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L’INSEE analyse 2025 : « Une économie en berne dans le Grand Est, malgré un tourisme dynamique »

Conjoncture. Emploi salarié en recul dans le privé, taux de chômage en hausse, décélération de la hausse des créations d’entreprises, mises en chantier en repli dans la construction et moins d’immatriculations de véhicules neufs, l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques (INSEE) dresse, hors tourisme, un bilan économique régional 2025 assez sombre.

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Certains sous-secteurs d’activité demeurent dynamiques en 2025 : les services aux entreprises dans les Ardenne (+6,8%), l’hébergement-restauration dans la Marne, la Haute-Marne, la Moselle, les Vosges ou le Haut-Rhin (entre +2,2 et +3,7%). (Crédits : Shutterstock)

Le volume d’heures rémunérées a plus baissé dans le Grand Est (-0,7%) qu’en moyenne nationale (-0,4%). Cette diminution concerne toute l’économie, marchande et non marchande. C’est le cas pour la construction, avec des baisses dans tous les départements allant de -0,5% dans la Marne à -3,1% dans le Haut-Rhin. C’est également le cas pour l’industrie, avec des écarts de -0,6% pour la Meuse à -3,5% en Meurthe-et-Moselle. Les situations dans le tertiaire marchand sont plus contrastées d’un département à l’autre. Ainsi, le volume d’heures rémunérées augmente de 0,7% dans les Ardennes et diminue plus fortement, de 0,8 à 1%, dans les Vosges, la Moselle et la Meuse.

Pour autant, certains sous-secteurs d’activité demeurent dynamiques en 2025 : les services aux entreprises dans les Ardennes (+6,8%), l’hébergement-restauration dans la Marne, la Haute-Marne, la Moselle, les Vosges ou le Haut-Rhin (entre +2,2 et +3,7%). Deux autres sous-secteurs sont en progression remarquable : le transport et l’entreposage dans le Bas-Rhin et la fabrication de matériel de transport dans la Meuse.

Nouveau recul de l’emploi salarié

Comme en 2024, l’emploi salarié recule de 0,4%, soit une perte annuelle de 8 000 emplois, sur un total avoisinant les 2 millions de salariés dans le Grand Est. Cette baisse est deux fois supérieure à celle du niveau national. Le secteur privé perd des emplois (-0,6%), le secteur public en gagne (+0,2%). L’industrie est le secteur le plus touché (-1,6%) avec une perte de 5 000 emplois. Le recul dans la construction est de 1% en 2025, contre 2% en 2024. À l’échelon national, le recul des salariés de ce secteur est de 1,2%.

On observe un certain dynamisme de l’emploi rémunéré dans l’hébergement-restauration et l’information-communication, alors que le nombre de salariés baisse dans le commerce. Le nombre d’emplois intérimaires, 57 000 en 2025, baisse de 1%, après -8% en 2024. L’emploi salarié recule dans la quasi-totalité des départements et plus particulièrement dans les Ardennes, la Haute-Marne, les Vosges et la Moselle.

7,5% à fin 2025, un taux de chômage en hausse

Il augmente sur un an de 0,5%, le taux de chômage dans le Grand Est demeure inférieur à celui de la France (7,9%). En dix ans, il a cependant diminué de près de trois points. Il varie en région de 6,7% dans le Bas-Rhin à 10,1% dans les Ardennes. La proportion des demandeurs d’emploi de longue durée, au-delà d’un an d’inscription, est pratiquement de 50%. Elle augmente de 0,7% dans le Grand Est et de 1,3% en France. L’apprentissage, après avoir plus que doublé en sept ans, recule de 3,5%, avec une baisse moindre que celle du niveau national.

Une hausse ralentie des créations d’entreprises

Les 68 000 nouvelles entreprises créées en 2025 dans le Grand Est (6% du total national) marquent un nouveau record historique. Cependant, la croissance constatée (+1,7%) est quatre fois moins forte régionalement sur un an et très inférieure à la moyenne nationale (+4,9%). Par secteur, on constate une hausse dans les services aux entreprises, une baisse dans la construction et une stabilité dans l’industrie.

Sur l’ensemble des départements du Grand Est, deux d’entre eux accusent des baisses de créations : la Marne (-3,4%) et le Bas-Rhin (-6,2%). Ces deux départements affichent cependant des progressions sur les cinq dernières années, respectivement +7,4 et +5,5%. Près de 7 500 nouvelles entreprises ont été immatriculées dans la Marne en 2025. Les micro-entreprises pèsent 67% de l’ensemble, les sociétés 21% et les entreprises individuelles classiques 12%.

D’une année sur l’autre, les défaillances d’entreprises régionales restent stables, après une hausse de 8,5% en 2024. Dans le même intervalle, elles progressent de 3,5% en France. Le Grand Est est la troisième région la plus résiliente face aux difficultés du tissu productif. Le nombre d’entreprises régionales en difficulté a fortement augmenté dans l’agriculture (+25%). L’augmentation est également sensible dans l’hébergement-restauration (+8%) et le soutien aux entreprises (+6%). Les redressements et liquidations sont en baisse dans le transport, l’immobilier, la finance et l’assurance.

Recul des mises en chantier dans la construction

En 2025, le nombre de logements dans le Grand Est s’établit à 18 000. Il est en recul de 1,5% dans la région alors qu’il progresse de 5% au niveau national. La baisse régionale concerne surtout les logements individuels groupés (-10%). La construction de logements individuels purs augmente de 5%. Géographiquement, la hausse des mises en chantier concerne les départements alsaciens et le milieu rural. Les mises en chantier, un millier de logements, reculent de 23% sur un an dans la Marne. Les autorisations de programmes, plus nombreuses, progressent de 9% et regroupent plus de 24 000 logements.

Les surfaces de locaux non résidentiels mis en chantier diminuent de 9% en région alors qu’elles progressent de 5% au niveau national. Ces surfaces se réduisent notamment dans la Marne (-29%), le Bas-Rhin (-39%), l’Aube (-72%), les Ardennes (-16%) et la Meuse (-47%). Dans ce secteur, les autorisations avancent de 8%, un gain supérieur au niveau national de sept points. Les autorisations régionales sont particulièrement dynamiques pour le commerce et l’industrie (+39%) ainsi que pour les entrepôts (+15%).

Auto : un repli généralisé des immatriculations dans le Grand Est

Les 164 000 véhicules neufs immatriculés dans le Grand Est en 2025 équivalent à une baisse annuelle de plus de 10%, contre 7% en France. Le nombre de voitures particulières neuves recule de 7,4%, celui des véhicules utilitaires de 6,4%. Tous les segments du marché sont en baisse dans la région. C’est le cas des véhicules industriels à moteur (-14%), des bus et autocars (-11%) ou des deux et trois roues et quadricycles à moteur (-28%).

La part des véhicules électriques dans les immatriculations de voitures particulières atteint près de 21% et progresse de 1,6 point en un an. Cette part n’atteint que 3,2% pour les véhicules industriels à moteur. L’ensemble bus et autocars fait mieux avec une part électrique de 14,6%, supérieure à celle de la moyenne nationale (11,4%).

Source : Insee, Synthèse économique régionale 2025, avril 2026