A.M.P.I : une décennie et un changement d’échelle
Industrie. Le groupe A.M.P.I (Agence de Maintenance et Prestation Industrielle), s’il se fait discret, connaît pour autant une forte croissance. Créé en 2016, le groupe possède aujourd’hui des clients dans toute la France, signe avec des géants de la Défense et du nucléaire et, pour parfaire son développement, double sa surface et cherche à recruter pas moins de 40 personnes.
C’est une entreprise qui a commencé dans le domicile même de son créateur, David Dufour, et qui compte aujourd’hui un portefeuille de plus de 600 clients dans tout l’Hexagone ! En moins de 10 ans,A.M.P.I a connu une croissance que beaucoup lui envieraient. Mais ce succès ne s’est pas fait en un jour, il a été le fruit d’une stratégie bien pensée, en observant le paysage industriel que les dirigeants connaissaient bien. « J’ai commencé comme responsable en maintenance industrielle notamment pour les Ateliers Roche puis, en 2016, j’ai décidé de créer mon entreprise », explique David Dufour. Armé de sa motivation et d’une vision structurée, il démarche alors les entreprises pour proposer ses services.
Six mois plus tard, il lance sa SAS. « N’importe quelle machine a un besoin à la fois de maintenance préventive, curative et améliorative. Ce sont nos trois essentiels », rebondit son épouse Catherine Rachedi, associée depuis 2022 et auparavant DSI chez Arcelor Mittal.
Au départ, l’entreprise travaille surtout avec des groupes spécialisés dans l’agroalimentaire, notamment en Bretagne, puis, petit à petit, son carnet de commandes s’étoffe et se garnit de clients de secteurs très variés. « Nous avons commencé avec des acteurs locaux comme Vandemoortele mais aussi assez rapidement avec des groupes comme Intermarché et Carrefour. » En 2019, A.M.P.I investit dans des locaux à Muizon, sur une surface de 2 000 m2 de bâtiments et d’une emprise de terrain de plus de 10 000 m2. « Cette structuration nous permet de grandir, d’embaucher de nouveaux collaborateurs, d’étoffer notre parc machines et de véhicules », détaille le dirigeant. Car la particularité de l’entreprise est de mettre à la disposition de ses salariés, qui sont embauchés aux quatre coins de France, des véhicules entièrement équipés pour leurs missions chez les clients. Pas d’agence en régions donc, mais un maillage du territoire grâce aux collaborateurs formés à Muizon et qui retournent ensuite dans leur secteur d’intervention.
Du service à la production
En 2020, le couple crée une holding dans l’optique d’acquérir une entreprise qui fabrique des vérins hydrauliques et pneumatiques. « Nous avons racheté Airwork Industries en 2021, à Sillery, aujourd’hui renommée RMatik. Au départ, l’entreprise était plutôt spécialisée dans la distribution. Nous, nous l’avons orientée et développée vers la fabrication. »
En pleine période de covid, ils tirent leur épingle du jeu, car là où leurs concurrents potentiels arrêtent le service et la fabrication, eux, se remettent au travail au bout de quatre jours et mobilisent leurs équipes. « L’agroalimentaire ne s’est jamais arrêté. Au contraire, il faisait partie des rares secteurs où les outils de production tournaient encore », se remémore Catherine Rachedi. Boulangerie, meunerie, laiterie ou encore usine de transformation deviennent des partenaires fidèles. C’est pourquoi, entre 2020 et 2021, A.M.P.I passe de 3,4 à 5,3 millions d’euros de chiffre d’affaires.
Et pour encore mieux accompagner ses clients, le groupe enrichit ses références de pièces grâce à la fabrication sur-mesure avec la création d’un bureau d’étude qui passe d’un alternant à quatre salariés. « Le vérin c’est vraiment la petite pièce cachée que l’on retrouve partout. Du repose-pied d’un canapé au mécanisme d’une grue. C’est donc cette approche qui fait la différence : offrir au client un interlocuteur unique. L’objectif est véritablement de travailler dans une logique de partenariat, avec surtout un maître-mot : la réactivité. Lorsqu’une machine s’arrête et qu’il faut usiner rapidement une pièce, nous sommes en mesure de le faire directement. Nous ne sommes donc pas dépendants d’un sous-traitant extérieur à la région. » L’entreprise étoffe ainsi ses recrutements avec des profils de tourneurs-fraiseurs et de monteurs.
Mais en 2024, elle arrive à « un effet plateau ». David Dufour réfléchit alors à un nouveau développement. « Il fallait encore se diversifier si l’on voulait augmenter nos services et conquérir de nouveaux marchés. Ce qu’il manquait à ce moment-là était de faire de la production de pièces mécano-soudées », indique la Directrice générale. 400 000 euros sont mis sur la table pour investir dans un nouveau parc machines, notamment de découpe-laser, de presse et de plieuse. Et là où des entreprises de maintenance industrielle ferment car elles ne s’adressent qu’à un seul secteur – souvent, dans la région, celui de l’automobile – A.M.P.I conquiert tout le reste. « Dans le secteur de l’agroalimentaire, d’entreprise de Rang 2, on devient entreprise de Rang 1 en se faisant référencer sur plusieurs produits, dont les étals de poissonnier, réalisés en inox, pour ne pas rouiller. Notre démarche c’est de dire : on sait faire du français, de la qualité, on sait faire l’entretien et tout cela avec rapidité à un prix correct. » Les secteurs de l’industrie lourde lui font alors confiance, et de grands noms s’ajoutent à son carnet de clientèle tels qu’Orano, Siemens, Thalès, ou encore Safran.
La croissance externe voulue par l’entreprise la pousse à racheter, en 2025, la société Inter Industries qui était en redressement judiciaire. Nouveau bâtiment, nouveaux métiers (serrurier-métallier, chaudronnier, tuyauteur-soudeur) surface et outils de production supplémentaires, A.M.P.I poursuit sa croissance en modernisant les process et toute l’interface de travail. En une année, le chiffre d’affaires d’Inter Industries est déjà doublé. « Avec cette troisième entité, on termine la boucle de nos services : A.M.P.I pour la prestation, Rmatik pour les vérins et l’usinage et Inter Industries pour la fabrication de pièces sur-mesure. »
65 recrutements depuis le début de l’année... 40 encore en prévision
Aujourd’hui, ce qui bloque le groupe dans sa progression c’est le recrutement de nouveaux talents. « Depuis le début de l’année nous avons recrutés 65 personnes. Il nous en manque encore 40 », révèle David Dufour. Un besoin rendu nécessaire par le décrochage d’un très gros contrat pour un géant du secteur de la Défense. Pour honorer ce partenariat dans les meilleures conditions, le groupe n’a pas hésité à faire un nouvel investissement de 700 000 euros. « Aujourd’hui, nous sommes en train de récolter les fruits de la synergie des trois entités. Nous avons plus de 600 clients et 60 % d’entre-eux nous sont fidèles », se félicite Catherine Rachedi. « Nous avons commencé à mettre un pied dans le secteur de la Défense il y a deux ans avec Orano, puis nous avons été approchés par d’autres gros faiseurs. C’est pourquoi nous avons mis cette somme sur la table pour des machines de production d’usinage adaptées. » Secteur exigeant, la Défense demande aussi de nombreuses certifications que le groupe prépare comme l’ISO 9001 ou la 19443 qui concerne la sûreté nucléaire. « Pour nous, c’est du positif parce que cela continue de nous structurer. » De ses débuts spécialisés dans la maintenance industrielle, A.M.P.I. propose désormais une offre plus complète afin de répondre à l’ensemble des besoins de ses clients. Ses activités couvrent la maintenance industrielle, l’installation de systèmes de stockage automatisés, la chaudronnerie, la tuyauterie industrielle, la fabrication d’ouvrages en inox sur mesure ainsi que les interventions techniques sur l’ensemble du territoire national. En 2026, l’entreprise va boucler son chiffre d’affaires à 15,8 millions et compte agrandir sa surface de production pour pouvoir absorber le futur volume de commandes et ainsi atteindre, à horizon 2030, 20 millions d’euros de CA.