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Bag in Box, un succès grandissant et des enjeux majeurs

Emballage. Le site sparnacien du groupe Smurfit Westrock (220 salariés permanents), qui fêtera ses 50 ans en 2027, assure la plus importante production de « Bag in Box » d’Europe.

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Photo de Smurfit Westrock
Bag in Box est le leader européen et le numéro 2 mondial sur son marché. (Crédits : BB)

Chaque année, 230 millions de Bag in Box sortent du site d’Epernay de Smurfit Westrock, soit l’équivalent de 1,1 million de poches par jour. Le Bag in Box, c’est cette poche flexible, de 1 à 20 litres, insérée dans une boîte en carton. La boîte fournit à la fois une protection du sac et facilite le transport et le stockage de l’objet. Quant à la poche, elle est équipée d’un robinet ou d’un bec verseur, inséré dans une découpe et permettant de verser le liquide qu’elle contient sans avoir à retirer le sac de la boîte. Voilà pour les présentations, toujours nécessaires en préambule même si de plus de consommateurs sont habitués à utiliser ces Bag in Box. Bien identifiés pour la consommation de vin rosé l’été, ils peuvent toutefois contenir de nombreux autres liquides, du vin, à l’huile d’olive en passant par des jus de fruits ou les produits laitiers par exemple. « Dans la partie alimentaire, la première utilisation du Bag in Box est le vin, qui représente 65% du marché », souligne Marc Le Dreff, directeur commercial en charge de l’Europe du Nord et de l’Est. « Les ventes les plus importantes sont faites en France et en Scandinavie, où il existe une vraie culture du Bag in Box. Nous travaillons aussi beaucoup avec l’Allemagne avec des importateurs de vin ».

Deuxième marché du BiB, le lait. « Cela représente environ 10% de notre activité, notamment pour le conditionnement des crèmes glacées vendues dans les fast food », poursuit le directeur commercial. Juste derrière les jus de fruits destinés aux machines de distribution, « un marché en plein développement », vient le quatrième segment du marché, moins connu du grand public : les œufs liquides. « C’est un procédé très utilisé par l’hôtellerie et les cuisines centrales », précise Marc Le Dreff. « Le marché du conditionnement de l’eau en Bag in Box monte aussi en puissance, cela apporte une offre complémentaire aux packagings habituels en particulier pour le grand public dans la grande distribution », note le directeur commercial qui propose d’autres applications en pleine croissance telles que les solutions de post-mix (sirops), d’alcools (cocktails prêts à l’emploi, whisky, rhum...) et les huiles et autres ingrédients alimentaires. Autant de solutions dans le secteur alimentaire qui trouvent leur public grâce à des avantages indéniables en matières d’hygiène et de conditionnement notamment.

Le post-mix en pole

Photo de Marc Le Dreff et Rémy Kremer
Marc Le Dreff, directeur commercial en charge de l’Europe du Nord et de l’Est et Rémy Kremer, Better Planet Packaging Manager. (Crédits : BB)

« Au niveau du vin par exemple, malgré la baisse de la consommation globale, le marché du Bag in Box reste porteur puisqu’il se maintient à 43% des volumes de vin consommés en France ». Un succès qui s’explique par la qualité des poches de conditionnement et aussi par l’existence du petit robinet en plastique - nom de code Vitop chez Smurfit Westrock - qui permet de se servir tout en garantissant la conservation de la qualité du contenu. « Le vin peut-être conservé pendant 8 semaines sans entrée d’oxygène donc sans oxydation du produit. Les œnologues et les industriels ont bien compris l’intérêt et les avantages de ce système et nos clients, qui sont des coopératives et des grands producteurs de vin, ont progressivement amélioré la qualité des vins conditionnés en Bag in Box », insiste le directeur commercial qui propose d’ailleurs, au-delà des consommables, toute une gamme de machines de remplissage vendues à travers le monde, allant de 20 000 euros à 1,7 million d’euros pour une installation complète selon les usages et les cadences désirées. « Mais le premier marché du Bag in Box dans le monde reste ce que l’on appelle le post mix », précise Marc Le Dreff. Il s’agit en effet d’un concentré produit par les leaders du marché des boissons à base de cola, qui est conditionné puis ajouté à de l’eau et du CO2 pour reconstituer la fameuse boisson dans tous les fast food du monde. Dans le non-alimentaire, la solution de conditionnement est fréquemment utilisée pour des produits agrochimiques, des huiles moteurs mais aussi de la peinture ou des soins du corps.

On trouve ainsi, dans certains magasins, des distributeurs de produits d’hygiène et de produits ménagers à destination des clients qui viennent recharger leurs bouteilles dans une optique de limitation des emballages individuels à usage unique. « Pour chaque application, qu’elle soit alimentaire ou non-alimentaire, nous adaptons la composition des films et nous définissons le mode de soutirage en fonction aussi de la viscosité du contenu. Le marché du vrac est en croissance, pour apporter du confort au consommateur et de la qualité tout en respectant la réglementation ».

Les enjeux du PPWR

(Crédits : BB)

Une réglementation qui évolue d’ailleurs à grande vitesse, avec l’arrivée de la PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation), un règlement européen sur les emballages et les déchets d’emballages qui va s’imposer à tous les producteurs d’emballage et qui concernera donc le groupe Smurfit Westrock, comme l’explique Rémy Kremer, Better Planet Packaging Manager du groupe : « Aujourd’hui un Européen génère 188,7 kg de déchets par an (+10 kg en un an et + 32 kg en 10 ans), un déchet sur deux provient des emballages et 40 % des plastiques utilisés dans l’Union européenne sont des emballages. Le but de l’Union européenne, quand elle a généré le PPWR, c’est de les réduire, qu’ils soient tous recyclables et recyclés d’ici 2030 et d’incorporer du plastique recyclé ou des matériaux recyclés dans leur composition. »
Les producteurs d’emballages devront donc plus que jamais utiliser le bon matériau dans les bonnes quantités et pour la meilleure utilisation possible. Et si le carton s’avère extrêmement vertueux avec un taux de recyclage à 89%, la question des autres matériaux utilisés pour la fabrication du Bag in Box reste un sujet tout comme la capacité du consommateur à le faire recycler. « Le Bag in Box doit répondre à plusieurs enjeux : celui du coût de l’inefficacité logistique, quand 25% des camions roulent à vide : au défi de la décarbonation et à l’efficacité logistique globale ».

Des défis auxquels se sont attaquées les équipes de R&D de l’entreprise pour proposer régulièrement des nouveautés répondant à la fois aux attentes des consommateurs et à celles de la réglementation, notamment avec des outres Pouch Up, souples et nomades (voir photo ci-dessus) destinées aux jeunes générations ou le système Easysplit, qui permet de séparer facilement la poche de l’emballage carton pour améliorer son recyclage.