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« Donner envie de croire en l’avenir »

Foire. Innovation, jeunesse, bioéconomie, alimentation, santé, réindustrialisation, territoire, terroirs et cohésion sociale : le programme de la 80e Foire revendique plus que jamais une ambition à la fois économique, pédagogique et sociétale.

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Photo de Bruno Forget
Bruno Forget, Commissaire général de la Foire de Châlons (Crédits : BB)

Pour Bruno Forget, en 2026, le message est clair : « il faut donner de bonnes raisons de croire en l’avenir ». Pour cette édition, le commissaire général de la Foire a fait le choix de placer les jeunes au premier plan de sa programmation. « Nous préférons l’avenir à la rente, l’innovation à la nostalgie. Et surtout, nous choisissons de mettre en avant la jeunesse », résume Bruno Forget.

Face à ce qu’il décrit comme une « anxiogénité permanente », le commissaire général veut rompre avec la morosité ambiante. « Ce que nous voulons faire, c’est arrêter de culpabiliser les jeunes et leur donner de bonnes raisons de croire en l’avenir », explique-t-il, en rappelant que la France dispose selon lui de nombreux atouts en matière d’innovation et de créativité.

Cette volonté se traduira notamment par un parcours pédagogique conçu avec l’Université de Reims-Champagne-Ardenne et le Rectorat. Consacré à la santé, il abordera la nutrition et le sport à travers des expériences concrètes et ludiques. L’objectif sera notamment de montrer qu’une alimentation équilibrée peut rester accessible financièrement. Les jeunes pourront découvrir les filières alimentaires, de la viande aux fruits et légumes, en passant par la boulangerie et les produits locaux. « C’est surtout une question de transmission et de compréhension des filières », souligne Bruno Forget.

La bioéconomie, « l’avenir de notre territoire »

Parmi les autres axes forts de cette 80e édition, la bioéconomie occupe une place particulière. Pour Bruno Forget, elle incarne parfaitement le projet porté par la Foire : « La bioéconomie, c’est l’avenir de notre territoire. » Le village qui lui sera consacré doit ainsi mettre en lumière les innovations permettant de concilier développement économique, valorisation des ressources locales et préservation de l’environnement. « Elle est pour moi l’illustration parfaite de ce que nous voulons faire et ce que nous voulons léguer à la jeunesse : l’innovation au service de la richesse d’un territoire, de son image de marque et de l’environnement », affirme-t-il. La Foire entend également mettre en avant les terroirs, les territoires et les traditions. Parmi les initiatives présentées cette année figure le projet visant à faire inscrire les « pratiques socioculturelles des bistrots et cafés de France » au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.

Alain Fontaine, président des Bistrots et Cafés de France, viendra présenter cette démarche. Pour Bruno Forget, cela dépasse largement la seule question de la restauration : « Réhabiliter le bistrot, c’est redonner de la vitalité à nos territoires. Le bistrot, c’est un lieu de vie, un lieu d’échange. » À l’heure où les nouvelles technologies peuvent contribuer à isoler davantage les individus, il estime nécessaire de recréer des espaces de rencontre et de dialogue.

Réindustrialiser pour redynamiser les territoires

Autre enjeu majeur : la réindustrialisation. La Foire accueillera notamment la signature du Pacte industrie, un rendez-vous qui s’inscrit dans la volonté de remettre la production et l’industrie au coeur des stratégies territoriales. Pour Bruno Forget, l’enjeu dépasse la seule création d’emplois les villes moyennes, dans les territoires périphériques. « Dans le Grand Est, nous avons la chance d’avoir un président de Région, Franck Leroy, qui a vraiment pris ce sujet à bras-le-corps. Réindustrialiser c’est aussi redonner de la vitalité, redensifier un tissu sociodémographique, redonner de la vie et éviter ces grosses concentrations humaines. C’est en outre une manière d’assurer la souveraineté du pays », estime-t-il.

Au-delà de la présence de Catherine Vautrin, ministre des Armées, qui inaugurera l’événement le vendredi 28 août, chaque année, la programmation de la Foire donne aussi une place importante aux Armées et aux forces de sécurité. La présence de ces institutions doit permettre au public de mieux comprendre leurs missions et leurs métiers. « Elles ne viennent pas faire de la figuration », rappelle Bruno Forget. Recrutement, reconversion, découverte des métiers et présentation des missions seront au programme. « C’est aussi l’ambition des organisateurs de créer un lien entre les forces armées et la Nation. Parce qu’aujourd’hui, il est opportun et important d’expliquer ce que font nos forces de sécurité au quotidien ».

La santé constituera enfin un autre grand fil rouge de cette édition. Prévention, santé au travail, addictions et pathologies seront abordées sous différents angles.

Pour le commissaire général, la prévention doit devenir un réflexe collectif. « Il y a donc un véritable enjeu de prévention », affirme-t-il, en soulignant à la fois les bénéfices pour la santé des Français et l’impact potentiel sur les dépenses de Sécurité sociale. « La Foire de Châlons peut être assez incitative, mais pas de manière culpabilisante ».

Donner envie de croire en l’avenir

Au-delà de la diversité des thématiques, Bruno Forget fixe une ambition plus large à cette 80e édition : faire de la Foire un événement utile, fédérateur et capable de susciter des initiatives. Il souhaite d’abord que les exposants et partenaires puissent être « fiers de participer à cet événement », mais aussi que les visiteurs y trouvent un espace de découverte et de convivialité.

Et surtout, la Foire doit contribuer à renforcer le lien entre les habitants et leur territoire. « Quand on connaît bien son territoire, on l’aime et donc on a envie de s’y investir et d’y investir », estime-t-il. Une ambition finalement résumée ainsi : « Donner envie de croire en l’avenir, donner envie de découvrir son territoire, de l’aimer, de le faire vivre et de s’y engager. »