À Bazancourt, Alain Bourdaire promeut le repowering solaire
Énergie. La centrale photovoltaïque installée sur le toit du hangar de l’exploitation agricole d’Alain Bourdaire, à Bazancourt, a fait l’objet d’une opération de repowering. Tout l’intérêt en était récemment expliqué… sous le hangar.
À Bazancourt, Alain Bourdaire exploite 140 hectares de grandes cultures depuis 1999. En 2011, il a fait construire un nouveau hangar pour son exploitation et installé des panneaux photovoltaïques sur le toit. L’électricité produite par cette centrale photovoltaïque, d’une puissance totale de 167 kWc [1], étant par contrat directement et intégralement revendue à EDF, initialement à 0,60 € le kWc, revalorisé actuellement à 0,72 € le kWc. « Ce revenu photovoltaïque m’a permis de financer mon hangar », se félicite Alain Bourdaire.
En 2023, Feedgy [2] contacte Alain Bourdaire pour lui proposer de changer ses panneaux solaires (certains étant défectueux) pour augmenter la puissance de son installation, et d’en valoriser la production par l’autoconsommation collective (ACC), solution lui permettant de revendre cette énergie supplémentaire à des consommateurs voisins.
Repowering et autoconsommation collective
Après accord d’EDF, Alain Bourdaire a donc procédé à la rénovation de l’ensemble de ses panneaux photovoltaïques, l’évolution technologique permettant, d’une part, d’accroître la puissance initiale de 10 % (à 183 kWc) et, d’autre part, de gagner de la place pour installer en complément et sur la même surface de toit une nouvelle centrale photovoltaïque dédiée à l’autoconsommation collective, d’une puissance de 69 kWc.
À l’issue de cette opération de repowering, Alain Bourdaire vend toujours l’essentiel de l’électricité produite à EDF, mais vend également, depuis le mois de juillet, la production de la "nouvelle centrale" au magasin Carrefour Contact de Bazancourt, ainsi qu’à deux autres habitations à proximité, tout en conservant une partie de cette production pour les besoins de sa ferme. Et EDF s’engage à lui acheter également le surplus qui ne serait pas consommé dans le cadre de cette boucle locale de partage d’électricité entre voisins appelée "autoconsommation collective".
Redonner de la performance
Grâce à cette boucle locale de partage, l’électricité produite sur le territoire est directement consommée sur place, sans transiter par le marché national. Autre intérêt, souligné par Alain Bourdaire : il vend la production électrique d’autoconsommation collective un peu plus cher que ne la lui rachète EDF pour le surplus, mais ses clients, eux, l’achètent un peu moins cher qu’à EDF !
Le contrat liant Alain Bourdaire à EDF pour la centrale solaire de son exploitation agricole se termine en 2031. L’agriculteur conseille donc, dans le cadre d’un repowering, « de s’y prendre suffisamment à l’avance pour avoir le temps d’amortir les frais inhérents à la réfection de la centrale ». La nouvelle centrale lui ayant coûté 277 000 €, Alain Bourdaire sait qu’il en aura amorti le montant en 2031. Ce qui constitue également un argument auquel une banque est sensible lorsqu’il s’agit d’accorder un crédit pour ce genre de projet.
Comme l’expliquait Sébastien Tardy, chef de secteur commercial Est pour Feedgy, en présentant l’opération réalisée pour Alain Bourdaire, « le repowering permet de redonner de la performance à une installation existante, et d’ouvrir de nouveaux débouchés à travers l’autoconsommation collective. »
[1] Unité de puissance pour le solaire photovoltaïque.
[2] Acteur majeur du repowering solaire, Feedgy maximise la performance et prolonge la durée de vie des centrales photovoltaïques en France et en Europe. L’entreprise développe également des solutions de valorisation de l’électricité, comme l’autoconsommation collective.