Entre contrôles et fluidification des transactions, la Douane toujours sur le pont
Douane. 7 tonnes de tabac saisis, 638 kg de stupéfiants interceptés, 60 386 articles de contrefaçon retirés du marché, 1,253 M€ d’amendes dressées… le bilan 2025 de la Direction régionale des Douanes de Reims est éloquent.
Si les chiffres qui marquent les esprits sont souvent ceux de la lutte contre les trafics, les 188 agents de la Direction régionale couvrant les quatre départements de la Champagne Ardenne, ont d’autres missions au quotidien. « Une des missions de la Douane, c’est la lutte contre les fraudes et les trafics. Mais nous avons aussi une action assez forte en matière de dédouanement des marchandises et en matière d’action économique au plus près de nos entreprises », souligne Sandrine Ambach, Directrice régionale des Douanes pour la Champagne Ardenne, arrivée dans la région en février dernier.
Dans son bilan de l’année écoulée, la directrice rappelle le rôle joué par ses services dans la protection du territoire et des citoyens : « En 2025, la douane régionale de Champagne Ardenne a particulièrement contribué par son action au quotidien et sur le terrain à stopper des courants de fraude majeurs : elle a relevé trois contentieux ou infractions par jour en moyenne. Cela montre l’implication de nos équipes, leur constance et leur professionnalisme aussi. L’année dernière, nous avons traité une affaire en matière de stupéfiants tous les deux jours ».
638 kg de stupéfiants ont ainsi été saisis cette année, représentant une valeur marchande de 1,665 million d’euros « qui ne seront pas réinjectés au profit des commanditaires », précise Sandrine Ambach. « Il s’agit principalement de cannabis (624 kg), mais aussi de cocaïne (3 kg), d’héroïne (5 kg) et de drogues de synthèse (6 kg). Il faut souligner la plus grande difficulté à trouver des saisies de cocaïne ou d’héroïne, car elles voyagent en plus petites quantités, donc forcément, on est sur une logique où il faut être beaucoup plus méticuleux pour pouvoir les trouver dans des endroits cachés ». Autre axe important de l’action de la Douane envers la criminalité organisée : le tabac de contrebande, qui a représenté 160 infractions relevées en 2025 et 7 tonnes saisies, représentant une valeur de 2 M€ sur le marché illicite.
Les fraudes financières relèvent elles aussi de l’action des services douaniers. Elles concernent particulièrement des manquements à l’obligation déclarative (MOD). Visant à attaquer le blanchiment et la criminalité organisée, la Loi stipule en effet que les personnes qui se déplacent avec plus de 10 000 euros en espèces doivent réaliser une déclaration. 113 710 euros ont ainsi fait l’objet d’une saisie dans ce cadre en 2025. Tabac, textiles, parfums, jouets… la contrefaçon prend elle aussi diverses formes et l’ingéniosité des contrefacteurs ne se limite pas à imiter grossièrement les grandes marques, avec l’avènement de nouvelles technologies, les copies sont de plus en plus ressemblantes et donc parfois de plus en plus difficiles à identifier par les douaniers. « De manière générale, toutes les affaires qui font l’objet de poursuites judiciaires dans le cadre de la lutte contre les trafics en 2025 ont généré, après passage en justice, l’équivalent de 1,253 million d’euros d’amendes douanières qui ont été prononcées », souligne la Directrice régionale.
Fluidifier la circulation
La Douane accompagne certaines filières et particulièrement la filière champagne, qui est acteur majeur de la région. Elle intervient auprès des vignerons, des récoltants-manipulants et des maisons de champagne, en fonction de leurs besoins. « Cet accompagnement se traduit par des rencontres régulières, des réunions institutionnelles, un lien étroit avec les organisations professionnelles (SGV, Comité Champagne), des conseils personnalisés à l’export et des webinaires, par exemple », précise Sandrine Ambach.
Missionnée pour surveiller et saisir les contrevenants, la Douane a aussi pour mission de fluidifier le commerce international. À l’import par exemple, « quand une entreprise importe une marchandise, celle-ci va être déclarée en douane. Notre objectif, c’est de faire en sorte de la contrôler si nous avons un doute sur cette marchandise. Mais si nous n’avons pas de doute, nous n’allons pas l’arrêter pour rien. L’objectif est de fluidifier le commerce international pour que les entreprises dont l’activité est sécure puissent entretenir leurs relations économiques sans difficulté », explique Sandrine Ambach.
De quoi tordre le cou à certaines idées reçues, puisque, en moyenne, le délai d’immobilisation des marchandises est d’1 minute et 45 secondes au sein de la région Grand Est et que 95.8% des marchandises sont dédouanées en moins de 5 minutes. « Notre objectif de fluidité est considéré comme étant atteint, puisqu’il est d’accompagner les entreprises qui contribuent à notre économie et ne pas faire en sorte de les bloquer ».
Au-delà du contrôle, les services des Douanes interviennent aussi auprès des entreprises pour apporter du conseil et de l’expertise en matière de commerce international. « Nous les accompagnons à titre gratuit, pour expertiser leur process et aussi pour les aider à décrypter la réglementation internationale qui est extrêmement difficile à comprendre ». 47 nouvelles entreprises ont ainsi été conseillées par le pôle action économique en 2025 (+12% par rapport à l’année précédente) pour les aider à clarifier la législation, sécuriser leurs process et adapter leur stratégie d’implantation ou de commercialisation. « Nous enregistrons un taux de 97,12% de satisfaction pour les opérateurs de la douane qui ont eu un entretien personnalisé », apprécie la directrice régionale.
Ces conseils interviennent en plus du statut particulier d’OEA (opérateur économique agréé), qui relève d’un partenariat de confiance entre une entreprise et les services douaniers, suite à un audit de labellisation. Une fois des seuils de sécurisation passés, ils disposent d’une forme de certification OEA avec la construction d’une relation particulière avec la Douane. « Nous entretenons alors, avec les opérateurs économiques agréés, une relation privilégiée et sécurisée puisque nous avons audité leurs process et nous connaissons leur entreprise ».
Les entreprises OEA sont tournées vers l’international, qu’elles soient des entreprises exportatrices ou importatrices. « Dans tous les cas, nous assurons le bon déroulement des opérations et le contrôle de la marchandise en question et le bon déroulement de l’opération de manière fluide parce que notre objectif, c’est aussi de fluidifier les échanges internationaux. Il s’agit de contrôler, mais quand on n’est pas dans une situation délictueuse, il s’agit de faire en sorte que les choses aillent vite et se passent sans encombre pour que les entreprises puissent faire leur travail le mieux possible ».