Alterskin, alternative au cuir et au plastique
Start-up. Créée en 2020, la start-up Alterskin - biorésine à mémoire de forme issue du végétal, 100 % biosourcée et 100 % recyclable - était initialement positionnée sur le marché des alternatives au cuir pour les secteurs de la mode et du luxe.
Créée en 2020, la start-up Alterskin- biorésine à mémoire de forme issue du végétal, 100 % biosourcée et 100 % recyclable - était initialement positionnée sur le marché des alternatives au cuir pour les secteurs de la mode et du luxe. Mais l’entreprise a revu son positionnement au fil du temps et développe aujourd’hui des matériaux biosourcés destinés à remplacer certains plastiques industriels. « Le marché nous a amenés à pivoter. Un produit se développe toujours par son marché », explique Pauline Weinmann, la fondatrice. « Nous avons compris que le potentiel du remplacement du plastique était sans commune mesure avec celui des alternatives au cuir. »
Cette réorientation s’appuie sur une technologie dont elle est propriétaire baptisée « Skin », développée en partenariat avec des laboratoires de recherche.
La société travaille désormais sur trois déclinaisons de sa matière biosourcée : « La première activité commerciale concerne Alter Skin Rolls, un textile enduit destiné notamment aux secteurs de la maroquinerie, du luxe et de la sellerie automobile. En parallèle, l’entreprise prépare le lancement industriel de granulés capables de remplacer certains plastiques comme le PVC ou le polyuréthane dans de nombreuses applications industrielles », précise Pauline Weinmann. « La troisième brique technologique, encore en développement, vise le marché du revêtement de surface. Cette version liquide permettrait d’appliquer le matériau par pulvérisation afin d’apporter des propriétés de résistance ou d’imperméabilité à différents supports. » Après une première levée de fonds réussie en 2023, d’un million d’euros, « associant du financement par des Business Angels (60 000 € investis par 7 BA), des subventions et de la dette », la fondatrice cherche à effectuer une deuxième levée de fonds de 2 millions d’euros pour développer les nouvelles innovations mais également, implanter un outil industriel à Reims. « Au sein du Centre Européen de Biotechnologie et de Bioéconomie (CEBB) de Pomacle, j’ai trouvé un laboratoire exceptionnel mais aussi un écosystème de soutien à l’innovation (Quest for Change, Bpifrance, Région Grand Est) très structuré. » Pour les investisseurs, la capacité de l’entreprise à adapter sa stratégie constitue l’un de ses principaux atouts. « Ce qui est remarquable, c’est sa faculté à pivoter », souligne Sylvain Bertrand qui a accompagné la jeune femme dès le début et siège aujourd’hui au Comité stratégique.
La prochaine étape consiste donc à internaliser une partie de son savoir-faire en implantant un outil industriel dans l’agglomération rémoise. « L’innovation est née ici, la R&D est ici et mon réseau est ici. Il est logique que l’entreprise poursuive son développement à Reims », insiste Pauline Weinmann.