Ralentissement de l’activité économique régionale au premier trimestre 2026
Conjoncture. L’activité économique du Grand Est ralentit quelque peu au premier trimestre 2026, un recul qui touche quasiment tous les secteurs et principalement la construction. En un trimestre, la région perd 3 500 salariés. En un an, l’industrie perd 5 600 salariés. La hausse record des créations d’établissements est portée par les micro-entreprises. Le chômage augmente pour le cinquième trimestre consécutif.
La baisse du volume d’heures rémunérés par les entreprises dans le Grand Est baisse de 0,9% au premier trimestre 2026, soit presque deux fois plus qu’au niveau de la France entière (-0,5%). Ce recul concerne pratiquement tous les secteurs de l’économie régionale et fortement dans la construction (-2,3%). Elle est cependant moins prononcée dans le tertiaire marchand (-0,7%). Les deux seuls domaines dans lesquels le volume d’heures augmente sont les extractions, l’énergie, l’eau, la gestion des déchets et la dépollution d’un côté et l’hébergement-restauration de l’autre.
Tous les départements de la région accusent un déficit d’heures rémunérées. De façon modérée pour la Marne, la Meuse et les Ardennes, proche de la moyenne régionale pour le Bas-Rhin et l’Aube et de manière plus marquée pour la Meurthe-et-Moselle, les Vosges, le Haut-Rhin, la Moselle et la Haute-Marne. Au premier trimestre 2026, l’emploi salarié recule de 0,2% par rapport au quatrième trimestre 2025.
Fort recul de l’emploi dans l’industrie et la construction
Cette baisse se traduit par une perte de 3 500 salariés sur un total de près de 2 millions. La décroissance concerne le privé (-0,3%), tandis que le secteur public connaît une quasi-stabilité. Au niveau national, dans le même intervalle, l’emploi demeure au même niveau.
La réduction de l’emploi est la plus forte (-0,6%) dans l’industrie, un secteur qui perd ainsi 1 900 emplois en un trimestre. Elle est particulièrement importante dans la fabrication de matériel de transport (-1,2%) et dans celle des équipements électriques (-1,0%). En un an, l’emploi industriel baisse de 1,8%, l’équivalent d’une perte de 5 600 salariés. La chute de l’emploi salarié dans la construction est moindre : -0,5% sur un trimestre et -1,3% en un an.
Dans les secteurs tertiaires, marchand (-0,1%) et non marchand (+0,1%), le nombre de salariés est quasi stable. L’emploi salarié progresse les activités financières, scientifiques, immobilières et techniques. Il diminue dans les activités transport et entreposage et information et communication. Le nombre d’intérimaires perd 550 emplois. Le Haut-Rhin (-0,4%) et les Vosges (-0,5%) sont les deux départements dans lesquels l’emploi salarié recule le plus.
Légère hausse du chômage au premier trimestre
Pour ce premier trimestre 2026, le taux de chômage s’établit à 7,7% de la population active, soit une augmentation trimestrielle de 0,2%. Ce taux demeure inférieur a celui de la France, hors Mayotte (8,1%). Il s’agit de la cinquième hausse trimestrielle consécutive. Cette hausse est surtout portée par le Bas-Rhin, le Haut-Rhin (+0,2%) contre une quasi-stabilité dans les autres départements régionaux. A contrario, les niveaux de chômage les plus élevés viennent des Ardennes (10,1%) et de l’Aube (9,7%).
Le taux de chômage se détériore dans une zone d’emploi sur trois. C’est le cas de Strasbourg (8% et +0,3%). Il excède les 10% dans les zones de Charleville-Mézières et Forbach. Il est inférieur à 5% dans la zone d’emploi d’Epernay.
Les micro-entreprises dopent les créations d’établissements
Après un net regain au second semestre 2025, les créations d’entreprises se sont amplifiées au premier trimestre 2026, jusqu’à atteindre une hausse de 13,5% sur un an. Avec 18 500 nouvelles immatriculations, c’est un record historique qui s’établit. Cette progression rejoint quasiment celle du niveau national (+13,9%).
Ce sont surtout les micro-entreprises (+18,9%) qui portent cette hausse, quand les créations de sociétés et d’entreprises individuelles ne progressent que de 3,0%. Ces créations augmentent dans les secteurs de l’industrie (+15,8%) et des services (+14,7%) à un rythme supérieur à celui de la moyenne régionale. La hausse des créations la moins marquée est celle du secteur de la construction (+6,6%).