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129e année

Décollage réussi pour SupAirVision

Technologie. La start-up troyenne fondée par Sébastien Arnould vient de lever un million d’euros pour accélérer son développement dans le diagnostic des pales d’éoliennes.

Sébastien Arnould, photographe passionné de drones et fondateur de SupAirVision. Laurent Locurcio

L’idée lancée en 2017 par Sébastien Arnould était dans l’air du temps. À l’heure où les champs d’éoliennes se multipliaient en France comme en Europe, l’idée était de mettre au point une technique simple, rapide et moins onéreuse pour assurer la maintenance de ces équipements. La start-up SupAirVision, basée à la Technopole de l’Aube a donc développé des drones équipés de matériel permettant de réaliser des diagnostics de pales d’éoliennes en prévision de leur maintenance. Malgré leurs dimensions de plus en plus imposantes, ces pales peuvent subir des dommages divers, comme des impacts de foudre par exemple, et leur inspection régulière est nécessaire.

Auparavant, il fallait faire appel à des équipes de « cordistes » ou se limiter à une inspection sommaire et lointaine avec de simples jumelles. L’inspection par drone a apporté une véritable révolution en permettant une inspection plus poussée et très précise : en volant à 3 mètres d’une pale, la caméra du drone est capable de détecter un défaut d’un millimètre ! L’évolution réglementaire intervenue en 2020 a été décisive en inscrivant l’obligation d’inspection des pales tous les six mois alors que dans la pratique, elle n’avait lieu que tous les deux ans.

« Cette levée de fonds nous permet de nous projeter avec optimisme sur le marché européen »

Quatre fois plus d’inspections à réaliser pour le parc éolien français de 8 000 éoliennes en France, dont la moitié situées dans le quart nord-est, et les 100 000 en Europe. « Nous arrivons à un moment clé sur un marché où la technologie devient indispensable pour prendre le relais des moyens humains affectés à la maintenance des pales », souligne Sébastien Arnould. « Le drone et le traitement d’images associé optimisent le suivi des pales et permettent une maintenance prédictive efficace pour les éoliennes terrestres ou en mer », poursuit-il.

Un marché en développement

Pour aller plus loin dans la digitalisation du diagnostic de pales d’éoliennes, SupAirVision vient de lever un million d’euros auprès d’Industrya, le fonds d’investissement initié par le groupe John Cockerill, avec le soutien de Bpifrance et de partenaires privés. Ce groupe a des activités de maintenance d’éoliennes en France, en Belgique, en Espagne, au Brésil et au Maroc. « Cette levée de fonds nous permet de nous projeter avec optimisme sur le marché européen pour imposer notre offre de solutions de diagnostics de pales, du drone automatique au Saas de gestion des pales en passant par les diagnostics de chemins de foudre », conclut Sébastien Arnould, à la tête d’une équipe de plus d’une dizaine de collaborateurs.

Une avancée décisive pour la start-up auboise qui a fait partie de la seconde promotion de Scal’E-nov, en 2020. Avec ses équipes de développement, SupAirVision a mis au point également d’autres procédés innovants, toujours avec l’utilisation de drones. Elle a ainsi mis au point DroneSpray, un procédé de peinture aérienne par drone permettant d’intervenir aisément dans les endroits difficilement accessibles avec une grande précision et une économie de moyens incomparable.

Laurent Locurcio