Chaplain, transporteur d’une résilience en béton
Transport. Face à un contexte difficile, l’entreprise familiale d’extraction de carrière, de ses produits dérivés et de transport reste sereine et s’adapte.
Face aux crises, la famille Chaplain reste optimiste. La société éponyme exploite deux carrières d’alluvionnaires pour faire du béton et une carrière de roche massive pour faire du concassé. Plus de 520 000 tonnes ont été extraites des sites de Nuisement, Brienne-la-Vieille et Lesmont cette année. De l’entreprise générale au particulier, Chaplain sert tout le monde. « Nous n’avons pas de petits clients », constate Philippe Chaplain, cogérant de la holding Chaplain.
Le béton et la vente de cailloux décoratifs pour les paysagistes sont accessibles sur les trois sites de production et sur le site de Sainte-Maure. Chaplain produit du béton et fabrique des blocs et des puisards. La famille possède également une filiale transport. Elle ne se laisse pas impressionner par l’actualité, elle fait avec. Avec une gestion prudentielle certes, mais toujours en allant de l’avant. Une posture qui permet de plier sans rompre. « Quand il y a eu la crise des subprimes, nous étions passés de 85 000 mètres de poutrelles à 15 000 mètres. Alors, nous avons commencé à fabriquer des blocs de béton préfabriqués. On évolue et on s’adapte. » Et, aujourd’hui, les blocs de béton sont le moteur de l’activité béton.
Le transport impacté
Pour la partie transport, Chaplain dispose de 37 chauffeurs et de 50 camions, dont des bennes pour les travaux publics, le cœur d’activité, mais également des malaxeurs pour le béton, des bennes céréalières, des portes engins. Au lancement de la filiale en 2006, Chaplain SA constituait 75 % du chiffre d’affaires de la filiale transport, aujourd’hui, elle représente uniquement 15 à 20 %. Preuve s’il en fallait du bien-fondé du développement et de la diversification de l’activité confortée par l’acquisition de nouveaux clients.
Pour passer le cap, le groupe a décidé de réduire ses effectifs sur le transport, passant de 49 à 37 employés juste en ne remplaçant pas les départs en retraite et les départs volontaires. « Il y a trois ans, sur certaines tournées, nous n’étions plus rentables, nous avons donc décidé de les arrêter, ce qui nous a permis de retrouver de la marge en 2025 même avec un repli du chiffre d’affaires. » Si l’entreprise envisage de mettre quelques camions sur cale en attendant un retour à la normale face au ralentissement général, elle se pose aussi la question d’investir pour l’avenir. « L’objectif, c’est le maintien et l’évolution des moyens de production. »
Pour le transport, la hausse des carburants fait réfléchir. « Nous envisageons d’investir dans un camion électrique », explique Philippe Chaplain.
Côté exploitation de carrière, celle de Brienne-la-Vieille devrait s’arrêter d’ici un an et demi. « Nous allons la remettre en état et travailler sur un nouveau site. » L’exploitation d’un site dure dix ans et l’instruction du dossier cinq ans. Ainsi, tous les quatre ans, il faut détecter de nouvelles opportunités pour être opérationnel et assurer une continuité d’activité.
Chaplain SA dégage 15 millions d’euros de chiffres d’affaires et le transport 5,7 millions d’euros. Des chiffres un peu en recul sur les deux segments impactés par une baisse d’activité avec des projets de construction au ralenti. « Nous naviguons à vue, c’est pour cela que les investissements ont baissé, mais nous restons sereins et pratiquons une gestion précautionneuse. Notre objectif est de faire un produit conforme et de satisfaire les clients. Il faut les écouter, c’est important. »
En attendant, après les fils et les petits-fils du fondateur, ce sont les nouvelles générations qui rejoignent l’entreprise familiale. Pour que l’histoire continue.