Colin-Milas crée une nouvelle usine aux Hautes-Rivières
Industrie. C’est le plus important projet industriel qui se prépare actuellement sur le territoire ardennais, après l’implantation de la troisième maroquinerie Hermès à Charleville-Mézières.
Au prix d’un investissement lourd de 2,5 millions d’euros, le groupe Colin Milas (80 salariés, 14 millions d’euros de chiffre d’affaires dont 35 % à l’export) vient d’ériger un bâtiment de 4 000 m² sur le site de l’ancienne friche Wiart-Autier (Hautes-Rivières). Un site emblématique de l’industrie ardennaise et riche en symbole pour le Pdg du groupe. « Cette opération a aussi pour moi un côté sentimental car mon père a travaillé ici toute sa vie en tant que responsable fabrication pour Wiart-Autier », précise Jean-Luc Pigeot.
Cet important projet, baptisé « Manuforge, site de la Gravelle », préparé depuis octobre 2025, a nécessité un gros chantier de préparation afin d’ériger la nouvelle usine scindée en deux ateliers. Le premier sera dédié à la forge, le second à l’usinage, où seront aussi intégrées des activités du groupe liées au ferroviaire et à la Défense. Des activités de tôlerie, de forge et d’outillage-mécanique générale sont déjà installées sur place avant d’entrer en phase de production en mai prochain. « Avant la mise en service globale de cette usine, en juin prochain, nous allons installer un marteau pilon qui sera le deuxième du genre au niveau de la puissance dans les Ardennes mais aussi une batterie de forge, des centre d’usinage et des matériels de tôlerie neufs », contextualise l’investisseur. « Cette nouvelle usine va nous permettre de développer notre croissance et d’offrir notamment à la SNCF de meilleures solutions ».
Créée en 1880, l’entreprise Colin Milas, spécialisée à l’origine dans la fabrication d’anneaux de levage et de manutention a été rachetée en 2013 par Jean-Luc Pigeot. Sous son impulsion, cette vieille dame de 145 ans s’est beaucoup modernisée. Loin de l’image poussiéreuse du forgeron d’antan, le dirigeant a notamment fait l’acquisition de l’une premières lignes de presse robotisée en France. Colin Milas forge ainsi des pièces allant de quelques grammes à 30 kg au travers de séries allant de plusieurs centaines de pièces à plus de 50 000 unités par an. Ce savoir-faire permet à la société d’être reconnue comme un spécialiste dans la fabrication d’accessoires de sécurité à très haute valeur ajoutée pour le levage, la manutention et l’arrimage. Le groupe Colin Milas (qui compte aussi les entreprises Brouet Badre et Fils - rachetée en 2017 et renommée Tecforge, et FECR et Usines du Paquis acquise en 2024) a aussi accentué son expertise dans les produits de sécurité en gagnant des marchés dans le travail en hauteur, le sport, la défense, le transport maritime et l’offshore. Ses anneaux de levage équipent, par exemple, des véhicules militaires devant être hélitreuillés et ses anneaux d’arrimage servent à maintenir de lourdes charges transportées dans les avions. L’entreprise recense aujourd’hui 500 comptes-clients ouverts dont des groupes français et internationaux majors dans le transport et la défense, ce qui lui a permis de faire passer son chiffre d’affaires de 1,5 à 14 millions d’euros en 13 ans. Le fabricant de pièces mécano-soudées et forgées oeuvre aussi dans le secteur automobile, le ferroviaire, l’énergie et la logistique.