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Un centre de détention de courtes peines en projet à Donchery

Insertion. Après le retrait officiel du projet « InSERRE », le ministre de la Justice Gérald Darmanin devrait prochainement venir annoncer une compensation à la commune de Donchery.

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Nous n’avions plus entendu parler de ce dossier depuis la réunion publique organisée… le 14 novembre 2024, à Donchery. À l’époque, tous les acteurs du projet – Ministère de la Justice, Agence du Travail d’Intérêt Général et de l’Insertion Professionnelle (ATIGIP) et Agence Publique pour l’immobilier de la Justice (APIJ) – s’étaient déplacés pour exposer les détails de la création future d’un établissement pénitentiaire d’un nouveau genre : « Innover par des Structures Expérimentales de Responsabilités et de Réinsertion par l’Emploi », à Donchery. En 2019, Ardenne Métropole et la commune avaient, en effet, répondu à l’appel à projet national sur le sujet. Ce projet de 55 millions d’euros, fait pour accueillir 100 détenus avec 80 emplois à la clé et destiné à être livré en 2027, s’inscrivait dans le Programme immobilier pénitentiaire initié en 2018 par le Président de la République et prévoyant de créer 15 000 nouvelles places sur le territoire français.

Mais après le changement de ministre de la Justice, plus aucune nouvelle. À tel point que de nombreux observateurs avaient déjà enterré un schéma que la direction de l’administration pénitentiaire avait en fait suspendu jusqu’en 2030.

Un établissement de courtes peines

Mais lors de la visite de Gérald Darmanin au mois d’août dernier à la maison d’arrêt et au tribunal judiciaire de Charleville-Mézières, l’actuel garde des Sceaux a évoqué succinctement ce projet avant d’ajouter : « J’espère revenir prochainement dans les Ardennes pour annoncer une bonne nouvelle. » De quoi réinstaller la confiance chez ceux (Boris Ravignon, Jean-Luc Warsmann et Christian Welter) qui n’avaient jamais lâché le projet, en proposant même un nouveau, en s’appuyant sur le fait que Donchery disposait toujours sur place d’une surface de près de cinq hectares située au coeur du parc d’activités Ardennes Azur, de la maîtrise d’oeuvre, d’une partie des financements et d’un volant d’entreprises déjà prêtes à collaborer au programme. « Cela peut aller très vite. C’est peut-être aussi ce qui amène l’administration pénitentiaire à trouver notre projet sensé, d’autant qu’on y associe une prévention de la récidive intéressante », soulignent les trois élus ardennais.

Intégré à un projet de campus-santé

Ce triumvirat a en effet préparé une solution de repli qui devrait d’ailleurs être présentée à Benoist Apparu, Directeur général de l’Agence publique pour l’immobilier de la Justice, depuis 2025. Le maire des Doncherois, Christian Welter, contextualise ce plan « B » : « Le projet Inserre me paraissait être intelligent et tourné vers l’avenir. Il n’aboutira pas mais nous avons proposé au Ministère de la Justice un nouveau plan qui s’intégrerait alors au campus sport-santé que la mairie entend créer à Donchery. Cette infrastructure comprendrait une maison médicale avec un plateau technique, un pôle bucco-dentaire, la présence d’ergothérapeutes, d’orthophonistes et des psychologues mais aussi, un volet réinsertion de toutes les pathologies addictives qui intégrerait alors, le futur quartier de détention. » L’élu qui est également médecin à la maison d’arrêt de Charleville-Mézières sait que la réinsertion médicale, culturelle et sportive a son importance pour des détenus de courte peine. « C’est ce que l’on a expliqué à Gérard Darmanin qui nous a entendus et a semblé intéressé par la création d’un quartier de courte peine (entre huit mois et cinq ans) ouvert à une centaine de détenu(e)s souvent sans emploi, ayant commis de petits délits dûs, le plus souvent, aux addictions, aux violences intra-familiales, aux délits routiers et à des problèmes psychiatriques mais pouvant se réinsérer via des formations faites sur place en liaison avec des acteurs professionnels comme l’antenne Altrad toute proche. Ils seraient encadrés par près de 80 fonctionnaires. »

Même si rien n’est encore acquis, le député Jean-Luc Warsmann et Boris Ravignon confirment que Donchery a fait de nouveau acte de candidature pour ce projet « bis » « qui reste dans la même philosophie que celui imaginé par Eric Dupond-Moretti et contribuerait à la fois à l’intérêt général et au développement du territoire en créant quelques dizaines d’emplois de fonctionnaires supplémentaires dans les Ardennes ».