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2026, année charnière pour la start-up rémoise V.Biotech

Bioéconomie. La jeune entreprise rémoise spécialisée dans la valorisation du marc de café en molécules à destination industrielle va effectuer une levée de fonds de 3,5 M€ en févier 2026.

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marc de café
Le marc de café peut être utilisé dans de nombreuses applications cosmétiques et nutraceutiques ou en alternative à la plasturgie. (Crédits : DR)

Déménagement, levée de fonds, lancement d’un appel à projets… 2026 s’annonce riche en actualités pour la start-up rémoise V.Biotech. Après environ cinq ans d’existence, la jeune entreprise spécialisée dans la valorisation du marc de café en molécules et en huiles, fondée et dirigée par Vera Chamarande, est en pleine phase de mutation. Et cela va se traduire par une levée de fonds de 3,5 M€ en série A au 1er février 2026. « Depuis notre création, nous avons fonctionné grâce à nos fonds propres et des emprunts », explique la CEO.

L’entreprise s’appuie en effet sur trois associés - Vera Chamarande, Florent Allais et Yuchen Huang - ainsi que sur quelques investisseurs privés. « Nous pouvons compter sur des investisseurs privés qui sont à 90% présents dans la région », souligne-t-elle. Cette première levée de fonds d’ampleur servira notamment à accompagner le déménagement de V.Biotech dans ses nouveaux locaux rémois, qui seront installés dans le bâtiment occupé jusqu’en 2024 par le groupe pharmaceutique AstraZeneca. La start-up, qui a été hébergée pendant les trois premières années de son existence au Village by CA de Bezannes, occupe désormais des locaux à Cernay en attendant de rejoindre son futur point de chute définitif. « À Reims, nous disposerons d’un bâtiment de 1200 m2 dont 800 m2 de laboratoires sur un niveau », explique la dirigeante, qui compte capitaliser sur ce nouveau site pour accentuer le développement de son entreprise, notamment avec l’acquisition d’un parc matériel et de l’équipement d’un centre de R&D complet.

Alternatives biosourcées

(Crédits : DR)

L’entreprise rémoise assure aujourd’hui la transformation du marc de café en molécules destinées à proposer des alternatives biosourcées à l’industrie cosmétique, à la plasturgie, aux nutraceutiques ou aux utilisateurs de colorants chimiques. Axée sur le marc de café dans un premier temps, elle s’intéresse également de très près à d’autres coproduits organiques tels que le raisin, la pomme ou les oranges pour proposer d’autres alternatives aux colorants chimiques ou aux plastiques, sous forme de molécules, de poudres ou d’huiles. Prévu pour la fin de l’année 2026, le déménagement de l’entreprise dans ses nouveaux locaux sera aussi l’occasion pour cette dernière d’accueillir d’autres start-up dans ses murs.

« Nous conserverons environ la moitié de la surface de laboratoires pour notre centre de recherches et nous mettrons l’autre moitié à disposition de start-up du secteur de la Biotech. En effet, dans notre région, nous avons vraiment un souci de passage à l’échelle pour les start-up. C’est pourquoi nous ferons bénéficier nos installations à des structures déjà avancées en phase de scale-up (jeune entreprise en phase de changement d’échelle, NDLR) ». V.Biotech lancera donc un appel à projets dans le courant du premier trimestre 2026 pour identifier et sélectionner des jeunes entreprises susceptibles de rejoindre ses laboratoires et de bénéficier de ses installations comme de ses réseaux.

L’entreprise, dont le siège est à Reims, prévoit aussi, dans le cadre de son propre changement d’échelle, de construire un démonstrateur fin 2027 en région Centre-Val de Loire, afin de bénéficier dune implantation centrale à l’échelle nationale notamment en matière de captation de coproduits. « Le coeur de la R&D et le siège seront rémois et la production se fera à Vierzon, en raison des opportunités offertes par le flux logistique routier et la présence d’un port-sec situé à moins d’1 km qui nous reliera au Havre. »

10 000 tonnes de marc de café

Marc de café
Marc de café (Crédits : DR)

Pour développer des molécules à base de marc de café, il faut des compétences. C’est pourquoi V.Biotech choisit de rester sur le territoire rémois, où sont concentrés des sommités de la bioéconomie française et européenne : B4C (Bioeconomy for Change), le CEBB(centre européen de bioéconomie et de biotechnologie), Universités (URCA, AgroParistech). « Nous avons la chance de disposer autour de nous de nombreux laboratoires et d’acteurs importants très impliqués qui se situent à 95% sur les territoires du Grand Est et des Hauts de France ».Un écosystème efficace pour faire avancer la recherche et développer des scénarii tout aussi percutants. Mais pour un tel projet, la start-up avait surtout besoin de matière première : le marc de café. « Nous avons signé un accord avec Véolia pour sécuriser l’approvisionnement de 10 000 tonnes de marc de café », souligne Vera Chamarande. De quoi structurer la filière d’approvisionnement qui s’appuie sur tout un écosystème local, en faisant assurer le séchage de son marc de café par Luzéal, coopérative basée à Recy (Marne), leader de la déshydratation de luzerne.