Cinq des treize vitraux de la chapelle Palatine dévoilés
Patrimoine. Le Centre des Monuments Nationaux ainsi que la Fondation du Patrimoine ont dévoilé les premiers vitraux de la chapelle Palatine, située à l’intérieur du Palais du Tau.
« Magnifique », « unique », « époustouflant »… Les qualificatifs ne manquaient pas dans la bouche des mécènes* des vitraux de la chapelle Palatine du Palais du Tau venus découvrir, en avant-première, cinq d’entre eux. Treize vitraux, mesurant chacun 8 mètres sur 2 mètres devraient, à terme, être installés d’ici la fin de l’année 2026. Leur conception a été confiée aux artistes Anne et Patrick Poirier, qui, après avoir visité la cathédrale attenante ont été frappés par le travail effectué sur chaque statue, l’édifice rémois en comptant plus de 2 300 ! « Nous avons imaginé des drapés rappelant ceux des statues, et puis, nous avons voulu apporter de la lumière et de la chaleur dans un lieu qui était très sombre, très froid. » Une chaleur qui se retrouve notamment dans la couleur quasi monochrome de chaque vitrail, dont la réalisation a été confiée aux artisans des ateliers Duchemin et Simon-Marq. Le projet en lui-même a été engagé il y a quatre ans, par le Centre des Monuments Nationaux (CMN).
1,3 M€ récoltés
Devant l’ampleur de la restauration, la Fondation du Patrimoine est intervenue, en 2024, avec la proposition de trouver un mécène par vitrail, ce dernier voyant son nom gravé dans le verre à jamais. Montant du ticket : 100 000 €. Le succès a été au rendez-vous avec 1,3 million d’euros récoltés et des entreprises emblématiques du territoire investies et enthousiastes. À l’heure d’un monde où l’obsolescence programmée est devenue la règle, c’est à contre-courant que ces dernières sont venues inscrire leur nom dans la postérité, renouant ainsi avec une tradition ancestrale. « Je voudrais rappeler que du haut de cette cathédrale, 33 Rois de France nous contemplent ici – et plus particulièrement Saint Louis, dont nous commémorons cette année les 800 ans du sacre. Nous vivons aujourd’hui un moment historique. Nous sommes véritablement dans l’histoire de Reims », insiste Pierre Possémé, Président de la Délégation Champagne-Ardenne de la Fondation du Patrimoine. « Nous sommes habitués au mécénat, mais là, nous étions face à un projet qui aurait pu nous dépasser. Or, en une année, le projet a été bouclé, avec l’intégralité des vitraux financés de cette manière. »
Le mécénat s’inscrit aujourd’hui comme un élément essentiel de la préservation du patrimoine. « Il permet aux acteurs privés de contribuer concrètement à sa sauvegarde et, quelque part, de se l’approprier », souligne le co-fondateur du Bâtiment Associé. « Lorsqu’on participe financièrement, on a le sentiment que ce patrimoine nous appartient. Une étude de la Fondation montre qu’un euro donné au patrimoine génère 21 euros de retombées économiques. Imaginez ce que représente un million d’euros mobilisé pour un site comme celui-ci ! Ce sont des retombées pour l’hôtellerie, la restauration, les entreprises du bâtiment, les métiers d’excellence, les maîtres verriers, les artistes. Le patrimoine permet l’expression artistique et fait vivre tout un écosystème. »
Répondant aux régulières remises en question de la défiscalisation (60 % du montant du don pour la fraction inférieure ou égale à 2 M€ ; 40 % pour la part du don supérieure à 2 M€), Pierre Possémé ajoute : « L’État récupère largement ces montants par les emplois créés, les cotisations sociales, la TVA et les résultats des entreprises. C’est un système gagnant-gagnant. »
* Les mécènes des treize vitraux : Famille Mulliez ; Fondation du Patrimoine ; Famille Pingat ; le Club des Mécènes de la Marne ; la Maison Pol Roger ; l’Ordre des Coteaux de Champagne ; la Fédération Française du Bâtiment ; l’Entreprise Gayet ; la Fondation Caisse d’Epargne Grand Est Europe ; le Bâtiment associé ; Philanthropic ArsNova ; l’Hôtel de la Paix.