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130e année

Reims : « Faire mieux avec moins de recettes »

Budget. En présentant son Budget primitif 2022, la Ville de Reims annonce intensifier ses investissements et lancer ses projets d’avenir sans toucher aux taux de fiscalité.

Jean-Marc Roze, adjoint au Finances et Arnaud Robinet, maire de Reims ont présenté un budget 2022 axé sur la poursuite des investissements et une stabilité fiscale. Benjamin Busson

Pour Arnaud Robinet, ce budget primitif signe « l’entrée effective au coeur du mandat » avec l’arrivée de grands projets sur la table. Le budget 2022, élaboré avec son adjoint au Finances Jean-Marc Roze, vient en effet signer le début d’une nouvelle étape de la deuxième mandature de son équipe, avec trois axes majeurs : une hausse des investissement et une stabilité dans les taux de fiscalité malgré une baisse des recettes.

« Faire mieux avec moins d’argent et de recettes a toujours été notre objectif. C’est la raison pour laquelle nous respectons notre engagement de ne pas toucher aux taux de fiscalité », souligne le maire de Reims, rappelant les contraintes structurelles qui pèsent sur sa collectivité : enregistrant un manque à gagner annuel de 3,65 M€ annuel de la part des recettes de l’Etat, la collectivité doit également faire face à la disparition du FPIC (Fonds de Péréquation des Ressources Intercommunales et Communales) suite à la constitution de la Communauté Urbaine, qui affecte les comptes de la Ville à hauteur de 2 M€ par an.

Ne pas ralentir les projets

« Malgré presque 6 M€ en moins nous parvenons à dégager un montant record d’investissement en 2022 avec près de 80 M€ projetés auxquels s’ajoutent les dépenses de voirie de 17 M€ portés par la Communauté Urbaine ». Et malgré les contraintes conjoncturelles liées à la pandémie qui ont impacté les comptes à hauteur de 10 M€, Arnaud Robinet insiste sur la volonté municipale de ne pas ralentir ses projets : « Nos chantiers de voirie ont été multipliés par quatre en rythme annuel depuis quatre ans et les investissements sont passés de 42M€ à 79M€ en cinq ans ». Des éléments qui expliquent d’ailleurs selon lui les raisons pour lesquelles sa collectivité est reconnue pour sa qualité de sa gestion.

« Les priorités du mandat sont claires : la protection des biens et des personnes, l’attractivité et l’emploi et la préférence vers les entreprises de notre bassin de vie, la transition énergétique au nom de la santé publique et de la protection de l’environnement, une ville de culture et de sport avec comme fer de lance le label Capitale européenne de la Culture 2028 et enfin, une ville solidaire et inclusive, où les décisions sont prises en concertation avec les Rémoises et les Rémois et avec de forts engagements dans le scolaire », explique Arnaud Robinet qui annonce aussi un « Plan Jeunesse » dès 2022.

Des critères environnement dans les appels d’offres

Pour 2022, Reims déploie sa politique de développement sur deux axes majeurs, « deux fils rouges transversaux du mandat » : la candidature au label de Capitale européenne de la Culture et la transition énergétique. Ce dernier projet comprend notamment la rénovation thermique de 7000 logements avec les bailleurs, la mise en place de la ZFE (Zone à Faibles Emissions), l’aide aux véhicules moins émissifs et à l’achat de vélos électriques, la créations des promenades et de 7 îlots verts et les engagements du Grand Reims (réseau de chaleur, politique de l’eau, transports urbains et politique cyclable). En augmentant ses investissements de manière significative (ils passent de 62 M€ à 79M€ en un an), la Ville de Reims compte aussi influer sur l’activité des entreprises locales et soutenir l’emploi de celles-ci.

« Etre une ville attractive ne se décrète pas, ça se voit dans les faits »

« À travers la commande publique et les appels d’offres nous intégrerons parmi les critères une part de critères environnementaux pour privilégier nos entreprises locales », insiste Arnaud Robinet. « Les prospectives financières prévoient plus de 20% du montant annuel des inscriptions à 59 M€ par an contre 50 M€ sous le mandat précédent ». Si l’année 2022 sera celle de l’ouverture de la Reims Arena et des basses promenades, elle sera aussi celle de la mise en chantier du Musée des Beaux Arts, tandis que seront lancées les études pour les berges du canal. Parmi ses projets en matière d’investissement, dans le secteur de l’éducation, Reims réfléchit aussi à l’ouverture de deux groupes scolaires : « Nous avons la chance de faire partie de ces villes qui ne sont pas dans un objectif de fermer des classes mais d’ouvrir d’autres groupes scolaires ».

Caméras de vidéo-protection supplémentaires, numérisation des écoles, travaux de rénovation et d’accessibilité de l’Hôtel de Ville et travaux de voirie menés par la communauté Urbaine dans « tous les quartiers » seront aussi menés dès 2022. « Etre une ville attractive ne se décrète pas, ça se voit dans les faits », insiste Arnaud Robinet, qui mise pour cela sur de grands événements en 2022 : ouverture de l’Arena, Tour de France féminin et accueil pour la première année en présentiel du Festival Reims Interpol’Art.

Benjamin Busson