Entreprises

4,2 millions d’euros pour faire renaître le Musée de la Résistance

Musée. Fermé depuis deux ans, le Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Aisne, à Tergnier, prépare sa renaissance dans le plus grand chantier culturel départemental de l’année.

Lecture 3 min
Musée de la résistance
Le Musée logé dans un écrin déco ambitionne d’attirer jusqu’à 15000 visiteurs par an dès sa réouverture en septembre 2026 (Crédits : DR)

Avec un investissement de 4,2 millions d’euros entièrement financé par le Conseil départemental, l’institution mythique logée dans un écrin Art déco ambitionne d’attirer jusqu’à 15 000 visiteurs par an dès sa réouverture en septembre 2026. Un pari économique autant que mémoriel pour un territoire en quête de redynamisation.

Le verdict était tombé : sur 8 000 objets et documents que compte la collection, seule une centaine sera exposée en permanence. Pas question de submerger le visiteur sous un déluge d’artefacts, mais de créer une expérience immersive et pédagogique. Les collections ont été transférées à Laon au Centre des Archives et Bibliothèque départementales pendant que staffeurs, plaquistes et corps de métiers techniques investissent le bâtiment pour redistribuer entièrement ses espaces.

L’extension construite en 2005 accueillera la collection permanente, organisée autour d’une frise chronologique racontant la mise en place de la Résistance dans l’Aisne sous occupation allemande. Une partie sera dédiée à la Déportation, avec notamment des uniformes portés dans les camps et des briques provenant des fours crématoires. Le parcours mettra largement en avant les portraits des résistants locaux et le récit de leurs combats.

Coup de maître architectural

La dépose du faux plafond installé dans les années 80 révèle toute la hauteur sous plafond originale. Les coursives de la ceinture de balcon, jusqu’alors inaccessibles, deviennent des espaces pédagogiques dédiés aux jeunes générations et aux scolaires pour des ateliers thématiques. Une manne pour l’économie de la médiation culturelle et les missions d’animation à venir. L’ancienne salle de théâtre retrouve sa vocation originelle avec des rangées de fauteuils de cinéma. La scène servira pour des conférences et la projection quotidienne sur grand écran des actualités de l’époque. Cet espace multifonction pourra également accueillir des expositions temporaires et des événements potentiellement privatisables.

Propriétaire des murs, le Département collabore avec l’association des Amis du musée, propriétaire des collections, pour redonner une portée départementale à cet équipement quasiment unique dans les Hauts-de-France sur cette thématique. Le musée du Chemin des Dames appartenant aussi au Département, Tergnier complète ainsi l’offre mémorielle axonaise.

Pour la ville cheminote, cette renaissance culturelle s’ajoute aux 100 millions investis par la SNCF dans le technicentre industriel. L’équation est simple : un territoire qui investit dans sa mémoire et son industrie parie sur son attractivité globale. Reste à vérifier si les 15 000 visiteurs annuels visés répondront présent pour faire vivre ce pari à 4,2 millions d’euros.