Entreprises

Escao monte la marche du service

Artisanat. Le fabricant d’escaliers investit dans de nouveaux bâtiments et de nouvelles machines pour s’exonérer des sous-traitants et favoriser l’innovation.

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Photo de Philippe Lisabaut
Philippe Lisabaut, le président d’Escao. (Crédits : MBP)

« Nous sommes un peu fous parce qu’on investit sur un marché en décroissance », confie Philippe Lisabaut, le président d’Escao. Dans un secteur en difficulté, avec un marché de la maison individuelle qui affiche un repli constant de 30 % de constructions neuves, le fabricant d’escaliers de Lusigny-sur-Barse investit. L’entreprise mise sur l’innovation et le service pour résister. Anciennement Simpa, Escao a été rachetée en 2014.

Avec un investissement de 3 millions d’euros pour l’extension de 2000 m² de bâtiment sur fonds propres et de 2 millions d’euros pour l’acquisition de nouvelles machines dont 15 % aidés par la Région Grand Est, le pari est audacieux sur un marché morose. D’autant que toutes les maisons n’ont pas d’étage et donc d’escalier et que la tendance porte davantage sur la maison de plain-pied avec extension à l’horizontal. Pour autant, Escao reste un acteur majeur du marché de niche qu’est l’escalier avec 9 % de part de marché. D’ailleurs, si le marché de l’escalier affiche un repli de 27 %, Escao marque pour sa part une progression de 33 % avec 6 800 escaliers fabriqués sur un marché de 72 000 pièces. « Avant, nous fabriquions seulement, aujourd’hui nous posons la moitié des escaliers en France. Nous faisons un investissement qui va s’amortir sur 15 ans et il va rapidement falloir augmenter notre chiffre d’affaires. »

Fabrication et finitions sur-mesure

Une nouvelle ligne permet notamment de vernir le bois en un temps record, sachant que chaque pièce correspond à une commande spécifique. « Nous étions limités par notre sous-traitant en termes d’activité et d’innovation. Nous avons longtemps cherché s’il fallait acheter une entreprise ou s’il fallait intégrer des activités et nous avons fait le choix de l’intégrer. Aujourd’hui, nous intégrons aussi un atelier métal, parce que c’est la tendance et que c’est une activité que nous sous-traitions par le passé. La première machine est arrivée et le premier opérateur arrive début juillet. Tout sera opérationnel en fin d’année. » Quatre personnes vont être recrutées pour les nouvelles activités et rejoindront les 117 salariés.

Créée en 1983 par le groupe SIMPA, l’entreprise a connu des périodes difficiles avec un dépôt de bilan en 1991, sa reprise par Bruno Petit. L’entreprise en difficulté est vendue à un LBO en 2005 puis dépose le bilan en 2014. Philippe Lisabaut qui appartenait au groupe SIMPA est missionné sur Escao pour relancer l’activité. L’entreprise passe alors d’un business model axé sur une stratégie de volume avec de la grande série économique au produit sur mesure.

Un positionnement qui rééquilibre sa santé financière. Escao Associés reprend finalement Escao en 2014 avec Philippe Lisabaut et les principaux cadres de la société. Elle dégage 16 millions d’euros aujourd’hui. L’entreprise adresse une cible de professionnels uniquement entre constructeurs de maisons individuelles, distributeurs et acteurs du bâtiment. « C’est dans les moments les plus difficiles qu’il faut investir », assure le président d’Escao.

  • (Crédits : MBP)
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