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Plombé par l’inflation, le pouvoir d’achat a baissé dans le Grand Est

Grand Est. Victime de l’inflation, le pourvoir d’achat dans le Grand Est, avec un salaire moyen de 2 640 euros, et légèrement inférieur à celui de la France de province, a baissé de 0,6% en euros constants en 2023, selon la dernière étude de l’INSEE. Une perte surtout sensible chez les cadres, les professions intermédiaires et les employés, également plus sensibles chez les hommes que chez les femmes.

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Photo de la zone d'emploi épernay
Dans la région, les salaires sont globalement plus élevés à l’Est et à l’Ouest. Effet Champagne oblige, c’est dans la zone d’emploi d’Epernay (2 790€) que les niveaux de salaire net mensuel moyen sont les plus élevés. (Crédits : VILLE EPERNAY)

En 2023, le salaire moyen en équivalent temps plein (EQTP) dans le Grand Est est de 2 460 euros en net, un montant en baisse de 0,6% en euros constants. Cette baisse concerne surtout les cadres. Le pouvoir d’achat augmente pour les personnes en place dans un établissement depuis au moins deux ans et plus précisément pour les salariés d’entreprises de grandes tailles, ou pour les salariés les plus jeunes.

Ce nouveau moyen de rémunération est légèrement inférieur à celui de la France métropolitaines, hors Ile-de-France (2 480 €).

Entre 2022 et 2023, les salaires en euros courants ont augmenté en brut de 4,4% et en net de 4,3%. À l’époque l’inflation, plus forte que ces augmentations, a abouti à une baisse de 0,6% du pouvoir d’achat. L’INSEE remarque dans son étude : « Plus la rémunération est élevée et plus la diminution du pourvoir d’achat des salaires est importante ». Ce pouvoir d’achat progresse de 0,4% pour les 10% des salaires les plus bas et baisse de 0,9% pour les 10% les mieux rémunérés.

Par catégorie, en 2023, l’évolution en euros constants des salaires est à la baisse pour les cadres (-3%), les professions intermédiaires (-1,1%), les employés (-0,4%). Elle est à la hausse pour les ouvriers qualifiés (+0,1%) et les non qualifiés (+0,4%). Les salaires ont baissé de 0,7% chez les hommes et de 0,3% chez les femmes.

Augmentation du pouvoir d’achat pour les salariés en place

Les personnes en place, pour l’INSEE, désignent les salariés, occupés deux années durant, par exemple du 1er janvier 2022 au 31 décembre 2023, dans un même établissement et avec les mêmes quotités de travail. Dans le Grand Est, ces salariés représentent 57% des EQTP. Le pouvoir d’achat de ces salariés en place croît de 0,8% en moyenne, une progression supérieure à celle de la France de province (+0,6%).

Dans chaque grand secteur, construction (58%), industrie (73%), tertiaire (51%), les postes salariés sont occupés pour plus de la moitié par des personnes en place. Dans le secteur de l’industrie, le pouvoir d’achat des salaires des personnes en place a augmenté de 1,6%, contre 0,5% pour les services marchands. À caractéristiques identiques, les jeunes sont les plus nombreux à obtenir des augmentations de salaire et donc à gagner en pouvoir d’achat. C’est le cas des moins de 25 ans en place, avec une augmentation de salaire pour 71% d’entre eux, contre 49% pour les plus de 55 ans. Plus l’entreprise est grande est plus est grande la probabilité d’obtenir une hausse de salaire.

Les salaires les plus élevés dans la zone d’Epernay

Dans la région, les salaires sont globalement plus élevés à l’Est et à l’Ouest. Effet Champagne oblige, c’est dans la zone d’emploi d’Epernay (2 790€) que les niveaux de salaire net mensuel moyen sont les plus élevés. Viennent ensuite les zones alsaciennes : Saint-Louis (2 650€), Strasbourg (2 610€), Sélestat (2 560€), Colmar (2 530€) et Haguenau (2 510€). Proches de ces moyennes, deux bassins d’emploi se situent dans la Marne, celui de Reims (2 520 M€) et dans l’Aube celui de Romilly-sur-Seine (2 520€), devant le bassin de Troyes (2 290€). Les salaires moyens les plus bas se trouvent dans les bassins de Chaumont en Haute-Marne ou Remiremont dans les Vosges, avec moins de 2 250€ par mois.

Un salarié sur deux dans le Grand Est touche moins de 2 107 euros par mois. Ce salaire médian, similaire à celui de la France de province, est inférieur de 18% au salaire moyen de la région. 10% des salariés régionaux gagnent plus de 3 688 euros par mois et 10% plus de 7 543 euros. Enfin, dans les zones d’emploi de Forbach, Remiremont, Troyes et Chaumont, un salarié sur deux a une rémunération inférieure à 2 000 euros par mois.