Entreprises

Apprentis et employeurs connectés dans un territoire où la mobilité reste le premier frein

Formation. Créée il y a trois ans au sein du lycée La Providence à Laon, l’unité de formation par apprentissage (UFA) du CFA Jean Bosco forme des jeunes dans le sport et le commerce.

Lecture 4 min
(Crédits : Shutterstock)

Pour répondre à la difficulté de trouver une entreprise, le CFA a fait le choix de mobiliser une équipe d’experts dédiée à la mise en relation entre candidats et employeurs. Soutenue par le dispositif « Nouvelles chances en Hauts-de-France », cofinancé par la Région, cette cellule connecte apprentis et employeurs dans un territoire où la mobilité reste le premier frein.

L’UFA La Providence est encore une petite structure, mais elle incarne une dynamique que le CFA Jean Bosco, réseau régional de l’enseignement catholique, entend amplifier dans l’Aisne. Deux formations y sont dispensées en alternance : un BTS Management commercial opérationnel (MCO) et un certificat de spécialisation dans l’encadrement sportif — l’ancien AG2S, qui deviendra E2S-MAPS à la rentrée prochaine. Les débouchés couvrent un spectre large, des structures commerciales pour les premiers, et clubs sportifs, collectivités, écoles et même établissements pour personnes âgées pour les seconds. « Un jeune s’est spécialisé dans l’animation sportive auprès de personnes en situation de handicap », illustre Sylvain Anuset, chef d’établissement. À l’échelle régionale, le CFA Jean Bosco accompagne plus de 5 500 apprentis par an à travers 58 UFA et 200 formations du CAP au bac+5 dans 16 secteurs d’activité — contre 2 700 jeunes en 2019.

La mobilité, frein numéro un dans l’Aisne

Dans le département, le principal obstacle n’est pas tant le manque d’offres que la capacité des jeunes à se déplacer pour rencontrer un employeur. « Ils peuvent avoir le permis, ils ont du mal à faire trois quarts d’heure de route pour aller rencontrer une entreprise », constate Sylvain Anuset. Pour lever ce frein, le CFA Jean Bosco a structuré une cellule développement de six experts, mise en place grâce au dispositif « Nouvelles chances en Hauts-de-France » cofinancé par la Région. Katia Saus, experte apprentissage dédiée au secteur, décrit un accompagnement sur mesure : ateliers de technique de recherche d’entreprise, CV vidéo, simulations d’entretien, travail sur le savoir-être et périodes de mise en situation en milieu professionnel (PMSMP) pour tester le métier avant la signature du contrat.

Faire confiance aux jeunes, oser l’apprentissage

Le modèle du CFA Jean Bosco repose sur le parti pris selon lequel chaque expert gère l’intégralité de la relation, du besoin de l’entreprise à l’identification du candidat, plutôt que de séparer démarchage et recrutement. « L’objectif n’est pas de remplir des classes, mais de placer le bon apprenti dans la bonne entreprise », résume Katia Saus. À Laon, les premiers résultats sont visibles. Lors d’une récente réunion d’information, une apprentie de la première promotion est venue témoigner devant les futurs candidats. « Je n’avais clairement pas l’impression de retrouver l’élève que j’avais l’année précédente en terminale ! », reconnaît Sylvain Anuset, frappé par la maturité acquise en un an au contact du monde professionnel. Le message aux dirigeants axonais est direct : « faites confiance aux jeunes, laissez-leur une chance », lance Katia Saus, qui rappelle que les aides à l’apprentissage ont été confirmées par le récent décret, y compris pour les formations supérieures.