Hanon Systems visité par le ministre délégué chargé de l’Europe
Automobile. Entreprise employant encore 360 personnes en CDI et une cinquantaine d’intérimaires, la PME carolomacérienne dotée de nombreuses certifications qualitatives et d’un centre technique est spécialisée dans la fabrication de différents composants automobiles de refroidissement de batteries.
Entreprise employant encore 360 personnes en CDI et une cinquantaine d’intérimaires, la PME carolomacérienne dotée de nombreuses certifications qualitatives et d’un centre technique est spécialisée dans la fabrication de différents composants automobiles de refroidissement de batteries. Comme les chillers (qui permettent d’envoyer le fluide réfrigérant dans les refroidisseurs de batteries aussi produits sur place), les appareils de climatisation et les évaporateurs. Ces derniers essentiellement consacrés aux véhicules thermiques seront d’ailleurs bientôt abandonnés.
Travaillant pour de très gros faiseurs mondiaux (Volkswagen, Renault, Ford, JLR et Landrover) et des usines sœurs du groupe coréen, Hanon Systems sort près de trois millions de pièces automobiles par an, toutes activités confondues, pour des clients essentiellement basés en Europe (31 %) et aux États-Unis (27 %).
Longtemps composée de trois grands ateliers, scindés ensuite en deux usines – l’une dédiée aux véhicules thermiques, l’autre vouée à 100 % aux véhicules électriques – l’entreprise tourne presque désormais sur un unique lieu de production consacré à l’électrique, suite à un investissement de 40 millions d’euros dans une technologie inédite. « Cela nous a permis d’automatiser 90 % de nos opérations. Nous avons ainsi démultiplié notre compétitivité. Aujourd’hui, nous sommes récompensés de nos efforts grâce à la croissance du marché électrique », indique Mustapha Khelladi, Directeur général. « Le site existe depuis 1933. Et en 2026, nous sommes toujours là. Et même si nous avons changé la nature de l’activité, nous exerçons toujours dans le domaine de l’automobile. Grâce à une logistique de première classe, nous sommes capables de livrer en 24 heures tous nos clients, d’autant que le site ardennais est à un point central de l’Europe. »
Clignotants au vert
En conjuguant réactivité et compétitivité, tous les produits qui sortent du site sont certifiés. « Nous sommes les premiers dans un groupe qui compte 52 compagnies, trois centres d’innovation et 20 000 collaborateurs. C’est une chance d’être adossé à une telle puissance. À Charleville-Mézières, tous les clignotants sont donc maintenant au vert. Nous sommes au maximum de tout », se félicite le dirigeant, arrivé dans les Ardennes en octobre 2011, dans des conditions très spéciales. « J’étais alors missionné pour fermer l’entreprise après que Ford nous ait déclassifié en nous enlevant sa cotation. Le business de l’entreprise a alors chuté parce qu’on ne nous faisait plus confiance. L’impact sur les autres clients a été terrible. Quinze ans plus tard, on en est là. C’est une sacrée performance. »
Musταpha Khelladi s’est ensuite entretenu avec Benjamin Haddad, ministre chargé de l’Europe, du programme qu’il prévoit de mettre en place sur l’emprise de 36 000 m² « limitée par des marécages, la Meuse, la voie rapide et une voie ferrée, ce qui complique un éventuel développement ».
Avec son franc-parler, le Directeur général a profité de la présence du ministre et du Préfet des Ardennes pour faire passer quelques messages avec le soutien de Thierry Ducoffe (Medef), Nancy Turquin (CPME), Lionel Vuibert (député) et Patrick Fostier (Ardenne Métropole). Comme la nécessité de mettre de la simplification dans les formalités administratives, la réglementation concernant la décarbonation, le coût élevé de l’énergie, la diminution de l’aide de l’État sur l’apprentissage ou encore le durcissement nécessaire des droits de douane et la mise en place d’enquêtes sur le dumping chinois. Une alerte pour permettre de favoriser la croissance des PME locales. Le membre du gouvernement s’est dit totalement « aligné » et a assuré qu’il fera remonter ces doléances sur le plan français comme au niveau européen.