Le Grand Est en mesure de gagner le pari des énergies renouvelables à l’horizon 2030
Région. Des productions multipliées par deux pour l’éolien, par trois pour le photovoltaïque et par dix pour le biogaz. Le Grand Est, plusieurs fois région leader au niveau national, introduit désormais 34% de renouvelables dans sa consommation finale d’énergie. Une trajectoire exemplaire renforcée par la récente feuille de route énergétique.
Le Grand Est a multiplié par trois sa production d’électricité renouvelable entre 2005 et 2024 et figure au deuxième rang des régions métropolitaines, dans cette rubrique, derrière l’Auvergne-Rhône-Alpes et devant l’Occitanie, les Hauts-de-France et la Nouvelle Aquitaine. Sur les 21 TWh d’électricité produits par énergie verte en 2024, l’éolien en compte 12, l’hydraulique 7, le photovoltaïque 1 à égalité avec la biomasse et la géothermie.
La production d’énergies renouvelables, toutes destinations, est alimentée par le soleil, le vent, la chaleur de la terre, les chutes d’eau ou les marées. Dans le Grand Est, elle est quasiment stable entre 2024 et 2025 (+1%). Les sources énergétiques du renouvelable se répartissent ainsi dans le Grand Est : 30% pour le bois-énergie (stable), 18% pour l’éolien (-19%), énergie soumise comme le solaire aux aléas climatiques, 17% pour l’hydroélectricité (+18%), 11% pour les biocarburants (+6%), 9% pour l’aérothermie (+4%), 8% pour le biogaz (+17%) et 3% pour le solaire photovoltaïque (+15%).
Sur les dix dernières années, le Grand Est enregistre une production stable pour le bois-énergie et l’hydroélectricité, une baisse de près de 20% pour les biocarburants et des hausses importantes pour les autres sources : +15% pour le solaire thermique, +70% pour l’utilisation des déchets renouvelables, +80% pour l’éolien. La production de biogaz a été multipliée par dix, celle issue du solaire photovoltaïque par trois.
Des places de leaders nationaux pour le Grand Est
Dans une hiérarchie naturellement dominée par les régions ensoleillées du sud, dans l’ordre Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur, le Grand Est occupe en 2025 une cinquième place pour le nombre d’installations photovoltaïques (102 760) et une quatrième place pour la puissance installée (4 950 MW). Dans ce secteur, la région concentre 7,5% des installations en France métropolitaine et 8,4% de la puissance totale.
Deuxième région métropolitaine pour le nombre d’installation d’éoliennes (523), derrière les Hauts-de-France (650), et à la même place pour la puissance raccordée (5 202 MW) contre 6 679 MW pour les Hauts-de-France, le Grand Est, deuxième région française, pèse 20,4% des installations et 21,6% de la puissance potentielle nationale.
Le Grand Est, avec 244 installations et 96 MW de puissance, est leader pour le biogaz en France métropolitaine (22% des installations et 17% de la puissance potentielle de la France métropolitaine), devant la Normandie, la Bretagne et les Hauts-de-France. Le classement est le même pour la méthanisation, la région assurant 23% du nombre d’installations et 25% de la puissance alimentant la production d’électricité en France. Précisons que la méthanisation est un processus biologique décomposant la matière organique (résidus agricoles, déchets alimentaires ou boues d’épuration). Le biogaz, mélange de gaz, méthane et dioxyde de carbone, est produit lors de la méthanisation.
Une progression en phase avec les objectifs 2030
La production d’énergies renouvelables représente désormais 13% de la production nationale et 34% de la consommation finale dans le Grand Est, à sept points de l’objectif 2030 fixé par le Sraddet, Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Egalité des Territoires. Ce renouvelable pèse près de la moitié de la consommation d’électricité, contre 5% pour la consommation de gaz. Globalement, on estime à 78% l’état d’avancement de la production d’énergies renouvelables par rapport aux objectifs du Sraddet.
En considérant les puissances installées dans le Grand Est, 9 300 MW en 2024 (6% du total métropolitain), selon les principales sources, l’éolien compte pour 53%, l’hydroélectricité pour 25%, le photovoltaïque pour 20% et le solde en biogaz. À chaque département ses forces et ses faiblesses et globalement pour les quatre sources dominantes, 18% des puissances installées le sont dans la Marne, 17% dans les Ardennes et 14% dans l’Aube. Avec les 6% de la Haute-Marne, le territoire de la Champagne-Ardenne pèse plus de 55% des installations renouvelables du Grand Est.
La Marne au sommet régional de l’éolien
Toujours en matière de potentiel de production, la Marne pèse 29% de l’éolien régional, devant les 21% de l’Aube. Le Bas-Rhin (0,5%) et le Haut-Rhin, pas une seule installation, sont les plus mauvais adeptes de l’éolien. Le photovoltaïque compte ses plus grosses puissances en Moselle et dans le Haut-Rhin, 16% du Grand Est pour chacun des deux territoires, contre 13% pour la Marne.
En ce qui concerne le biogaz, 17% de la puissance installée vient des Vosges et 15% de la Meurthe-et-Moselle. La Marne plafonne à 8%. Enfin l’hydroélectricité prend source dans les Ardennes (35%), le Bas-Rhin (31%) et le Haut-Rhin (28%). En bref, l’éolien pour le territoire champardennais (55%), le photovoltaïque et le biogaz pour la Lorraine (44% et 55%) et l’hydroélectricité pour la Collectivité Européenne d’Alsace (58%).
La feuille de route du Grand Est pour la prochaine décennie
Adoptée le 7 juillet dernier par le Comité régional de l’énergie, la feuille de route énergétique du Grand Est fixe les principaux objectifs : produire encore davantage d’énergies décarbonées, renforcer la souveraineté énergétique de la France, accompagner la réindustrialisation, accélérer la transition écologique et enfin inclure la région dans la territorialisation de la politique énergétique nationale. La déclinaison de ces objectifs, désormais au niveau régional, va mieux prendre en compte les ressources et les ambitions propres à chaque territoire.
À l’issue de cet engagement le Président du Grand Est a souligné la portée de cette feuille de route.
« Cette proposition est le fruit de plusieurs mois de travail et de concertation avec l’Etat, les collectivités, les acteurs économiques, les filières énergétiques, le monde agricole et la société civile. Elle marque une étape importante car, pour la première fois, les objectifs nationaux de développement des énergies renouvelables sont déclinés à l’échelle régionale afin de tenir compte des réalités, des ressources et des ambitions propres à chaque territoire ». Ce sont les territoires qui font le pays et pas l’inverse. Une évidence qui devient institutionnelle ?