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60 M€ pour positionner Charleville- Mézières sur la carte de l’Europe

Projet. Faire de la friche La Macérienne et du site du festival un lieu de vie touristique économique et de loisirs ouvert toute l’année grâce à des fonds publics et privés, c’est le projet mené conjointement par Ardenne Métropole, la Ville de Charleville-Mézières et les associations Flap et Trapèze.

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Photo de Fabian Pilard et Rémy Talarico
Fabian Pilard et Rémy Talarico veulent utiliser la marque « Cabaret vert » pour créer un vaste projet de territoire destiné à faire vivre le site du festival toute l’année. (Crédits : PR)

Première brique importante de ce projet hors-norme : la réalisation, sur une superficie constructible de 2 200 m² et pour un investissement de 6 à 7 millions d’euros, d’un hostel – mix entre un hôtel et d’une auberge – de 65 chambres.

« Cet établissement indépendant sera baptisé Cabaret Vert Hostel. Nous en serons les opérateurs en assurant sa gestion et son exploitation après avoir été accompagné durant trois ans par un expert hôtelier. La Banque des Territoires nous accompagnera dans l’ingénierie et le montage juridique et économique, la Caisse des Dépôts et Consignations et plusieurs investisseurs privés locaux prendront eux aussi part au projet », détaille Rémy Talarico, Responsable du développement du Cabaret Vert. Un directeur et une vingtaine de personnes seront recrutés avant la mise en service de l’établissement qui répondra au label international « Breem », évaluant et certifiant la performance environnementale.

Après la réhabilitation de la Halle Eiffel en 2018 (5 M€) et l’ouverture d’un Atelier Bois de 1 500 m² avec panneaux solaires en 2025, la collectivité et Trapèze (le lien entre Trapèze et Ardenne Métropole est un bail emphytéotique administratif, vecteur juridique pour que Trapèze soit gestionnaire de la Macérienne pendant 40 ans ndlr.) vont maintenant se consacrer à la transformation globale des 10 000 m² de bâtis de La Macérienne en commerces et services aux entreprises. « L’engagement très fort des deux collectivités locales doit nous permettre d’aller chercher des fonds publics extérieurs au département qu’ils soient régionaux, nationaux voire même européens ou émanant de Fondations. »

« Un totem éco-touristique des Ardennes »

L’idée est aussi d’aménager les 15 premiers hectares de l’actuel lieu du festival en un véritable parc urbain éco-touristique. Un projet colossal qui doit permettre de capter de nouveaux publics et d’inscrire Charleville-Mézières sur la carte européenne du tourisme tout en allongeant la durée des nuitées dans les Ardennes, grâce notamment à la réalisation d’un pôle nautique avec embarcadère sur la Meuse et d’un circuit vélo relié à l’EuroVélo 19 (qui va de Langres à Rotterdam).

L’ensemble de ces enjeux, qui nécessitera un investissement à hauteur de 60 millions d’euros, a amené Ardenne Métropole à retenir le cabinet parisien Mutabilis Paysage et Urbanisme (lequel s’est illustré dans des projets comme le Jardin des Géants à Lille ou le Jardin de la Tour Carpe Diem à Paris-La Défense). Là encore, des partenaires locaux apporteront leur soutien à travers un Club de mécènes.

Pour Fabian Pilard, Président de Trapèze, ce projet sera aussi « une manière de faire vivre et perpétuer l’esprit du Festival durant 365 jours pour améliorer le cadre de vie des Ardennais qui disposeront là d’un nouveau spot ». C’est aussi grâce à ce projet à multiples facettes, susceptible de générer une centaine d’emplois à long terme, que le festival ardennais pourra perdurer de façon indépendante.

« En développant ce modèle économique attractif qui reflète et préserve notre ADN local, nous conserverons ainsi notre destin en mains. Notre survie passait de toute façon par là pour retrouver une stabilité financière car même si toutes nos éditions ont été marquées par de grandes réussites, le Cabaret Vert se devait de créer un nouveau projet global et structurant », concluent Rémy Talarico et Fabian Pilard.