Entreprises

80e Foire de Châlons : la souveraineté à tout bout de champ

Foire de Châlons. Catherine Vautrin a inauguré une 80e Foire de Châlons-en-Champagne marquée des cicatrices d’un été caniculaire et a donné le coup d’envoi d’une année politique qui s’annonce déjà très animée.

Lecture 7 min
Photo de Catherine Vautrin
Catherine Vautrin, Ministre des Armées et des Anciens Combattants, longtemps élue du territoire, a inauguré la 80e Foire de Châlons aux côtés des élus et personnalités chalônnaises. (Crédits : MBP)

Entre conséquences climatiques et actualités géopolitiques avec les différents conflits, la 80e Foire de Châlons-en-Champagne se place non seulement sous le signe de l’avenir mais surtout sous celui de la souveraineté nationale à tous les niveaux. Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens Combattants, a ouvert l’événement entourée par les jeunes. Saluant leur implication sur le stand du Village des associations, elle leur confie : « On commence comme cela et on finit à l’armée ! ».

Bruno Forget, président de la Foire de Châlons-en-Champagne abonde : « La jeunesse, c’est l’avenir. Ayons confiance dans l’avenir, cela va être le leitmotiv de cette foire ». Point de départ névralgique des actions politiques et rendez-vous incontournable - qui plus est à l’heure des débats pour les élections présidentielles - pendant onze jours, la Foire de Châlons veut dessiner un avenir, un avenir qui se veut « souverain », le mot le plus prononcé lors de cette inauguration.

« S’il y a encore un climatosceptique, il faut qu’il m’explique comment on peut l’être, après ce que nous avons vécu. Il faut des réponses, nous devons innover et réfléchir. Le premier enjeu est de préparer l’année culturale 2027 », lance Catherine Vautrin. Et, c’est bien l’enjeu des différents échanges. D’ailleurs, comme le constate Benoist Apparu, maire de Châlons-en-Champagne, « c’est la première fois que les vendanges sont terminées au moment de l’inauguration de la Foire. Bientôt, les vendanges précoces n’en seront plus et on les fera en juin en 2050. »

Alors, comment se remettre d’une année sans précédent et qui pourtant risque de devenir la norme ? Pour Hervé Lapie, secrétaire général de la FNSEA, « la profession agricole souhaite fédérer et la Foire porte cette ambition », réclamant un nécessaire rebond et mettant en avant l’urgence agricole : « Il nous faut un cap, que la bureaucratie s’allège pour ne pas laisser l’agriculture au bord de la route. N’oubliez pas, vous aurez toujours besoin d’un paysan pour vous servir, alors ne leur tapez pas dessus ». Pour Laurent Champenois, président de la FDSEA 51, qui en profite pour remettre une synthèse des résultats de la récolte 2026 avec des exploitations fragilisées, « il nous faut des années fiscales blanches pour préparer la prochaine saison et moins de taxes. Aujourd’hui, il vaut mieux importer un poulet polonais, taxé une seule fois, que de produire un poulet français qui est taxé 6 ou 7 fois ! On ne comprend pas la stratégie ».

Des réponses collectives

Photo de Catherine Vautrin, Lise Magnier et Jacques Rouchaussé
Catherine Vautrin s’est entretenue avec les acteurs du territoire, ici avec la députée Lise Magnier (à gauche) Jacques Rouchaussé (à droite), maraîcher à Mardeuil, et ancien président national de Légumes de France.

Le contexte des Présidentielles fait de la deuxième foire de France un terrain de rencontre et d’expression. Le président du Conseil départemental de la Marne, Jean-Marc Roze, réclame une nouvelle étape de décentralisation avec des pouvoirs élargis aux Départements. « Nous n’avons pas besoin de subventions, nous avons besoin d’assumer nos responsabilités, nos missions en pouvant les financer et de pouvoir être pleinement responsables devant nos concitoyens. C’est une crise sociale et environnementale et les Français sont inquiets pour leur avenir et celui de leurs enfants. Ils ont besoin de repères et aspirent à un profond renouveau ».

Positionnée comme l’événement national de rentrée, du haut de ses 80 ans, la Foire de se tourne ainsi vers l’avenir et pense à celui de sa jeunesse. « Quand on parle des agriculteurs, on parle de la projection de cette profession. Quels sont les jeunes qui, demain, vont s’engager dans la profession agricole ou viticole, comme dans toutes les industries connexes qui participent à l’économie de notre territoire ? », ajoute la ministre.
Seule personnalité à avoir inauguré deux fois l’événement châlonnais, la Rémoise Catherine Vautrin a joué la proximité avec les uns et les autres, notamment le monde agricole et celui de la Défense qu’elle a salués. Elle a aussi pris le temps d’écouter les différents acteurs, à tour de rôle, lors de plus de deux heures de déambulation. Des échanges marqués par une nécessaire souveraineté à renforcer. Parce qu’à la souveraineté alimentaire s’ajoute la souveraineté énergétique. « Il nous manque 6 millions de barils de pétrole par jour. Le nucléaire est le deuxième élément de notre souveraineté que nous pouvons mettre en avant », indique la ministre, rappelant les engagements de relance sur ce secteur. « Restons proches des attentes de nos concitoyens », ajoute Catherine Vautrin qui mise sur un travail d’élu de terrain : « Ce qui m’importe, c’est l’avenir de notre pays ».

  • Crédits : MBP
  • Photo de Catherine Vautrin
    Crédits : MBP
  • Photo de Catherine Vautrin
    Crédits : MBP
  • Photo de Catherine Vautrin
    Crédits : MBP
  • Photo de Catherine Vautrin
    Crédits : MBP
  • Photo de Catherine Vautrin
    Crédits : MBP
  • Photo de Catherine Vautrin
    Crédits : MBP
  • Catherine Vautrin
  • Catherine Vautrin
  • Catherine Vautrin
  • Catherine Vautrin
  • Catherine Vautrin
  • Catherine Vautrin