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5,4 M€ de dettes effacées par l’apport de solutions adaptées

Finances. En 2025, 631 dossiers ont été déposés auprès de cette structure, soit un de plus que l’an dernier.

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Photo de François Marbaix
François Marbaix, le directeur de la Banque de France. (Crédits : PR)

Ayant vocation à traiter des situations de personnes n’ayant plus les moyens de faire face à leurs engagements financiers ou liés à la vie courante, la commission de surendettement des Ardennes par le biais du directeur de la Banque de France vient de rendre ses conclusions sur l’année 2025. En 2025, 631 dossiers ont été déposés auprès de cette structure, soit un de plus que l’an dernier. Cette situation comptable stable est un paradoxe car les autres données confirment la persistance de difficultés financières pour les ménages les plus fragiles. Selon François Marbaix, le directeur de la succursale ardennaise de la Banque de France, l’endettement contracté par les 758 personnes concernées s’établit d’ailleurs à 17,4 millions d’euros. Soit une augmentation de 3,7 % sur un an. L’encours des dettes effacées par l’apport de solutions adaptées s’élève à 5,4 millions d’euros (21% du montant total des dossiers clos).

Un cumul de facteurs de vulnérabilité

La persistance de difficultés financières pour les ménages les plus fragiles s’explique par une insuffisance de ressources due à cumul des facteurs de vulnérabilité : taux de chômage de 9,8 %, nombreux bénéficiaires du RSA, le niveau de vie médian le plus bas du Grand Est avec 1 738 euros (1 923 € en France et 1 913 € en région) et une part d’ouvriers plus élevés qu’ailleurs. Voilà pourquoi les gens ont du mal à joindre les deux bouts avec un budget limité.

D’ailleurs, les cas de surendettement concernent majoritairement des ménages vivant sous le seuil de pauvreté (63,4%). Les accidents de vie comme la perte d’emploi (29 %), problèmes de santé (14 %,) la séparation (13%) et bien sûr la baisse de ressources et la hausse des charges (44 %) constituent le plus souvent les principaux facteurs de bascule dans le surendettement.

L’enquête typologique révèle que les personnes les plus vulnérables sont majoritairement des femmes (53,7 %), des locataires (72,4%), des moins de 35 ans de plus en plus nombreux (près de 30%), des demandeurs d’emploi (28,5 %), une faible proportion de célibataires (24 %) et des personnes veuves (6%).

Autre particularité : les dettes financières gagnent du terrain en représentant 77,4 % des dossiers (+4 points) alors que celles de charges courantes (loyers, factures, frais divers) restent stables (79,3 %).

Face à cette situation, la Banque de France se mobilise pour accompagner les ménages modestes. D’abord en s’efforçant de réduire les délais de traitement entre le dépôt d’un dossier et sa recevabilité qui permet de suspendre les poursuites. Ensuite en fournissant des services d’inclusions financières et enfin en multipliant les actions de médiatisation et de sensibilisation auprès des jeunes via les travailleurs sociaux.