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130e année

Le logement social à l’heure de l’habitat passif

Bâtiment. Troyes Aube Habitat en est déjà à son troisième programme de logements passifs dans l’agglomération troyenne.

Le logement social à l'heure de l'habitat passif
Ossature bois et dalle isolante pour atteindre les performances de la construction passive.

Le logement passif est ce qui se fait de mieux aujourd’hui en matière de transition énergétique. Leur efficacité est telle qu’il est inutile de chercher le moindre système de chauffage dans le programme de 18 logements passifs que Troyes Aube Habitat fait actuellement construire à Bréviandes. Ossature bois, isolation très performante des sols, des murs et des fenêtres ainsi qu’une conception bioclimatique permettent de créer des logements qui ne consomment pratiquement plus d’énergie. Bertrand Chevalier, président du bailleur social aubois, rappelle toutefois que cet engagement dans l’habitat passif relève du laboratoire d’innovation. « Cela a un surcoût, malgré les aides financières dont nous avons pu bénéficier, mais c’est un investissement que nous réalisons sur l’avenir », souligne-t-il.

Le coût total de l’opération se monte à plus de 3,5 millions d’euros, financés presque à parts égales par des prêts et l’investissement en fonds propres de Troyes Habitat. « Nous sommes dans du logement social et les loyers sont plafonnés », rappelle Bertrand Chevalier. Pas question d’augmenter les loyers même si la performance énergétique de ces logements est très supérieure à la moyenne. Ainsi, pour ces logements passifs de type II, les loyers tourneront autour de 350 euros hors charges. Les futurs locataires auront l’heureuse surprise de voir leurs charges se limiter à la seule facture d’électricité. Sans véritable surcoût d’autant que l’eau chaude sera produite par une installation collective de panneaux solaires. « En moyenne, pour une maison passive occupée par une famille, il faut compter en tout et pour tout une cinquantaine d’euros par mois d’électricité, pour tous les usages de la maison », indique un professionnel.

Déjà trois programmes

Avec les logements de Bréviandes qui seront livrés au premier trimestre 2023, Troyes Aube Habitat en est déjà à sa troisième réalisation en matière de logements passifs. Quatre maisons passives et une résidence de 17 logements à Pont-Sainte-Marie ont déjà été mis en service avec succès. Si les locataires ont parfois été surpris par l’absence de système de chauffage, le confort de l’habitation et la modestie des charges ont rapidement fait l’unanimité. Dans un esprit d’innovation, le bailleur social va toujours plus loin à chaque opération, en testant de nouvelles techniques et en répondant aux contraintes inhérentes aux bâtiments collectifs au niveau du confort acoustique. L’Aube est en quelque sorte un territoire pilote en matière de logements passifs, tant individuels que collectifs.

Christophe Bedeau, représentant territorial de la Fédération française de la construction passive.
Christophe Bedeau, fondateur de l’entreprise Wood Construction et représentant territorial de la Fédération française de la construction passive.

« Il y a aujourd’hui un réel engouement pour la construction passive et Wood Construction a déjà certifié plus d’une cinquante de logements individuels et collectifs ces dix dernières années », fait remarquer Christophe Bedeau, fondateur de l’entreprise et représentant territorial de la Fédération française de la construction passive qui intervient dans la réalisation du programme à Bréviandes. « Nous sommes loin du cliché de la barre HLM, chacun peut se rendre compte aujourd’hui de la qualité des constructions dans l’habitat social », conclut Bertrand Chevalier, rappelant au passage que Troyes Aube Habitat livrera 227 nouveaux logements en 2022.

Laurent Locurcio