Le Grand Est, 3e des Régions les plus énergivores
Énergie. 3e Région la plus industrielle de France pour son volume d’emploi, plus de 300 000 salariés, le Grand Est occupe également la 3e place nationale pour la plus forte consommation énergétique industrielle. Elle est néanmoins la 2e région pour ses investissements dans l’antipollution industrielle.
Alors qu’en France, l’industrie consomme moins que les transports et le résidentiel, avec un tiers de la consommation régionale finale, l’industrie est le secteur le plus consommateur d’énergie du Grand Est. Cette situation, relevée en 2023, place la région au 3e rang national, derrière les Hauts-de-France et la Provence-Alpes-Côte d’Azur. L’Île-de-France, le Centre-Val de Loire et la Bretagne consomment quatre fois moins d’énergie que le Grand Est pour le fonctionnement de leurs industries. La consommation énergétique du Grand Est se concentre sur cinq secteurs particulièrement énergivores : la chimie, l’agroalimentaire, la métallurgie, les produits minéraux non métalliques, la fabrication du papier et du carton. Ces secteurs, 34% de l’emploi régional, pèsent 80% de la consommation d’énergie industrielle. La chimie consomme à elle seule 27% de l’énergie utilisée dans l’industrie régionale.
Les produits pétroliers ne pèsent que 3% de la consommation énergétique
L’industrie régionale est très dépendante du gaz et de l’électricité, respectivement 41% et 28% de la consommation finale, contre 29 et 28% en France. A contrario, les produits pétroliers consommés dans le Grand Est ne représentent que 3% de la consommation énergétique globale, une part pratiquement quatre fois moindre qu’au niveau national. Le gaz constitue la moitié de l’énergie consommée dans l’agroalimentaire et la métallurgie et un tiers dans les trois autres secteurs industriels les plus énergivores. Hors les cinq secteurs les plus énergivores, l’électricité représente 50% de la consommation des autres secteurs. Le charbon et ses dérivées pèsent le quart des énergies utilisées dans la chimie, le bois un sixième dans l’agroalimentaire.
La facture énergétique en baisse en 2023, après deux années de hausse
En lien avec une diminution de la consommation de 12%, la facture énergétique 2023 de l’industrie régionale (3,7 milliards d’euros) a baissé de 16%. En dix ans, la consommation d’énergie des établissements de 20 salariés et plus a diminué de 27% dans le Grand Est. Dans le même temps, la facture énergétique a augmenté de moitié. Explication : la crise sanitaire de 2020 a entraîné une baisse de l’activité industrielle et donc de la demande énergétique, la reprise économique, la guerre en Ukraine et la hausse des prix de l’énergie ont conduit à une crise énergétique, avec une multiplication par 2,4 de la facture énergétique entre 2020 et 2022. Les factures du coût de l’énergie connaissent des fluctuations contrastées. Elle diminue pour les cinq secteurs les plus énergivores, par exemple de 17% pour la chimie, la métallurgie, les produits minéraux non métalliques, le papier et le carton. Elle augmente de 41% pour les industries moins énergivores.
À l’origine, la forte baisse du prix du gaz en 2023
Le prix du gaz a baissé de 27% en 2023 et les établissements les plus consommateurs ont bénéficié de tarifs plus avantageux. Il a, au contraire, augmenté pour les entreprises moins consommatrices. L’électricité a été la seule énergie dont les prix ont augmenté durant cette période, avec une moyenne de +25%. Le prix de l’électricité a quasiment doublé pour les unités les moins consommatrices. Dans son rapport, l’INSEE s’intéresse aux dépenses antipollution des industries et notent que ce chapitre concerne 56% des établissements industriels de la région. Avec près de 450 M€, le Grand Est occupe, derrière l’Auvergne-Rhône-Alpes, la deuxième place des régions ayant investi le plus. Ces dépenses sont consacrées à la réduction de la consommation d’énergie et au développement d’énergies renouvelables, à la collecte et la gestion des déchets. C’était il y a trois ans. Autant dire que l’actualité iranienne et le blocage du Détroit d’Ormuz vont peser lourd dans la facture énergétique de l’industrie au bilan 2026.
Source : INSEE Analyses Grand Est, Avril 2026