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129e année

Les CHR durement touchés dans le Grand Est

Région. L’hébergement-restauration a été de très loin, après trois confinements, le secteur économique le plus touché dans le Grand Est, avec une baisse d’activité de 65% depuis le dernier trimestre 2019. Le commerce et l’industrie ont beaucoup mieux résisté. L’emploi, sauf le chômage de longue durée, résiste assez bien.

L’hébergement-restauration fait partie des activités les plus affectées par les restrictions sanitaires. Ce secteur représente 65% de la baisse d’activité nette totale du Grand Est en mars.

L’emploi redémarre mais ne retrouve pas son niveau de 2019. Au premier trimestre 2021, l’emploi salarié augmente de 0,3%, avec des mesures sanitaires de restriction qui pèsent sur un emploi qui reste à un niveau faible. Depuis fin 2019, la région a perdu 18 300 postes, soit 0,9% du total des emplois. L’évolution régional est comparable à celle du niveau national. Après avoir été largement touché depuis le début 2020, l’emploi se stabilise dans l’hébergement-restauration, les services aux particuliers et l’industrie.

Le Bas-Rhin est le seul département du Grand Est à avoir retrouvé son niveau d’emploi d’avant-crise (+0,7%). L’emploi diminue dans la Meuse (-0,3%), il progresse de 0,1% à 0,5% dans les huit autres départements. L’emploi intérimaire reprend faiblement après la chute historique du premier trimestre 2020. Les créations d’emplois intérimaires ont ralenti, passant de +8,1% au quatrième trimestre 2020 à +2,4% au premier trimestre 2021. Depuis fin 2019, il manque 1 300 intérimaires.

Plus de 7 000 détruits dans l’hébergement-restauration

L’emploi dans le secteur hébergement-restauration est en légère augmentation, après avoir perdu 9,7% entre fin 2019 et mars 2021, soit l’équivalent de 7 400 emplois détruits. Après huit trimestres consécutifs de baisse (-2,5% au total), l’emploi industriel se stabilise. Dans l’ensemble du commerce, les baisses sont moins importantes (-1,5%). Les emplois dans la construction et les services aux entreprises progressent bien (+1,4% et +0,7% au premier trimestre 2021 et quatrième trimestre 2020. Les effectifs ont progressé de 3 200 postes comparativement à fin 2019. Les services aux entreprises ont gagné, dans le même intervalle, 1 700 emplois (+1,1%).

De mars à décembre 2020, 42 400 demandes d’indemnisations pour travail à temps partiel ont été déposées dans le Grand Est. Dans les trois premiers mois de 2021, le nombre mensuel moyen d’indemnisations est presque deux fois moins important qu’en 2020 (25 000). L’hébergement-restauration regroupe 42% des effectifs indemnisés au premier trimestre 2021, contre 16% durant l’année 2020. Le commerce est le deuxième contributeur d’indemnisation (15% début 2021 et 18% durant 2020). Viennent ensuite l’industrie (13%), les services (12%) et les activités spécialisées (8%). Le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle sont les départements qui ont le plus utilisé le temps partiel indemnisé.

Un chômage de longue durée toujours en augmentation

Le chômage se stabilise au premier trimestre 2021. Le taux de chômage est stable d’un trimestre à l’autre (7,7%, légèrement supérieur à celui du premier trimestre 2020). Au niveau national, ce taux est de 8,1% et a augmenté de 0,3%. Sur un an, les évolutions sont comprises entre -0,3% pour les Ardennes à +0,2% pour la Marne, la Moselle, le Bas-Rhin et le Haut-Rhin. L’Aube est le département le plus touché (10%), à l’inverse de la Haute-Marne (6,6%). On enregistre une nouvelle hausse du chômage de longue durée et la poursuite de la baisse de la catégorie A (-1% avec 289 910 demandeurs d’emploi) au cours du premier trimestre 2021.

Sur un an cette catégorie enregistre cependant une hausse de 5,4%, moindre que celle du niveau national (6,8%). La Moselle et l’Aube sont les deux départements du Grand Est qui enregistrent une croissance du nombre de chômeurs, respectivement +0,8 et +0,4%. La Marne et les Vosges sont à -0,8%. Le nombre de demandeurs de catégories A, B et C, inscrit depuis plus d’un an augmente encore (+2,6% sur le trimestre et +13% sur un an). Le nombre de demandeurs de moins d’un an diminue (-2,7 et -2,9%).

L’hébergement-restauration fait partie des activités les plus affectées par les restrictions sanitaires. Ce secteur représente 65% de la baisse d’activité nette totale du Grand Est en mars et 39% en avril. Comparativement, les services aux particuliers ont reculé de 17% en mars et de 27% en avril. Le recul du commerce est moindre (-5% à fin 2020).

La création d’entreprise toujours aussi forte

Les créations d’entreprises sont reparties à la hausse : +7,9% au premier trimestre 2021 (+ 14 800 unités). Il s’agit d’un nouveau record, loin devant la moyenne nationale (+1,8%). Deux créations sur trois concernent des micro-entreprises et une sur deux appartient au secteur des services, avec une progression de 12,6%. Le nombre de créations recule dans la construction (-12%). Globalement, les créations progressent de 17% sur un an dans le Grand Est contre +12,8% en France. Le nombre de défaillances continue d’être historiquement bas (-6,8% pour le premier trimestre 2021 comparativement à la moyenne de 2020). Cette baisse est relativement la plus forte dans les départements des Ardennes et de l’Aube.

Avec un peu plus d’un million de nuitées au premier trimestre 2021, la fréquentation hôtelière du Grand Est a été divisée par deux par rapport au premier trimestre 2020. Cette fréquentation avait déjà reculé 23% comparativement à 2019. À l’instar de la France métropolitaine, 63% des hôtels du Grand Est sont restés ouverts, avec un taux d’occupation de 31% et une baisse de fréquentation de 65% par rapport au premier trimestre 2019.

Gérard Delenclos