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129e année

Festilight n’est encore pas à la fête

Logistique. Malgré un carnet de commandes bien rempli, la PME auboise fait face à l’explosion des prix des matières premières, des produits et du transport maritime.

Didier Maroilley, le pdg de l’entreprise Festilight. Laurent Locurcio

En cette fin d’année, la PME auboise Festilight aurait pu être totalement à la fête. « Depuis le début de l’année, nous avons enregistré beaucoup de commandes, on sent que ça repart fort », se félicite Didier Maroilley, le pdg de l’entreprise spécialisée dans les décorations lumineuses et festives. Au plus fort de la crise sanitaire, le secteur évènementiel dans son ensemble avait souffert, mais l’amélioration de la situation a poussé les collectivités et les centres commerciaux à prévoir des illuminations en cette fin d’année. Noël 2021 se présente sous de bons auspices, mais pour Festilight c’est le casse-tête au quotidien.

« C’est incroyable, en 25 années c’est la première fois que je vois tous les matériaux, quels qu’ils soient, augmenter en même temps », poursuit-il. La PME est actuellement en phase de négociation avec des fournisseurs asiatiques en prévision de Noël 2022. Alors que les prix se sont déjà envolés ces derniers mois, les fournisseurs annoncent des tarifs en hausse de 20 %. « C’est compliqué d’autant qu’on n’a aucune visibilité quant à un retour à la stabilité des prix », ajoute Didier Maroilley. L’année qui vient s’annonce aussi compliquée que celle qui s’achève. « En plus il a fallu encaisser la hausse du coût du container qui est passé de 2 000 à plus de 16 000 dollars », fait-il remarquer.

« À quelques semaines près, il aurait fallu investir 30 à 40 % de plus que prévu »

L’impact de cette augmentation sur les matériaux et les produits transportés peut vite atteindre des sommets, surtout pour des décors volumineux par exemple. Surtout qu’il n’est pas toujours très simple de répercuter ces hausses auprès des clients, notamment pour les décors de Noël dont les prix ont été fixés en début d’année. Sensibilisés à l’envolée des prix, des clients ont accepté de payer plus cher que prévu. « Ce n’est pas notre stratégie, mais cette fois nous sommes obligés d’augmenter nos prix pour tenir compte de cette situation », rappelle le pdg de l’entreprise.

Containers bloqués

Comme si ça ne suffisait pas, il n’est pas toujours facile d’obtenir les quantités demandées, par exemple pour les pièces électroniques. Autre élément à prendre en compte, la désorganisation des transports internationaux. « Le port chinois de Shenzen, l’un des plus importants du monde, vient d’être bloqué pendant quinze jours à cause d’un retour du virus, et j’ai une quinzaine de containers pour le Havre qui ne sont pas encore partis », regrette Didier Maroilley.

Le temps que le navire arrive en France, et que le port havrais adsorbe l’afflux, la marchandise n’arrivera pas à temps pour être distribuée, comme prévu, pour Noël 2021. « C’est de la marchandise qui était pourtant vendue mais qu’il faudra que je stocke en espérant la revendre pour le prochain Noël », conclut le chef d’entreprise. Maigre consolation, l’entreprise a terminé les travaux de construction avant que les prix des matériaux du bâtiment ne s’envolent. « À quelques semaines près, il aurait fallu investir 30 à 40 % de plus que prévu », fait-il remarquer.

Laurent Locurcio