiste pour sa part Christophe Besson-Leaud, président et co-fondateur d’Alliance Sens & Économie, mettant en avant, certes le nombre de mètres carrés disponibles mais aussi tout l’écosystème devant voir le jour sur ce site de 65 hectares, composés de plus de quarante bâtiments différents. Mais si les promesses laissent rêveuses, comme le dit le dicton, « elles n’engagent pas ceux qui les font mais ceux à qui on les fait ».

« C’est un modèle rassurant pour investir car c’est un modèle solidaire avec une gouvernance partenariale »

Charge ainsi à l’Alliance Sens & Économie de réunir et de mettre en oeuvre les conditions pour qu’elles deviennent réalité. Si la signature du bail emphytéotique est en cours, l’ancienne BA 112 n’attend que ce premier signe fort pour éclore. Ainsi, de gros projets immobiliers sont en réflexion, comme de l’hébergement partagé étudiants et seniors : « Nous avons plus de 700 chambres disponibles », confie en effet Éric Nowak, co-fondateur d’Alliance Sens & Économie. Des bailleurs privés, associations caritatives ou investisseurs se sont montrés intéressés. Et lorsque l’on visite le site, la potentialité des lieux s’impose. « Nous avons de nombreuses propositions. Plus que de disponibilités », soutient Martine Jolly. L’association est venue au capital de la SCIC composée des collectivités, d’acteurs privés et de personnes physiques, regroupées au sein d’un collectif citoyen.

« C’est un modèle rassurant pour investir car c’est un modèle solidaire avec une gouvernance partenariale », juge Jérôme Cordellier, également engagé dans un modèle similaire dans le Jura. En amont, les dossiers seront déjà présélectionnés par un comité d’experts et un comité citoyen. « Nous avons 80 % de convergence », observe Martine Jolly. Afin que la Microville puisse éclore peu à peu, plusieurs types de baux sont à l’étude : « Des baux précaires pour occupation d’un à deux ans, afin de réactiver le site, pour des installations d’artisans ou de TPE. Ceci rentrerait dans le cadre de programmation de transition avec ensuite comme objectif une signature de bail emphytéotique. Et d’autres projets, avec une programmation pérenne d’activité », explique Christophe Besson-Leaud.

De nombreuses idées

Maintenant que les terrains ont été cédés, c’est l’étape de la préparation du site qui va être entamée, avec l’assainissement des réseaux d’eau, la remise en état des réseaux électriques et la remise en état a minima des bâtiments. Ensuite viendra l’étape de la validation des projets puis celle de l’implantation durable des entreprises. « Ce projet n’a pas été conçu pour que la commune en tire profit. Sinon, on aurait tout vendu à des investisseurs immobiliers qui auraient rasé une partie du site. Là, il s’agit vraiment de créer quelque chose de nouveau, avec une vraie qualité de vie, mais aussi des emplois, des services... », souhaite Martine Jolly.

Et devant certains bâtiments, les idées fusent : « Pour moi, ici, cela doit être un musée. On pourrait imaginer un musée franco-russe, la commune et la base ayant une histoire très étroite avec la Russie. Ce sont les soldats russes qui ont libérés la commune en 1917 », expose ainsi l’élue. Un musée, mais aussi des pôles de formation, de la restauration collective, ou encore des espaces de loisirs... Autant de programmes ambitieux qui n’attendent que de se concrétiser début 2023, après la dépollution du site.

Nastasia Desanti