CAPEB et CNATP de l’Aube : « il est urgent d’agir »
Bâtiment. Les confédérations réclament des mesures pour préserver le secteur fortement impacté par les crises à répétition.
La capacité de résilience des entreprises a atteint ses limites. Face à la guerre au Moyen-Orient et ses répercussions sur le prix des carburants et de l’énergie, la CAPEBet la CNATP de l’Aube ont déclenché un conseil de crise le 13 avril dernier après avoir été reçues en préfecture. Les confédérations réclament des mesures pour sauvegarder le secteur et stopper l’hémorragie des 15 000 entreprises disparues en deux ans, emportant avec elles 30 000 emplois. Les entreprises du bâtiment, des Travaux Publics et des métiers du Paysage demandent notamment l’abaissement temporaire et sans report des cotisations sociales payées sur la rémunération de leurs travailleurs non-salariés. Elles réclament un crédit d’impôt pour les entreprises soumises à l’impôt sur le revenu et leurs salariés, une prime carburant exonérée de cotisations sociales de 300 € et sans condition d’accès et le retour à une TVA à taux réduit à 5,5 % au lieu des 10 % actuels pour tous les travaux de rénovation et la réduction des délais de paiement de la loi LME. Il s’agit pour la CAPEB et la CNATP de redonner de l’air aux entreprises pour améliorer leur compétitivité. L’objectif étant de relancer l’activité pour sauvegarder 10 000 emplois et générer 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
La crise de trop
Après la hausse de 30 % du prix des matériaux enclenchée par la guerre en Ukraine et sans retour à la normale depuis et les crises qui se succèdent depuis quelques années, le secteur du BTP subit de plein fouet l’explosion des prix des carburants et de l’énergie, accentuée par des conditions climatiques défavorables et une période électorale qui ralentit les marchés publics. C’est la crise de trop. Concrètement, remplir une cuve de 5 000 litres de carburant génère un surcoût de 3 000 €. Une heure de travail avec une pelle de 20 tonnes demande 12 euros de plus par heure d’utilisation, soit 13 300 euros supplémentaires par an. Une entreprise de chauffage de 10 salariés constate une augmentation de 700 euros de ses frais de carburant sur un mois. Les conflits accentuent les coûts d’exploitation des entreprises et difficultés accumulées au fil des années et des crises successives subies par les acteurs du bâtiment et de l’aménagement paysager. L’impossibilité de répercuter les hausses matériaux sur les chantiers engagés et l’incertitude des approvisionnements ajoutent aux difficultés qui se traduisent par des chantiers réalisés parfois à perte.
En deux ans, 15 000 entreprises du BTP ont ainsi disparu, détruisant 30 000 emplois. Il s’agit donc pour les confédérations d’agir rapidement pour protéger les TPE et les artisans les plus exposés, à la trésorerie fragilisée. Les propositions d’urgence travaillées par la CAPEB et la CNAPT de l’Aube ont été transmises au niveau national dans le cadre de la commission nationale des affaires générales et syndicales (CNAGS) et les instances auboises demandent une nouvelle audience à la préfecture de l’Aube.