Constructys : la formation résiste mais alerte sur les baisses d’effectifs
Travaux Publics. En s’appuyant sur son rapport d’activité 2025,Constructys, appelle les politiques à la vigilance sur l’avenir de la formation dans les secteurs du bâtiment, des travaux publics et du Négoce.
Si l’opérateur de compétences (OPCO) de la Construction constate que l’activité de formation reste à un niveau élevé, avec 437 519 stagiaires formés au cours de l’année (+ de 1 % par rapport à 2024) il fait néanmoins apparaître plusieurs points de vigilance, notamment sur l’alternance et les formations liées à la transition écologique.
La progression du nombre de stagiaires s’explique par une hausse de 3 % des formations réalisées dans le cadre des plans de développement des compétences et par le renforcement de l’accompagnement des TPE, dont le nombre de stagiaires progresse de 2 %.
Mais les résultats restent contrastés selon les branches. Le Bâtiment enregistre ainsi une hausse de 4,2 % de son activité de formation, tandis que les Travaux Publics connaissent un léger recul de 0,3 %. Le Négoce, (qui représente environ 2 % des adhérents de Constructys), affiche pour sa part une baisse de 32 %.
Des CFA déficitaires
C’est du côté de l’apprentissage que Constructys voit son activité baisser sensiblement. « Nous constatons une baisse du nombre de contrats d’apprentissage de l’ordre de 6 % et celui des contrats de professionnalisation de 15 % », souligne le Rémois Christophe Possémé, président de Constructys. Une évolution négative qui intervient alors que le secteur de la Construction doit faire face au vieillissement de ses effectifs et au renouvellement de sa main-d’oeuvre. « Cette baisse s’explique principalement en raison de l’état de l’économie dans le monde de la construction et aussi de l’environnement général français qui est particulièrement difficile dans les travaux publics, le bâtiment et le Négoce ».
Le président alerte notamment sur la chute « dramatique » des entrants sur le niveau 3 (CAP), qui sont le véritable vivier des centres de formation et par la suite des entreprises du bâtiment. « 50 % de nos centres de formation sont déficitaires cette année, ils seront 80 % l’année prochaine ».
Il déplore aussi l’abandon par les pouvoirs publics des contrats de professionnalisation qui répondent pourtant à de vrais besoins sociaux et sociétaux. « Il y a un vrai sujet au niveau des contrats de professionnalisation qui permettent l’insertion et la réorientation de certains publics. Ces contrats sont défavorisés et dévalorisés de manière déloyale par les directives de l’Etat qui détruisent ce modèle. Il faut savoir que si 50 % de nos effectifs viennent de l’apprentissage, les 50 % restant viennent de l’insertion ».
Autre signal à surveiller : la forte baisse des formations consacrées à la transition environnementale et énergétique, en recul de près de 43 % entre 2024 et 2025. Pour autant, les enjeux environnementaux restent présents dans les entreprises. Plus de 80 % des entreprises du BTP déclarent vouloir former leurs salariés pour s’adapter aux évolutions des pratiques et des réglementations.