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129e année

Forge France en pleine phase de rebond

Industrie. La filiale ardennaise du groupe Crosby profite au maximum du dynamisme de son propriétaire pour surfer sur une vague de développement.

François Zyk, directeur de Forge France, à Joigny-sur-Meuse, depuis 2010.

Née sur les bases de l’ancienne usine Métayer, Forge France reste depuis son origine spécialisée dans la fabrication d’accessoires de levage et de manutention (crochets, manilles, serres-câbles). « Depuis 1995 et son rachat par le fonds d’investissement KKR, la société a connu un tournant vital en étant rattachée au leader mondial du secteur, le groupe américain Crosby. Forge France a alors été boosté par cette nouvelle donne », rappelle François Zyk, directeur du site depuis 2010.

Au début des années 2000, l’entreprise de Joigny-sur- Meuse a débuté l’intégration de l’estampage de produits de la gamme Crosby en complément des accessoires de sa marque propre, Sysma. Puis, en 2013, l’unité de la vallée de la Meuse s’est concentrée sur la gamme Crosby, positionnée sur le créneau très porteur et primordial « Oil and Gaz ».

Plusieurs intégrations de nouvelles pièces

Même si ce domaine connaît parfois des crises, comme celle de 2014, qui a vu le baril de pétrole chuter de 100 à 20 dollars, cette industrie a globalement profité à Forge France en étoffant son panel de produits. Une autre étape a été franchie en 2017 grâce aux options prises alors par la nouvelle direction européenne qui a permis à Forge France d’intégrer, en exclusivité mondiale pour le groupe, la fabrication de nouvelles pièces. « Ce transfert constitue la reconnaissance du savoir-faire de l’entreprise dans la conception et la production de pièces de petites et moyennes dimensions de grande précision ».

« Sur ces bases là et en gagnant plus de valeur ajoutée, on devrait approcher voir dépasser notre chiffre d’affaires record de 2019 (4,8 millions d’euros) »

Forge France a ainsi récupéré deux familles de produits (les mailles de jonction et les serres-câbles) jusqu’alors réservées aux usines des Etats-Unis et du Canada du groupe Crosby. « Ces transferts de marchés sont devenus de nouveaux chevaux de bataille. Ils représentent un gros volume d’affaires avec plus de 500 000 pièces par an pour certaines références. Aujourd’hui, nous fabriquons plus de 80 références Crosby. Ce qui représente 80% de notre activité générale », précise François Zyk.

Si le Covid19 a sérieusement impacté la production de Forge France qui a dû combler la perte de 33% de son activité en recourant au chômage partiel, l’usine jovignienne tourne à nouveau à plein régime avec un plan de charge en nette hausse au second semestre 2021. Forge France sous-traite aussi des pièces équipant des véhicules militaires pour des clients historiques.

Confiance en l’avenir

Le futur s’annonce plus souriant pour les 25 salariés locaux car l’entreprise, grâce à l’acquisition en mai 2019 par Crosby du Suédois Gunnebo Industries, va désormais développer dans les Ardennes des accessoires forgés de manutention liées à l’aquaculture. « Malgré un espace limité, nous allons progressivement intégrer d’ici 2022 une douzaine de pièces supplémentaires à notre panel actuel. Cet afflux de production nous permettra de pérenniser notre effectif, embaucher des intérimaires et stabiliser nos compétences à un niveau élevé » constate François Zyk.

D’autant que Forge France va encore se consolider en répondant à une commande en usinage de Mercedes Automobile. « Sur ces bases là et en gagnant plus de valeur ajoutée, on devrait approcher voir dépasser notre chiffre d’affaires record de 2019 (4,8 millions d’euros) ». Des investissements se poursuivront sur le site afin de remplacer et moderniser l’outil de travail. A court terme, 80 000 euros seront investis avec le concours de la Région Grand-Est.

Pascal Remy