Les quartiers prioritaires de la ville du Grand Est parmi les plus démunis de France
Conjoncture. Quatrième région pour les niveaux de vie les plus élevés, toutes situations confondues, le Grand Est occupe le troisième rang des QPV, quartiers prioritaires de la politique de la ville les plus pauvres, et le deuxième pour le plus fort taux de chômage qu’ils induisent. Dans les six premières années du dispositif, cette situation, proportionnellement à la moyenne nationale, s’est aggravée.
Le Grand Est est la quatrième région métropolitaine, derrière la Provence-Alpes-Côte d’Azur, les Hauts-de-France et l’Ile-de-France, ayant la plus grande proportion d’habitants vivant dans un QPV, quartier prioritaire de la politique de la ville. 418 600 régionaux, soit 7,5% de la population totale, résident dans l’un des 123 QPV du Grand Est.
Un quart des intercommunalités régionales est concerné par cette classification, dont notamment l’Eurométropole de Strasbourg, Troyes Champagne Métropole, la communauté urbaine du Grand Reims, ou encore les métropoles de Metz et Nancy. Les quatre départements comptabilisant le plus grand nombre de QPV sont la Moselle, le Bas-Rhin, la Meurthe-et-Moselle et la Marne. La ville de Reims compte sept des douze QPV de son département. Par commune, Strasbourg compte 13 QPV, devant Reims (7), Troyes (6) et Metz (5).
Les habitants des QPV du Grand Est plus exposés à la pauvreté qu’ailleurs
Les habitants des QPV du Grand Est ont des niveaux de vie plus faibles et des taux de pauvreté plus élevés que ceux des QPV des autres régions métropolitaines. Ainsi, selon les données de 2021, le niveau de vie moyen est de 15 280 euros par habitant d’un QVP du Grand Est contre 16 100 euros par habitant d’un QVP métropolitain. On constate un écart comparable pour le revenu médian, 13 960 contre 14 700 euros.
Dans le classement des QPV, la région se situe au troisième rang des niveaux de vie les plus bas, derrière l’Occitanie et le Centre-Val de Loire. Hors QPV, le Grand Est, territoire de contrastes, occupe la quatrième place des niveaux de vie les plus hauts, derrière l’Ile-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Provence-Alpes-Côte d’Azur. Dans ses QPV, le Grand Est affiche un taux de pauvreté de 49%, contre 44% en moyenne nationale. Sans les QPV, le taux de pauvreté de 12,6% est quasiment dans la moyenne nationale.
Des taux de pauvreté très disparates dans les quartiers prioritaires
Pour illustrer son propos, l’INSEE évoque la situation à l’intérieur de la Communauté Urbaine du Grand Reims : un taux de pauvreté qui va de 28% dans le quartier Walbaum à 57% dans le quartier Croix Rouge. C’est dans le quartier Jules Guesde, dans l’agglomération troyenne, que se situe le taux de pauvreté (67%) le plus élevé du Grand Est, avec un écart important entre résidents de QPV (55%) et résidents hors QPV (19%).
Le Grand Est est la deuxième région métropolitaine dans laquelle le taux de chômage dans les quartiers prioritaires est le plus élevé, derrière les Hauts-de-France. Dans ses QPV, l’accès à l’emploi et plus réduit et le temps de travail plus court. Le taux de chômage dans les QPV du Grand Est est de 31% contre 26% au niveau national.
La proportion des jeunes non scolarisés et sans emploi est plus importante dans les QPV du Grand Est (29%) que dans ceux des autres régions (26%). Les QPV du Grand Est se distinguent par une plus grande pauvreté des ménages, notamment avec une plus forte proportion de familles monoparentales jeunes et de familles nombreuses.
Une dégradation plus prononcée dans le Grand Est
Entre 2015 et 2021, les niveaux de vie ont augmenté bien plus faiblement dans ces quartiers du Grand Est qu’ailleurs en Métropole : +0,1% contre +12%. Le taux de pauvreté a évolué deux fois plus vite. En six ans, le taux d’emploi a augmenté deux fois moins vite. La baisse du taux de chômage dans les QPV du Grand Est a été comparable à celle du niveau national. Tous ces paramètres reflètent une situation datée. Entre 2015 et 2021, des mobilités résidentielles sont intervenues. Il est dans ces conditions délicats d’évaluer dans le temps les effets des politiques publiques mises en place pour améliorer la situation des habitants des quartiers concernés.
Sources : INSEE, ANCT, SIG Ville