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Les pistes cyclables et les voies vertes du Grand Est parmi les plus développées de France

Nature. Le Plan Vélo 2022-2028 du Grand Est permet à la région d’être une des premières en matière d’état et de développement des infrastructures pour les cyclistes. Petit bémol, la Région peut encore mieux faire dans le stationnement.

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Photo piste cyclable du Grand-Est
(Crédits : GD)

Au bilan 2022 de l’évolution de la longueur des pistes cyclables en France, le Grand Est occupe la première place avec près de 390 km supplémentaires, devant les Hauts-de-France et l’Occitanie alors que d’autres régions, comme le Centre-Val de Loire et la Bourgogne-Franche-Comté, bouclent ce classement avec moins de 50 km supplémentaires. Les plus fortes progressions sur un an appartiennent à la Normandie et aux Hauts-de-France (+8%). À fin 2023, le territoire métropolitain compte 55 000 km, soit 38% en six ans. Il en vise 70 000 d’ici à 2030.

La pratique du vélo n’occupe que 3% des trajets des Français, évidemment loin des habitudes des Néerlandais (36% de pratiquants réguliers). Elle diffère beaucoup d’une région à l’autre. Le Grand Est, s’inscrivant dans la moyenne nationale, suppose également des contrastes en matière d’utilisation régulière du vélo, par exemple en milieu urbain : 11% pour Strasbourg contre 2% pour Reims.

En considérant le kilométrage des pistes cyclables pour mille habitants, le Grand Est (1,3 km) est sur le podium, derrière la Bretagne et la Bourgogne-Franche-Comté, mais seulement à la sixième place pour l’augmentation des places de stationnement pour les vélos, stationnement qui s’avère être une des clés de la politique d’intermodalité, notamment dans la complémentarité gares-vélos. La Région travaille sur ce sujet et compte désormais 52 gares, grandes et petites, équipées de stations de vélos électriques.

Un plan vélo à 125 M€ pour faire encore mieux

C’est dans ce cadre plutôt favorable à la région que s’installe le Plan Vélo Grand Est 2022-2028, dans l’objectif de promouvoir l’usage du vélo grâce à la combinaison train+vélo, de développer le cyclotourisme et le sport-santé et d’aider la filière cycle, et également augmenter les capacités d’emport des vélos dans les trains, équiper les lycées de stationnement dédié, aider la réalisation de véloroutes et voies vertes ou encore implanter des systèmes de location de vélos dans les gares du dispositif Fluo.

À cette occasion, la Région a voté un budget de 125 M€ d’ici à fin 2028, dont notamment 58 M€ pour les infrastructures cyclables, 31 M€ pour accompagner les initiatives des collectivités, 15 M€ pour l’intermodalité, 6 M€ pour le tourisme et 6 M€ pour les lycées. Passer de 3 à 12% pour la part du vélo dans les transports, d’ici à 2028, c’est l’objectif de la Région Grand Est.

Au niveau national, avec une aide de 250 M€, les ministères concernés, dont celui de la Transition Ecologique et de la Cohésion des Territoires, observent au plus près la pratique du vélo en France à partir de la question : « À quelle fréquence utilisez-vous un vélo dans un cadre personnel ou professionnel ? ».

Les réponses du public interrogé confirment un tassement, loin de l’engouement de la période Covid, de l’utilisation du vélo. En bref, en 2023 les Français étaient 43% à ne jamais utiliser le vélo et 3% de plus en 2024. Ils étaient 32% pour une pratique occasionnelle et 2% de moins en 2024. La pratique baisse légèrement pour les utilisateurs réguliers : de 25 à 24% en un an. Dans cet ensemble, le Grand Est est dans la moyenne nationale pour les non pratiquants. Les pourcentages « occasionnels » et « réguliers » sont légèrement inférieurs à ceux du niveau métropolitain.