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À Reims, Group Digital défend son modèle coopératif

Commerce. Group Digital, implanté durant 40 ans à Laon, dans l’Aisne, déménage à Reims. L’objectif ? Apporter un nouvel élan à cette coopérative au service du commerce indépendant de proximité et spécialisé dans l’électroménager et l’équipement de la maison.

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Photo magasins Group Digital
Les magasins Group Digital s’habillent de modernité pour obéir à un concept ancré dans son époque et répondant aux attentes des clients. (Crédits : DR)

À l’heure où la consommation s’opère de plus en plus sur les plateformes en ligne, Group Digital, coopérative au service du commerce spécialisé dans les métiers de « l’électro-domestique », prend le contre-pied de cette tendance, en assumant sa présence physique dans les centres de villes moyennes, grâce à un solide réseau de boutiques indépendantes. Une stratégie payante puisque la coopérative vient de devenir propriétaire de locaux flambant neufs à Reims – après 40 ans passés à Laon – et affiche un confortable chiffre d’affaires de 450 millions d’euros en 2026.

Photo de Katia Euzen
Katia Euzen, Directrice générale (Crédits : DR)

« Group Digital est une coopérative qui rassemble des commerçants indépendants de proximité spécialisés dans les produits d’équipement du foyer. Cela recouvre l’image, le son, le multimédia, l’électroménager, qu’il soit gros ou petit, et, depuis maintenant environ cinq ans, la literie et le petit meuble », détaille Katia Euzen, Directrice générale (photo ci-contre). « Nous travaillons délibérément avec de grandes marques. Nous n’opérons pas avec des marques de distributeur et nous ne fabriquons pas de produits en nom propre. »

La coopérative fonctionne sur un modèle que l’on peut comparer à celui des coopératives agricoles ou viticoles, « un modèle qui revient aujourd’hui à la mode dans le commerce de proximité, alors qu’il était déjà largement plébiscité il y a 40 ans. » Les adhérents, des chefs d’entreprise indépendants, rejoignent ainsi la structure dans le but d’avoir accès à toute une palette de services destinés à renforcer leur position et leurs conditions d’achat, mais aussi de bénéficier d’outils juridiques, informatiques, commerciaux et marketing.

« La première motivation d’un commerçant indépendant qui nous rejoint est de pouvoir bénéficier d’accords commerciaux bien meilleurs que ceux qu’il pourrait obtenir seul », soutient ainsi Katia Euzen. « Nous mettons par exemple en oeuvre une contractualisation avec de grandes marques, en construisant des accords-cadres annuels, en définissant les tarifications d’achat, les gammes, les référencements ou encore les agencements de linéaires. » Des outils précieux mis à la disposition de l’ensemble des adhérents.

106 adhérents, 130 boutiques

Aujourd’hui, la coopérative compte 106 adhérents pour un réseau de 130 boutiques. Pour ceux qui ont connu l’emblématique magasin la Clé de Sol à Reims, rue de l’Étape, c’est « typiquement ce genre de boutiques qui composent Group Digital ». « La taille des entreprises est extrêmement variable. La plus petite peut réaliser quelques centaines de milliers d’euros de chiffre d’affaires, tandis que nos plus gros adhérents réalisent plusieurs dizaines de millions d’euros d’achats, avec des chiffres d’affaires pouvant atteindre 60 ou 70 millions d’euros. »

Crédits : DR
Crédits : DR

Des profils très variés donc, qui permettent d’avoir une hétérogénéité de modèles commerciaux au sein d’un modèle où « un homme, une voix » avec, néanmoins, des besoins différents selon la taille de l’entreprise. « Notre objectif est d’additionner toutes ces forces individuelles afin de peser beaucoup plus lourd collectivement auprès de nos fournisseurs et des fabricants », appuie la Directrice générale qui est aussi Présidente de la Confédération nationale de l’équipement du foyer (CNEF) représentant 70 enseignes, 7 500 magasins et 133 000 salariés.

Les boutiques de Group Digital sont essentiellement présentes dans les centres-villes, même si certaines ont déménagé dans des zones commerciales. En tous cas, la plupart sont propriétaires de leurs murs, dans la mesure où ces commerces ont souvent fait l’objet de transmissions. « C’est un parti pris : rester au coeur des villes et continuer à servir une clientèle qui dispose de moins en moins de commerces. » Une clientèle disposant d’un pouvoir d’achat relativement confortable, et attentive à un suivi et un service client de qualité.

Pour autant, la coopérative s’ancre aussi dans la modernité en développant une stratégie digitale et une forte présence numérique. « Il faut vivre avec son temps et faire évoluer notre commerce. Nous devons développer le e-commerce, mais aussi intégrer l’intelligence artificielle, qui prend sa place aussi bien dans nos outils que dans nos boutiques », insiste Katia Euzen qui fait savoir que Group Digital comprend aussi, parmi ses adhérents, le géant LDLC.com, société cotée en Bourse et spécialisée dans l’univers du gaming et de l’équipement informatique, ainsi que Son-Vidéo.com.

C’est pourquoi la coopérative réfléchit aussi parallèlement à de nouveaux concepts. « Début 2026, nous avons ouvert notre premier magasin “flagship”, selon notre nouveau concept. Cela correspond à une réflexion globale sur le parcours client, avec de nouvelles attentes en matière de click & collect, de prise en charge expérientielle, de réassurance sur les services et l’après-vente, mais aussi autour de la réparabilité et de la seconde vie des produits. »

Des accords européens et mondiaux

Bénéficiant d’une importante fidélité de ses adhérents, la coopérative cherche néanmoins toujours à en gagner de nouveaux et donc à augmenter le nombre de ses points de vente. « Je suis persuadée que notre modèle est aujourd’hui le plus profitable pour quelqu’un qui possède un magasin dans les domaines de la télévision, de la vidéo ou de l’électroménager. J’en ai la preuve économique », assure Katia Euzen qui s’appuie non seulement sur son expérience de plus de 32 ans dans son domaine mais aussi sur son implication au sein du groupe Expert International (plus grand groupement européen et mondial de commerçants indépendants spécialisés dans l’électronique grand public et l’électroménager) auquel est affiliée la coopérative.

« Cette structure recherche des accords commerciaux à l’échelle européenne. Si, par exemple, nous contractualisons des accords commerciaux nationaux avec Samsung, Expert International va chercher auprès de Samsung Europe des accords complémentaires. Sur les 21 pays concernés, il n’y a qu’un membre par pays. En France, nous sommes les seuls membres d’Expert International. »

Un atout considérable devant la puissance économique des fournisseurs avec lesquels travaille la coopérative. « C’est un relais très important pour être au plus près des centres de décision mondiaux. Si nous travaillions uniquement avec des fournisseurs locaux, la question ne se poserait pas. Mais dans notre métier, la quasi-totalité des entreprises avec lesquelles nous sommes en lien sont de très grandes multinationales », précise Katia Euzen pour qui ce modèle « préserve la liberté d’entreprendre, et où la confiance, la proximité et la solidarité donnent toute sa force au collectif ». Des mots que l’on retrouve sur le fronton de la porte d’entrée du siège et qui donnent le ton de la philosophie portée par la coopérative sitôt le seuil franchi.