Fichet : innovation et savoir-faire au service de la sécurité
Industrie. Implanté à Bazancourt, le site marnais de Fichet Group poursuit la tradition de haute qualité des produits de sécurité physiques développés par le groupe depuis près de 200 ans, en associant innovation et savoir-faire.
À Bazancourt, l’usine Fichetest une véritable institution. Sur ses 30 000 m2 d’espace de production, 120 salariés conçoivent et fabriquent « des produits de sécurité physique », autrement dit des coffres forts, armoires fortes, portes fortes, mais aussi des serrures et des automates de gestion des espèces.
Créée en 1923, l’usine de coffres forts ignifuges Bauche est détruite par les combats lors de la seconde guerre mondiale, avant d’être reconstruite et modernisée. En 1967, l’entreprise fusionne avec son concurrent Fichet, serrurier de renom. Fichet-Bauche devient alors un des poids lourds de son secteur d’activité et aujourd’hui une référence européenne pour la protection en stockage sécurisé.
Aujourd’hui, en sortant chaque jour une centaine de produits de ses ateliers, parmi une très large gamme, l’usine marnaise gère l’ensemble de sa production de A à Z. « Nous sommes le seul constructeur du marché à fabriquer et à certifier nos propres serrures », précise Olivier Raguin, le directeur du site. D’ailleurs, 99% de ses produits sont fabriqués sur place, seules quelques pièces en plastique ou de fonderie provenant de l’extérieur, poursuit le directeur, qui résume : « Nous sommes des artisans industriels ».
En matière de sécurité, ce qui fait la protection n’est pas tant la tôle utilisée mais la recette du composite, ce béton coulé entre les deux parois, sans oublier la serrurerie. Un assemblage de savoir-faire maîtrisé à la perfection par les équipes oeuvrant dans les ateliers de Bazancourt. Que ce soit au niveau des coffres forts, des armoires ou des portes fortes, l’entreprise assure un temps de protection contre les agressions, qu’elles soient des attaques physiques ou des incendies par exemple, voire les deux. Pour garantir ces durées, qui définissent aussi la gamme de produits, classés de 0 à 6, l’entreprise fait passer chaque élément en laboratoire pour y être décortiqué.
Un marché en forte croissance
« Nous travaillons avec différentes épaisseurs d’acier en fonction du cahier des charges du clients et du genre de protection demandée », explique Olivier Raguin. Quant au béton qui compose les portes et les parois, il fait l’objet de différentes densités et de niveaux de dureté à partir d’une formule de fabrication unique. « Notre recette, qui comprend un grand nombre d’ingrédients, n’a pas été brevetée pour qu’elle ne tombe pas un jour dans le domaine public », précise le directeur.
Si, dans l’absolu, un coffre fort peut être réalisé et assemblé dans la journée sur le site, c’est le temps de séchage réel du béton (28 jours) qui explique les délais d’expéditions du groupe. Entre l’arrivée de la commande et son expédition, il faut compter environ quatre semaines. Après l’atelier peinture, c’est la phase de montage des serrures qui vient donner la touche finale au coffre-fort. Des serrures conçues et fabriquées sur place avec la fameuse clé Fichet, identifiable entre mille à sa forme d’étoile offrant une étendue de 10 millions de combinaisons possibles.
Dans un marché de la haute sécurité pesant 5 milliards d’euros en France et surtout en forte croissance (+4%), Fichet Group veut accompagner la demande de la clientèle. Avec, parmi ses atouts de taille, une gamme variée et une capacité d’adaptation constante, pouvant compter sur un service de Recherche et Développement sans cesse en quête de nouveaux produits. C’est ainsi que l’usine de Bazancourt propose aujourd’hui des coffres allant d’une centaine de kg à 2 tonnes, des portes fortes pour des salles sécurisées, mais aussi des portes de sas ou des armoires spécifiques.
« Nos armoires ignifuges peuvent résister jusqu’à 1000 degrés à l’extérieur tout en assurant une température de moins de 50 degrés à l’intérieur pendant une heure ». Des caractéristiques qui permettent de garantir l’intégrité physique des documents contenus dans l’armoire en protégeant les encres et le papier. Le directeur précise qu’en début d’année, une nouvelle armoire forte a également été lancée, avec des mécanismes de verrouillage renforcés et un intérieur personnalisable pour abriter médicaments, armes ou munitions, s’adressant par exemple aux commissariats, aux hôpitaux ou aux mairies. Acteur majeur de la haute sécurité, Fichet Group compte parmi sa clientèle des particuliers, des collectivités mais aussi de grands noms du monde de la banque, du luxe et des institutions européennes.
Un plan stratégique et des investissements
Ces innovations doivent permettre à Fichet Group à la fois de rester le leader sur le très haut de gamme mais de progresser encore sur d’autres marchés, conformément au plan stratégique, baptisé Conquête 2030 et dévoilé juste avant l’été par la direction du groupe.
« Conquête 2030 est plus qu’un plan stratégique, c’est un état d’esprit. La croissance viendra du rapprochement avec les besoins de nos clients, en France et à l’international », explique Arnaud Surpas, Président de Fichet Group (600 collaborateurs, 90 M€ de CA en 2025) qui vise un objectif de 120 M€ de chiffre d’affaires.
Outre la restructuration de son équipe commerciale déjà engagée, le groupe a lancé un chantier conséquent sur la réduction des délais, jugée centrale dans la satisfaction des clients et pour l’accroissement de son implantation à l’international, qui représente un tiers de son chiffre d’affaires annuel et couvre une quarantaine de pays dans le monde.
Par ailleurs, pour accompagner cette croissance, le groupe investit régulièrement dans son outil productif. C’est ainsi qu’il a fait l’acquisition d’un nouvel équipement de taille devant permettre de renforcer sa capacité industrielle : une nouvelle panneauteuse. Cette machine destinée au pliage de l’acier représente un investissement de 1,1 M€. « Cette panneauteuse permet de réaliser des plis complexes sur les plaques d’acier et donc de gagner en productivité, en réduisant par deux les délais de fabrication. Cela sécurise la production en grande série et garantit des délais de livraison plus courts même sur des volumes élevés », précise Olivier Raguin.
De quoi justifier cet investissement élevé, d’autant que la machine limite aussi la manutention, contribuant ainsi à l’amélioration des conditions de travail des équipes. Elle dispose aussi d’arguments écologiques et économiques : « La panneauteuse est alimentée à 100% en électricité, ce qui nous permet de diviser par 9 la consommation énergétique de cette étape de notre procédé industriel ». Un argument de plus pour un équipement industriel qui doit aussi contribuer à assurer la souveraineté du groupe dans un secteur d’activité hautement stratégique pour sa clientèle.