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30 ans au service du recrutement

Emploi. Le cabinet de recrutement Euro Consulting fête ses 30 ans, avec, à sa tête Éric Bohn. Si le siège est à Reims, les consultants « chassent » cependant dans la France entière.

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Photo de Éric Bohn
Éric Bohn est également passionné d’aviation, il a d’ailleurs son brevet de pilote. (Crédits : ND)

C’est en 1996 qu’Éric Bohn lance Euro Consulting, tout d’abord à Paris, après avoir occupé pendant plusieurs années des postes d’encadrement d’équipes et de développement commercial chez Nicolas, Vittel ou encore Sodexo. « J’ai décidé de créer mon cabinet car je n’en trouvais pas avec l’aspect pragmatique que je recherchais, et dont je faisais moi-même preuve dans mes fonctions », explique-t-il. Sa méthode ? « Aller au plus près des besoins des clients, en se déplaçant au sein même des entreprises pour étudier avec précision la recherche demandée. » C’est d’ailleurs pour cela qu’il exige de ses équipes une première expérience dans une entreprise, « pour en appréhender au mieux le fonctionnement ».

Lien de confiance

L’agence dispose de bureaux dans plusieurs villes de France : Nancy, Strasbourg, Lille, Lyon et même à l’étranger, à Barcelone. « Nous sommes généralistes, car en situation de crise sur un secteur trop particulier, c’est le cabinet entier qui périclite », indique Éric Bohn, prenant l’exemple de certains cabinets parisiens qui ont fermé lors de la crise covid. « Nous passons beaucoup de temps avec nos clients, car c’est ce lien qui entraîne la pérennité de la relation de confiance et donc des missions », relate-t-il. Dans la Région, Euro Consulting travaille avec de très nombreuses entreprises, PME, ETI, à l’image de Ceresia, Vivescia, LVMH, McCain ou encore Knorr-Bremse. Certaines sociétés lui sont ainsi fidèles depuis les débuts comme Canson. « Chaque mission commence par une visite chez le client : si c’est un chef de cave, nous visitons les caves, comprenons le contexte syndical ; si c’est un ingénieur, nous visitons les usines ; pour un cadre du comité de direction, nous assistons aux réunions en observation pour savoir comment intégrer un nouveau membre. » À partir des observations sur le terrain, l’équipe élabore un document complet, « le job description », qui décrit l’histoire de l’entreprise, son ADN, le contexte du poste et les compétences requises, les « soft skills ».

Trente ans en arrière, on lui avait prédit la fin du métier avec l’arrivée d’internet. « Avant LinkedIn, nous faisions de la chasse directe par téléphone, avec des scénarios précis pour contacter les candidats. Aujourd’hui, Internet facilite la recherche des candidats, mais l’état d’esprit des jeunes rend la prospection plus complexe : pour obtenir une short list de trois candidats, il faut maintenant contacter 60 à 80 personnes contre 15 auparavant », souligne-t-il. Aujourd’hui, c’est plutôt l’IA qui pourrait menacer le métier. Mais Éric Bohn n’y croit pas franchement. « C’est un métier de terrain. Exigeant, de développement commercial et de fidélisation des clients. Chaque recrutement réussi renforce la confiance, chaque erreur se remarque. Il n’y a pas de petits clients : toutes les entreprises doivent être traitées avec le même sérieux. »

Métier de réseau, celui du recrutement implique d’être en lien constant avec l’écosystème économique d’un territoire. Éric Bohn le sait bien, membre du Medef ou du Réseau entreprendre, il est aussi moteur d’initiatives comme des tables rondes et des after-work ayant comme thématique l’emploi et le recrutement. « C’est un travail de passion. » Et de persévérance peut-on ajouter. C’est pourquoi les consultants d’Euro Consulting sont des indépendants, touchant un pourcentage sur le chiffre d’affaires qu’ils apportent au cabinet. « Comme on fait un métier commercial, quand vous avez des salaires confortables, au bout d’un moment, vous dormez », livre-t-il, pragmatique.

Mobilité

Le métier aussi se transforme, les entreprises fidèles au Cabinet le sollicitent ainsi aujourd’hui sur des postes moins qualifiés face aux difficultés de recrutement, dans l’industrie, le bâtiment ou l’hôtellerie-restauration par exemple. « L’intérim ne fournit plus certains profils, notamment de techniciens ou de chefs cuisiniers. On fait alors de l’approche directe pour ces postes pour trouver les candidats. Cela a commencé avant le Covid et s’est amplifié depuis 5-6 ans. »

La recherche se conjugue alors avec des enjeux de mobilité, « que nous appréhendons au même titre qu’une demande d’expatriation », révèle Éric Bohn. « Pour un candidat à déplacer d’un point A à un point B, on valide le projet familial avec le conjoint, et on accompagne les installations si nécessaire. » Les projets sont d’ailleurs de plus en plus validés en fonction de ce que propose l’entreprise, avec des candidats qui recherchent davantage une adéquation de valeurs et de sens. « Les fondamentaux ne bougent pas : motivation, contexte humain et management. Les jeunes changent plus souvent de poste que par le passé, mais cela permet de connaître plusieurs cultures d’entreprise et métiers. » Et concernant les seniors, le marché, chez les cadres du moins, reste dynamique. Euro Consulting ne se met pas de barrières quant au fait de proposer un candidat plus « mature » sur un poste. « Dans le recrutement, on considère qu’à partir de 45-50 ans on est senior. Or, les seniors apportent leur expérience, une vraie plus-value et gèrent la transition dans l’entreprise dans la mesure où ils sont plus à même de comprendre des problématiques complexes. » Et suivant l’adage « la jeunesse, c’est dans la tête », à 66 ans, Éric Bohn ne compte pas prendre sa retraite dans l’immédiat, en continuant à accompagner les entreprises de tout le territoire.