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Coralie Bertrand, un parcours exemplaire dans l’industrie papetière

Distinction. Directrice de l’entreprise Smurfit-Westrock, à Sault-les-Rethel, qui emploie 51 salariés, Coralie Bertrand vient de recevoir des mains du Préfet des Ardennes les insignes de grade de Chevalier dans l’Ordre national du Mérite.

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Photo de Coralie Bertrand
Coralie Bertrand, directrice de la papeterie Smurfit-Westrock. (Crédits : PR)

Elle est une des rares femmes dirigeantes du monde industriel local. Coralie Bertrand, directrice de l’entreprise Smurfit-Westrock, à Sault-les-Rethel a reçu les insignes de Chevalier de l’Ordre national du Mérite au titre du Ministère de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique. « Nous distinguons une femme qui, par son énergie, son engagement et son exigence a contribué au rayonnement d’une filière industrielle de notre territoire. Ce qui illustre pleinement les valeurs de mérite, de travail et de responsabilité qui fondent notre République », a salué Christian Chassaing, Préfet des Ardennes.

Celle qui avait ambitionné, en 2002, de devenir pilote de chasse lorsqu’elle était étudiante en classe préparatoire Maths-Sup/ Maths-Spé a finalement intégré, « suite à une erreur sur le minitel qui m’a désinscrite », l’École Internationale du papier, de la communication imprimée et des biomatériaux de Grenoble où elle a suivi une formation scientifique et technique spécialisée, lui ayant permis de devenir ingénieure.

À la tête d’une papeterie de 50 salariés

La native de Remiremont (Vosges) a ensuite débuté dans la vie active au sein de la papeterie ArjoWiggins, là où elle avait effectué un stage d’apprentissage de deux ans au siège belge, en tant que responsable de production. Cap ensuite sur Saillat-sur-Vienne, dans le Limousin, où elle a été embauchée comme ingénieur process avant de devenir responsable production d’International Paper. En 2014, elle arrive dans les Ardennes comme responsable production de Smurfit-Kappa, devenu depuis Smurfit-Westrock.

Le site de production implanté à Sault-lès-Rethel – qui a fêté son centenaire en 2014 – fait partie de l’histoire du patrimoine industriel ardennais. Coralie Bertrand y dirige une cinquantaine de salariés qui fabriquent des bobines de papiers pour ondulé à destination des cartonneries d’un groupe considéré comme le leader mondial du papier et des emballages durables et qui compte plus de 100 000 collaborateurs dans plus de 40 pays. L’usine produit des emballages en tout genre à base d’une matière première 100 % recyclée, constituée de balles de papiers divers issus des poubelles des centres de tri, de chutes de cartonnerie ou directement des supermarchés. À titre d’exemple, le site a d’ailleurs participé au recyclage des lits en cartons utilisés dans le cadre des Jeux Olympiques de Paris 2024. Dans une logique d’engagement RSE, Smurfit-Westrock axe aujourd’hui une grande partie de ses investissements vers la réduction des consommations énergétiques de l’usine.

Le représentant de l’État a insisté sur les efforts de la directrice pour renforcer la compétitivité de l’usine du Rethélois, accompagner les transformations technologiques, anticiper les transitions énergétiques et environnementale mais également valoriser la place des femmes au sein du secteur industriel. Très émue et d’une grande humilité, la récipiendaire a confié que cette distinction « reflet d’un travail collectif – car rien ne se fait jamais seul – et d’un engagement de plusieurs années, était aussi l’occasion de regarder le chemin parcouru dans l’industrie papetière, un secteur industriel discret mais essentiel ». Coralie Bertrand en a profité pour saluer les équipes qui l’avaient accompagnée. Avant de rendre hommage à sa famille, son époux et ses trois enfants pour leur soutien constant et essentiel dans ses engagements professionnels, la directrice de Smurfit-Westrock a conclu ainsi son message : « Être aujourd’hui reconnue comme femme exerçant des responsabilités industrielles peut être un encouragement pour d’autres. Il ne faut pas se mettre de barrières. C’est la preuve que la compétence, l’engagement et le leadership n’ont pas de genre et que l’industrie a tout intérêt à s’ouvrir à la diversité ».