Coup de fraîcheur pour les caves du Champagne de Barfontarc
Champagne. Cave enterrée, nouvelle cuverie et énergie solaire propulsent la coopérative auboise de Baroville, qui investit 4 millions d’euros pour améliorer ses équipements.
Avec sa nouvelle cave enterrée et tempérée, le Champagne de Barfontarc porte sa capacité de stockage à six millions de bouteilles. Soit deux millions et demi de bouteilles supplémentaires. « C’est largement plus que nos besoins réels. Mais, cela nous permet d’avoir quelque chose de qualité et nous consommons l’intégralité du terrain que nous avions sous la main. Cela crée un surcoût mais nous n’y reviendrons plus. Nous sommes sur une durée de vingt ans », explique Olivier Martin, directeur de la coopérative. Le montant global des travaux réalisés porte sur 4 millions d’euros d’investissement, dont 3,5 sur emprunt bancaire, pour l’extension des caves, l’installation de panneaux solaires, la mise en place d’une nouvelle futaie d’élevage.
Le Champagne de Barfontarc, qui exploite 120 hectares de vignes, a ainsi modernisé ses installations de tirage, de dégorgement et de stockage. La nouvelle cave enterrée de 1 930 m², construite en béton armé, se trouve de l’autre côté de la rue. Qu’à cela ne tienne, elle est reliée à la première par un tunnel de 22 mètres. Une réalisation qui a nécessité de revoir jusqu’à l’inclinaison de la voirie communale mais qui procure un réel avantage : l’inertie thermique. « Nous avons piégé la fraîcheur de l’hiver dernier et nous n’arrivons plus à la faire sortir. Nous mesurons l’inertie d’un bâtiment enterré. Nous avons beaucoup de béton, et cette énorme masse est à la température du moment où elle a été créée. » Aucun risque d’écart brusque de température. Si elle doit monter ou diminuer, cela se fera sur plusieurs mois, préservant ainsi le champagne.
Une montée en puissance réfléchie
La zone de tirage et de dégorgement a été aussi rénovée pour répondre à des conditions d’hygiène maximales avec un sol en résine et une isolation thermique optimale pour éviter les écarts de température. Cet espace accueille les lignes de désengorgement et d’embouteillages. « Une ligne coûte 1 million d’euros et nous ne l’utilisons que six semaines dans l’année, il est plus avantageux de louer ces lignes quand c’est le moment. Nous sommes à 1,5 million de kilos présurés. Notre rythme d’activité est d’être à 1 million de kilos d’assurés au minimum. Si les rendements continuent de baisser, ce que nous n’avons pas en rendement, nous devrons le trouver en surface. Mais, pour l’instant, ce n’est pas le bon moment, avec le Champagne Vranken Pommery qui connait des difficultés et qui est notre premier acheteur. Nous allons attendre que la situation se redresse. » D’ailleurs, un nouveau bâtiment viticole a été construit en vue de la reprise d’exploitation d’un vignoble dont un adhérent de la coopérative part en retraite. La coopérative augmente aussi sa futaie avec 70 fûts et 3 foudres de 45 hl pour vinifier une partie de la production et y apporter de la complexité.
Enfin, en passant de la cave enterrée au toit, la coopérative marque son engagement pour l’environnement avec la rénovation de la toiture en panneaux photovoltaïques. Destinés à l’autoconsommation, ils couvrent 30 à 35 % des besoins du site. « Nos choix architecturaux privilégient les matériaux durables et l’intégration paysagère », selon les recommandations du cabinet Mata Architecture et Racine ingénierie. Deux tonnes de CO₂ sont ainsi économisés par an, soit 6 % de la part d’énergie de la coopérative.
220 000 bouteilles par an
Le Champagne de Barfontarc produit 220 000 bouteilles par an, dont 55 % partent à l’export, notamment au Japon et en Russie. « Cette répartition va changer de sens d’ici la fin de l’année parce que les marchés export se font sur le premier semestre et qu’il y a beaucoup d’anticipation. À la fin de l’année, on revient sur le national. Cela pourrait finir aux alentours de 50/50. » Soutenue par ses adhérents, la coopérative poursuit sa mue vers un outil moderne et vivant pour porter l’ambition collective de qualité et d’excellence. « Ce chantier n’est pas une réponse conjoncturelle mais un acte volontaire de confiance en l’avenir », conclut Olivier Martin.