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130e année

Les utilisateurs du Grand Est plutôt satisfaits des transports en commun

Mobilité. En attendant les résultats de l’enquête menée par le Grand Reims, à aider la définition des mobilités de demain, des pistes de réflexion ont été ouvertes par Transdev et Ipsos avec l’Enquête de fin 2019, sur les mobilités du quotidien dans les régions françaises. On y découvre des utilisateurs du Grand Est plutôt satisfaits.

À la question des modes de déplacements utilisés régulièrement, 87% des sondés répondent la voiture, 75% la marche, 21% le bus ou le car, 15% les tramway ou le métro . Gérard Delenclos

La société Alyce, pour le compte de la Communauté Urbaine du Grand Reims, vient de terminer les sondages (septembre à décembre 2021) de son enquête mobilité dont l’objectif pour la collectivité est de connaître de manière approfondie les pratiques de déplacements des habitants, afin de mesurer les évolutions des comportements pour mieux organiser la mobilité de demain sur son territoire. L’opération, financée par la collectivité, la Région Grand Est et l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie, englobe l’opinion de 2 400 ménages.

On pourra sous peu, comparer les informations de cette enquête à celle menée, fin 2019 et au niveau national, par Ipsos et Transdev, enquête sur les mobilités du quotidien dans les régions françaises, qui a concerné plus de 10 000 personnes et qui a révélé un Grand Est plutôt satisfait des transports en commun et plus spécifiquement sur deux points : le temps passé dans ce type de transport et le budget consacré.

80% des utilisateurs sondés du Grand Est plutôt satisfaits

Un tiers des Français met en moyenne au moins 35 minutes pour aller au travail ou rejoindre un lieu d’études (22% de 31 à 60 minutes et 9% plus de 60 minutes). Pour les cinq autres destinations proposées par l’enquête, on relève 19 minutes de trajet pour les grosses courses alimentaires, 17 pour les activités de sports et de loisirs et pour le médecin généraliste, 13 pour un ensemble de démarches administratives et 10 pour aller à la pharmacie. Ces écarts sont assez limités entre les territoires.

Pour l’exemple du travail ou des études, il faut compter 29 minutes dans les centres urbains, 39 dans les petites communes, 37 dans les zones périurbaines et 32 dans les zones rurales. La satisfaction est majoritaire à l’égard du temps passé dans les transports en commun : 20% tout à fait satisfaits, 55% plutôt satisfaits, 19% plutôt mécontents et 5% tout à fait mécontents. A l’exception de l’Ile-de-France (63%), cette satisfaction est ressentie à 75% en moyenne nationale. Ce score est de 80% dans le Grand Est, deuxième région la plus satisfaite, derrière la Bretagne (83%). Ce sont les voyageurs des centres urbains qui se montrent les plus satisfaits et ceux des petites couronnes les moins.

204 euros par mois et par habitant pour la mobilité

Le coût de la mobilité suscite de réelles insatisfactions, notamment chez les catégories les plus fragiles et en milieu rural. Les Français dépensent en moyenne 204 euros par mois pour se déplacer. Cinq postes de dépenses sont exprimés dans l’enquête : 106 euros pour la maintenance du véhicule utilisé quotidiennement pour les déplacements (entretien, crédit, assurance …), 88 euros pour l’essence, 31 pour l’abonnement transport en commun, 31 pour le péage autoroutier et 19 pour le stationnement. Ce coût est plus élevé dans le périurbain (223 €) et le rural (215 €) que dans les petites couronnes (199 €) et les centres urbains (179 €).

Par mode de transport régulier, la voiture coûte 223 € par mois, le transport en commun 163 € et les transports doux, du type vélo, 136 €. Quatre Français sur dix sont mécontents du budget consacré aux déplacements du quotidien. Parmi les plus mécontents, aux côtés des revenus modestes se trouvent les habitants des zones périurbaines. Du côté des satisfaits (61% des Français), les habitants du Grand Est (62%) sont quasiment dans la moyenne nationale. Le prix des transports en commun est subventionné. Pourtant, le reste à charge est largement sous-estimé. 8% des sondés pensent payer 100% du prix de revient, 21% estiment leur contribution à 75%, 46% à 50% et 25% à 25%.

9 français sur 10 utilisent régulièrement la voiture au quotidien

À la question des modes de déplacements utilisés régulièrement, 87% des sondés répondent la voiture, 75% la marche, 21% le bus ou le car, 15% les tramway ou le métro, 12% un deux-roues motorisé, 6% un TER ou un transilien, 5% le covoiturage… La voiture reste de loin le mode de transport privilégié des Français, à 61% pour le travail ou les études, à 83% pour les grosses courses alimentaires, à 61% pour le sport et les loisirs comme pour se rendre chez son médecin généraliste, à 55% pour accomplir des démarches administratives.

En revanche, ils vont en majorité à pied à la pharmacie. Quelles sont les raisons pour lesquelles les Français n’utilisent-ils pas plus souvent les transports en commun ? 40% invoquent l’absence de lignes permettant de rejoindre la destination choisie, 35% regrettent la fréquence faible et les horaires inadaptés, 25% la durée trop longue et 24% l’absence d’arrêt près du domicile. Le plaisir de conduire recueille 16% des réponses, le coût trop élevé 15%, le fait de ne pas y penser 10%, l’insécurité 7% et le manque d’information 5%.

Oui à la gare ferroviaire assez proche du domicile

La gare est l’installation que les Français (81%) pourraient le plus utiliser si elle se situait à une distance raisonnable du domicile, de l’ordre du quart d’heure. Pour autant, les sondés critiquent à 51% la fréquence des trains. 76% d’entre eux jugent que le train est utile pour des trajets plus longs que ceux du quotidien. Pour l’arrêt du bus ou du tramway, les Français le souhaite à moins de dix minutes du domicile. Si 12% des sondés utilisent le vélo, ce mode de transport est plutôt choisi par les moins de 35 ans (16%) que par les plus de 65 ans (8%).

Qu’est-ce qui amènerait les Français à préférer les transports en commun pour leur mobilité quotidienne ? Des tarifs plus avantageux que le coût de la voiture (69%), des fréquences plus élevées (67%), la mise en place d’un titre unique à plusieurs moyens de transports successifs (66%). Autant de réflexions, parmi d’autres, pour nourrir la construction d’ici à deux ans du futur réseau de transports en commun du Grand Reims.

Gérard Delenclos