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130e année

Roxana Maracineanu promeut le sport de proximité

Sport. Intense journée dans les Ardennes pour la ministre chargée des Sports. Roxana Maracineanu a pris part à quatre rendez-vous fixés concernant notamment le projet de création d’un bassin nordique de 50 mètres à Charleville-Mézières.

Le projet présenté à Roxana Maracineanu à Charleville-Mézières viendrait en extension de l’actuel centre aquatique Bernard Albin. Pascal Rémy

Après avoir échangé à l’Arena de Charleville-Mézières avec plusieurs associations sportives sur leur fonctionnement, les difficultés éprouvées durant la pandémie et la diffusion de la pratique sportive, la ministre s’est arrêtée à la patinoire qui a bénéficié d’un financement de l’Etat (185 000 euros) dans la cadre du plan France Relance pour des travaux de rénovation thermique. Cap ensuite vers le centre aquatique Bernard Albin, afin d’y examiner le projet de réalisation d’un bassin nordique de 50 mètres plein air et chauffé à 28,5 C, porté par Ardenne Métropole et réclamé depuis plusieurs années par le club local de natation.

Augmenter le potentiel sportif et la surface aquatique

Explications de Sébastien Remy, son entraîneur : « Cette année, par manque de place, on a refusé une centaine d’enfants. Et à l’heure, où le CMN (900 licenciés avant le Covid-19, 770 aujourd’hui) compte sept nageurs de haut niveau dont un a terminé sixième des championnats d’Europe, il est impératif de disposer enfin d’un tel bassin de 50 mètres. Car pour pallier ce manque, on passe actuellement 60 jours dans l’année à s’exiler à Canet/Roussillon, Amnéville ou en Espagne afin d’y trouver de meilleures conditions d’entraînement. D’autant que le budget consacré à ces déplacements s’est élevé à 50 000 euros cette année ».

« Notre objectif est en effet d’installer plus de sport dans la vie de ceux qui en ont particulièrement besoin, soit parce qu’ils sont âgés, en situation de handicap ou parce qu’ils connaissent des pathologies spécifiques. »

Le président de la communauté d’agglomération, Boris Ravignon, a en tout cas profité de cette visite ministérielle pour assurer la promotion de cet équipement nécessaire (220 000 usagers par an dans la seule structure existante) tout en cherchant à solidifier son co-financement. « Si nous n’arrivons pas à avoir trois-quarts de soutien dans ce projet, on ne pourra pas le réaliser. Nos différentes compétences nous demandent beaucoup d’efforts et on ne peut pas renoncer à des investissements économiques. On attend donc un véritable engagement de l’Etat, de la Région et du département pour mener à bien cet objectif. Si c’est le cas, on pourra en deux ou trois ans concrétiser ce projet avant la fin du mandat. »

Deux options à l’étude

La ministre a donné une première réponse à cette attente en promettant de donner « d’autres billes » aux élus locaux. « Nous avons développé des expertises qui peuvent bénéficier aux collectivités locales et aux clubs mais pour des projets moins onéreux et plus modestes. Et, désormais dans le cadre du plan “5 000 équipements de proximité”, un fort financement de notre ministère est possible pour des piscines hors sol jusqu’à hauteur de 80 % de leur coût ». Même si cela ne répond pas au profil du projet identifié à Charleville-Mézières, la ministre a assuré qu’elle « regarderait les solutions techniques et financières pour faciliter la mise à jour de ce bassin ».

Il restera alors à Ardenne Métropole à choisir entre deux options et à réfléchir au lieu d’implantation idéal de ce bassin dans une zone rouge car inondable. Ce qui nécessitera des dispositions spécifiques. À ce jour, deux scénarios sont l’étude. Primo, un bassin de 50 mètres avec huit lignes et des gradins démontables permettant la tenue de compétitions nationales et une cohabitation entre usagers publics et associatifs. Un projet possible hors du périmètre de l’actuel centre aquatique pour une dépense de 5,9 millions d’euros HT. Secundo, un bassin de 50 mètres disposant de quatre lignes d’eau sur le solarium du centre aquatique avec un léger débord sur un proche espace vert.

L’équipement serait alors uniquement réservé à l’entraînement et au grand public avec alternance d’occupation. Coût : 4,6 millions d’euros HT. Pour finir, la ministre s’est dirigée vers la maison des sports départementale de Bazeilles pour y valoriser le Label Sport Santé dont cette structure bénéficie. « Notre objectif est en effet d’installer plus de sport dans la vie de ceux qui en ont particulièrement besoin, soit parce qu’ils sont âgés, en situation de handicap ou parce qu’ils connaissent des pathologies spécifiques. Il faut renouer avec une socialisation perdue. »

Pascal Remy