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130e année

Créativ’Labz, des projets étudiants emplis d’originalité

Start-up. Le Créativ’Labz, incubateur de l’URCA, accueille une nouvelle promotion de porteurs de projets, tous étudiants.

Une partie des incubés de Créativ’Labz, accompagnés de Cyrille Jeanneteau (à gauche). Nastasia Desanti

Ils sont étudiants en Sciences, Médecine, Ressources humaines ou encore Management. Mais ils ont tous en tête un projet, une idée plus ou moins avancée pouvant déboucher sur une activité à part entière. « Le but est d’accompagner les étudiants dans le mûrissement de leur projet, qui peut prendre des formes très diverses. Nous ne sommes pas axés, par exemple, uniquement sur l’innovation. Il peut y avoir des projets dans des domaines aussi variés que le commerce, l’artisanat, la logistique ou encore l’économie sociale et solidaire », indique Cyrille Jeanneteau, responsable de l’incubateur.

Les promotions sont constituées d’une vingtaine d’étudiants, passant devant un comité d’engagement. « Chaque année, nous avons environ une centaine d’étudiants qui prennent contact avec nous. 70% en sont au stade de l’idée, du concept quand les 30% restant travaillent déjà sur un projet de création d’activité. »

Deux programmes pour deux stades de développement

Ainsi, deux programmes sont proposés au sein du Creativ’Labz : le programme Potentiel by PÉPITE et le programme d’incubation. « Une fois que les porteurs de projets sont incubés, ils bénéficient de coaching, de workshop animés par des professionnels du secteur (finaliser son Business Model, développer son réseau, financer, lancer et pérenniser son projet...) ainsi que de l’attribution d’un mentor qui va les suivre et les accompagner », précise Cyrille Jeanneteau. Au bout d’une année, les incubés repassent devant un comité pour poursuivre le programme. Ils peuvent aussi intégrer un diplôme universitaire dédié le « Diplôme étudiant-Entrepreneur (D2E) » ayant vocation à renforcer l’accompagnement des étudiants et des jeunes diplômés passant à l’acte de création et de reprise d’activités et qui s’adresse aux étudiants ayant obtenu le statut national Étudiant-Entrepreneur auprès du comité d’engagement d’un « Pôle Étudiants Pour l’Innovation, le Transfert et l’Entrepreneuriat » (PÉPITE).

« L’incubateur m’a apporté l’ouverture d’esprit entrepreneurial et un vrai soutien avec les workshop, mais d’ici six mois, je compte tout lancer. »

C’est le cas de Pierre-Jean Hoch, étudiant en D2E après un master en management et une licence en éco-gestion. « J’ai toujours su que je serai mon propre patron », livre le jeune homme de 27 ans, qui a décidé de monter son entreprise de décoration d’intérieur. Sa spécialité ? Établir des prestations de « set designer » (conception de décors). « J’interviens pour des décorations de particuliers et de professionnel, mais pour l’instant mes clients sont surtout des youtubeurs dont je fais la décoration de l’arrière-plan des vidéos. » Et ça marche très bien. Ses clients ont en moyenne entre 3 et 5 millions d’abonnés et les vidéos où ils changent de décoration font un carton. « L’école de commerce Kedge Business School de Bordeaux a fait appel à mes services pour que je fasse la décoration de leur plateau de vidéo. » Très satisfait de son incubation, la suite du développement de son activité dépendra de l’étoffement de son catalogue clients.

Autre exemple de réussite, celle de Camille Lukas et Clément Mazzolini avec leur entreprise Good Impackt, spécialisée dans le conseil à la transition en emballages éco-conçus. Tous deux diplômés de l’Esi comme ingénieurs en packaging, ils ont souhaité se lancer dans l’entrepreneuriat dans une activité où ils se sentiraient « utiles tout en mettant à profit (leurs) compétences ». « Au début, nous effectuons un audit en analysant les emballages existants, puis nous réalisons un diagnostic pour ensuite engager avec le client, une démarche de transformation de ses emballages, en insistant sur le recyclage et la réduction des matières. »

De belles réussites depuis 2015

S’ils sont en incubation jusqu’au mois de septembre, Camille Lukas et Clément Mazzolini ont déjà signer leurs premiers clients. « Nous avons le profil technique mais grâce à Créativ’Labz, nous peaufinons notre profil commercial », explique Clément Mazzolini. Nicolas Yackob est lui incubé depuis presque un an. En année de césure, il développe une plateforme mettant en relation les recruteurs et les demandeurs d’emploi dans le secteur de la livraison et de la logistique. « Cette idée est venue de ma propre expérience comme livreur lors de mon job étudiant », raconte le jeune homme de 23 ans. « Avec un taux d’absentéisme et de turn-over très important chez les sous-traitants de livraison, j’ai eu la volonté de régler en priorité ce problème RH auquel sont confrontés les PME », précise-t-il. La plateforme qui n’a pas encore de nom officiel, cet étudiant en mathématique la développe presque seul, tout comme la recherche commerciale des entreprises intéressées par le concept.

« L’incubateur m’a apporté l’ouverture d’esprit entrepreneurial et un vrai soutien avec les workshop, mais d’ici six mois, je compte tout lancer. » Le Créativ’Labz, depuis sa création en 2015, a vu de belles réussites comme les centres de thérapie par le froid Cryotéra, dont le nombre ne cesse d’augmenter avec aujourd’hui 8 ouvertures à Reims, Dijon, Marne-le-Vallée, Metz ou encore Limoges. L’entreprise 3D Morphoz, la savonnerie Fabrication Rochet, le concept store japonais Sakura Torii ou encore Eyes on web, agence de communication digitale, font aussi partie des anciens incubés qui ont débouché sur des activités pérennes.

Nastasia Desanti