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Moins de prestataires des caisses d’allocations familiales dans le Grand Est qu’en moyenne nationale

Social. 44% de la population du Grand Est est allocataire des prestations de la Caisse des allocations familiales. Cette proportion est moins élevée que celle de la France métropolitaine. Les ménages de la région perçoivent plus de prestations de solidarité et d’insertion que de prestation familiales ou d’aides au logement.

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Les critères de revenus pour l’éligibilité devenant plus sélectifs, entre 2019 et 2023, le nombre de foyers allocataires percevant des aides au logement a diminué de 12% dans le Grand Est. (Crédits : GD)

Au 1er janvier 2024, un million de foyers du Grand Est sont allocataires des CAF, Caisses d’allocations familiales, en fonction de la situation familiale et/ou des revenus. Avec 2,4 millions de personnes bénéficiaires, soit 44% de la population régionale, contre 47% pour la France métropolitaine, le Grand Est, aux côtés de la Corse, de la Bourgogne-Franche-Comté et de la Nouvelle-Aquitaine, figure parmi les régions dont la part est la moins élevée. Les parts les plus élevées, aux alentours de 50% concernent les Hauts-de-France et l’Île-de-France. Au sein du Grand Est, la part des bénéficiaires des allocations de la CAF atteint 47% dans la Marne, les Ardennes et le Bas-Rhin et 41% dans la Moselle et la Meuse.

Un ménage sur cinq aidé au titre de la solidarité et de l’insertion

Les CAF versent trois types de prestations : celles liées aux familles, celles liées aux logements et celles de solidarité et d’insertion. Comme en moyenne métropolitaine, les ménages concernés du Grand Est, 22% de la population, perçoivent plus souvent des prestations de solidarité et d’insertion. À l’inverse, ils touchent moins fréquemment des prestations familiales, 18% de ménages concernés contre 20% dans la Métropole. La part des aides aux logements, 18% de ménages concernés, est identique.

D’un territoire à l’autre, la différence du nombre de prestations révèle des spécificités socio-démographiques. Ainsi, les Ardennes (26%) et l’Aube (24%) touchent des prestations de solidarité et d’insertion 4 et 2 points au-dessus de la moyenne régionale. Dans les Ardennes, ces prestations concernent trois foyers allocataires sur cinq, une situation à mettre en relation avec les taux de chômage et de pauvreté supérieurs à ceux de la moyenne régionale.

Dans les Ardennes et le Bas-Rhin, 45% des foyers allocataires perçoivent des prestations familiales. En Meurthe-et-Moselle et dans la Marne, 22 et 21% des ménages sont allocataires des aides au logement, contre 18% en moyenne régionale. Dans ces deux départements, près de la moitié des foyers allocataires perçoivent ces prestations, une part important qui s’explique par une plus forte concentration d’étudiants dans ces deux départements. Tous types de prestations CAF confondus, la part des bénéficiaires et de 46% et plus pour les Ardennes, la Marne et le Bas-Rhin, entre 44 et 46% pour l’Aube et la Meurthe-et-Moselle, de 41 à 44% pour la Haute-Marne, la Moselle, le Haut-Rhin et les Vosges et moins de 41% pour la Meuse.

Forte diminution des foyers allocataires des aides au logement

Les critères de revenus pour l’éligibilité devenant plus sélectifs, entre 2019 et 2023, le nombre de foyers allocataires percevant des aides au logement a diminué de 12% dans le Grand Est et de 10% en France métropolitaine. Sur la même période, le nombre de foyers allocataires de prestations familiales a également reculé, de -4% dans la région et de -2% à l’échelon national.

Dans le Grand Est, 53% des ménages composés d’une seule personne sont allocataires des prestations CAF. Les couples sans enfant ne sont 8% des allocataires. Les aides au logement concernent 29% des personnes vivant seules et 4% des couples sans enfant. Ici encore l’insertion et la solidarité dominent : 34% des personnes vivant seules et 6% des couples sans enfant perçoivent ce type d’aide de la CAF.

Les familles monoparentales fortement allocataires

65% des familles monoparentales et 56% des couples avec enfant(s) sont allocataires CAF. Les couples avec un ou plusieurs enfants perçoivent beaucoup plus fréquemment de prestations familiales (53% d’entre eux) que d’aides au logement (11%) ou que de prestations de solidarité et d’insertion (14%). Parmi tous les types de ménages, ce sont les familles monoparentales qui sont les plus concernées par les allocations CAF. En 2023, 58% des ces familles perçoivent des prestations familiales, 43% des prestations de solidarité et d’insertion et 39% des aides au logement.

Près de 4% des ménages cumulent tous les types de prestations CAF : familiales, logement et insertion et solidarité. Un quart des ménages ne perçoit qu’une seul type d’aides, un ménage sur dix en cumule deux. Dans le Grand Est, la combinaison la plus fréquente associe aides au logement et prestations de solidarité et d’insertion (5% des ménages de la région).

Une charge administrative principalement assumée par les femmes

L’allocataire principal, représentant du foyer, est choisi parce que c’est lui qui a effectué la première demande d’aides auprès de la CAF. C’est donc lui qui prend en charge les démarches administratives pour l’ensemble du foyer et en assure la responsabilité. Dans le Grand Est, 76% des allocataires des prestations familiales sont des femmes. Elles sont 62% pour les aides au logement et 58% pour les prestations d’insertion et de solidarité. Tous types d’aides confondues, elles sont 64% des allocataires. La plus forte proportion, 90%, concerne le cas des familles monoparentales.