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129e année

L’épidémie de Covid-19 amplifie la baisse du nombre d’habitants

Démographie. La démographie du Grand Est enregistre, au 1er janvier 2021, un déséquilibre historique avec un nombre de décès supérieur à celui des naissances. À ce solde naturel nouvellement négatif s’ajoute un solde migratoire toujours négatif. La région perd ainsi plus de 21 000 habitants dans les deux dernières années.

L’épidémie de Covid-19 amplifie la baisse du nombre d’habitants. iStock

Au 1er janvier 2021, le Grand Est compte 5 522 476 habitants contre 5 543 407 à la même date de 2019, soit une baisse de près de 21 000 habitants en deux ans (- 0,4%). Si le déclin de la population régionale existe depuis 2015, il a atteint son maximum à la fin de l’année dernière. Une des explications réside dans un phénomène inédit : un nombre de décès (60 700) en hausse de 14% qui dépasse le nombre de naissances (53 200) en baisse de 3% sur l’année 2020. Du jamais vu sur les cinquante dernières années. Entre 2019 et 2021, si la population de la France métropolitaine a grossi de 0,4%, le Grand Est compte parmi les cinq des treize régions métropolitaines en baisse démographique, aux côtés de la Bourgogne-Franche-Comté (-0,6%), de la Normandie (-0,5%), des Hauts-de-France et du Centre-Val de Loire (-3%).

La Corse (+2%), l’Occitanie (+1,1%), les Pays de la Loire (+1%), ou encore Auvergne-Rhône-Alpes et Bretagne (+0,7%) sont les régions qui progressent le mieux. Entre 2019 et 2021, sur les dix départements de la région, seul le Bas-Rhin, avec 9 000 habitants supplémentaires, affiche une population en progression (+0,8%). Avec neuf habitants de plus, l’Aube connaît une quasi-stagnation (+0,0%). À l’inverse les plus gros reculs relatifs viennent de la Meuse (-2,4%), de la Haute-Marne (-2,3%). Les Ardennes perdent 4 500 habitants en deux ans (-1,7%) et la Marne 3 900 habitants (-0,7%).

Un solde naturel historiquement déficitaire

Le solde naturel, différence entre les naissances et les décès, de moins en moins excédentaire ces dernières années, devient déficitaire au 1er janvier 2021, pour la première fois dans le Grand Est, depuis cinquante ans et contribue à une baisse de 0,1% de la population. Autre composante de l’évolution démographique, le solde migratoire, différence entre les entrées et les sorties, se redresse quelque peu (-0,1% en 2020 contre -0,2% en 2019). Toutes causes confondues, le Grand Est enregistre 60 700 décès en 2020, c’est 7 400 de plus qu’en 2019, soit une hausse de 14%, supérieure au niveau national (+9%).

Le Grand Est fait ainsi partie des régions les plus touchée par cette surmortalité, avec l’Ile-de-France (+20%) et Auvergne-Rhône-Alpes (+15%). La première vague épidémique, en mars-avril, a été particulièrement meurtrière dans la région, avec une augmentation de 49 % des décès par rapport à 2019, soit deux fois plus qu’à l’échelle nationale. La deuxième vague n’a en revanche pas été plus forte dans le Grand Est, la surmortalité y atteignant un niveau similaire à celui de l’ensemble de la France (+ 19 %).

La baisse des naissances se poursuit et augmente

Le nombre de naissances a tendance à baisser dans le Grand Est depuis plusieurs années. Depuis 2010, les naissances régressent en moyenne de 2% chaque année, une tendance un peu plus marquée que dans le reste de la France. La baisse des naissances a été particulièrement forte neuf mois après le premier confinement (-6% entre les mois de décembre 2019 et décembre 2020 et -18% entre janvier 2019 et janvier 2020, contre -13% à l’échelon national).

Dans la région, entre 2019 et 2020, la baisse des naissances touche surtout la Moselle (-5%), les Ardennes, la Marne et les Vosges (-4%). Si la baisse des naissances peut s’expliquer par deux facteurs, la diminution du nombre de femmes en âge de procréer et leur moindre fécondité, l’INSEE privilégie le second facteur. La baisse de la fécondité a fait reculer de 1 200 le nombre de naissances en 2020. Le Grand Est est la région la moins féconde (1,33 enfant par femme), derrière la Corse. Entre 2018 et 2020, seuls deux départements voient leur solde naturel progresser : la Marne (+0,1%) et le Bas- Rhin (+0,2%).

Un solde migratoire parmi les plus faibles

Entre 2018 et 2020, la population régionale a baissé de 0,2%, un résultat qui combine un solde naturel aux alentours de 0,0% et un solde migratoire de -0,2%. Sur cet intervalle de trois ans, le Grand Est occupe la 5e place des régions pour leur solde naturel, derrière l’Ile-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes, Pays de la Loire, et Provence-Alpes-Côte-d’Azur, mais seulement la 10e place pour son solde migratoire, l’un des plus mauvais de la Métropole, avec l’Ile-de-France, les Hauts-de-France et la Normandie.

Dans cette période, deux départements accusent des soldes migratoires positifs : l’Aube (+0,1%) et le Bas-Rhin (+0,2%), ce dernier étant le seul à enregistrer les deux soldes positifs. Parmi les départements comptant une grande différence entre les sorties et les entrées figurent la Meuse (-0,8%), les Ardennes et la Haute-Marne (-0,6%), mais également la Marne (-0,4%).

Gérard Delenclos