La Marne, parmi les Départements les moins dépensiers, et cependant au bord d’une épargne nette négative
Département. Au budget primitif 2025, la Marne avec 44% au-dessous de la moyenne nationale, affiche la troisième plus petite dépense par habitant. Conservant encore une épargne nette positive mais très faible, le Département pourrait bien passer dans le rouge au bilan 2026 et rejoindre la liste désormais majoritaire des Départements en très grande difficulté financière.
En 2025, l’ensemble des départements français, hors Outre-Mer, a engagé une moyenne de 2 236 euros de dépenses par habitant, soit une baisse de 0,2% sur un an. Si les Ardennes et l’Aube ont dépensé plus, la Marne (983 euros) se positionne largement en-dessous du niveau national. C’est, derrière la Loire-Atlantique et la Moselle, le 3e département le moins dépensier de l’Hexagone. Les dépenses totales par habitant de la Marne pèsent moins de 70% de celles en moyenne des Ardennes et de l’Aube.
La part de l’investissement ne représentant que 11% du total des dépenses, la Marne fait moins bien que la moyenne nationale (17%). Une dizaine de départements, dont les Ardennes, figure également dans la strate inférieure. En 2025, tous les départements métropolitains ont consacré une partie de leurs dépenses totales à l’investissement, de 9% pour l’Aisne, le Nord et le Pas-de-Calais à 28% pour la Corrèze et les Pyrénées-Orientales, en passant par les 10% des Ardennes et les 18% de l’Aube. La Marne figure au rang des dix départements ayant la plus faible part d’investissement dans ses dépenses.
67% des départements français accusent une baisse relative de leur investissement sur un an. C’est le cas des départements du territoire champardennais : -8% pour les Ardennes et entre -15 et -16% pour la Marne, l’Aube et la Haute-Marne.
Une épargne nette en baisse et une dette en hausse
La capacité d’investissement des départements repose sur deux leviers : l’épargne et l’emprunt. Le premier demeure le principal signe de la santé financière de la collectivité. Au fil des budgets primitifs l’épargne nette, résultant du solde entre l’épargne brute et le remboursement de la dette, est devenue négative pour la quasi-moitié des départements français, soit 45 d’entre eux, autant dire une entrée annoncée dans la zone rouge de la santé financière. Avec une très faible épargne nette encore positive, la Marne (+3,7 M€) et l’Aube (+2 M€) sont en limite de cette zone, désormais occupée par les Ardennes (-9,4 M€) ou encore l’Aisne (-12,4 M€). Certes loin des situations de la Côte-d’Or (-131 M€) ou du Cantal (-326 M€), à l’extrémité du spectre.
La Marne figure au rang des 13 départements français disposant d’une épargne nette positive inférieure à 5 M€ et donc susceptible d’entrer dans la zone des épargnes nettes négatives. Deux départements du Grand Est sont également dans cette situation : l’Aube (+2 M€) et les Vosges (+0,7 M€).
Un niveau d’emprunt relativement raisonnable
L’emprunt est depuis toujours le moyen fort de l’investissement. Il s’élève à 8 358 M€ en 2025 pour l’ensemble des départements métropolitains, avec une moyenne de 132 € par habitant. Les Ardennes sont dans cette moyenne, largement au-dessous figurent l’Aisne (65 €), la Marne (75 €) et l’Aube (92 €). À l’exception des Ardennes, ces trois derniers départements ont réduit en 2025 leurs besoins en emprunt, rejoignant ainsi la tendance nationale.
Au 31/12/2024, les niveaux des dettes départementales sont les suivants : 524 M€ pour l’Aisne, 142 M€ pour les Ardennes, 62 M€ pour l’Aube, 185 M€ pour la Marne et 38 M€ pour la Haute-Marne. Les territoires champardennais sont largement sous les 509 M€ de la moyenne nationale. Le taux d’endettement (dette / recettes de fonctionnement) est aux alentours de 36 à 38% pour les Ardennes et la Marne et entre 16 et 17% pour l’Aube et la Haute-Marne, loin derrière celui du niveau national à plus de 47%. En un an, la dette a augmenté de 18% pour la Marne et de 76% pour l’Aube. Si les départements consacraient la totalité de leur épargne brute pour rembourser leur dette, cette dernière mettrait 10,4 ans à s’éteindre au niveau national, 5,3 ans pour l’Aube, 8 ans pour la Marne, près de 11 ans pour les Ardennes et près de 29 ans pour l’Aisne.
Source : Rapport de la Direction Générale des Collectivités Locales